Wenn ich, liebe Lili, dich nicht liebte
Welche V^onne gâb* mir dieser Blick l Und doch» wenn ich Lili, dich nicht liebte, Wàr, was wârmein Gluck?
1» Lili, j'ai pu te fuir! Et il me faut encore, avec ton » lien, courir les pays étrangers, les forêts, les vallées ^ lointaines! Ah! le cœur de Lili ne pouvait si tôt se dé-
> tacher de mon cœur!
> Ainsi un oiseau qui rompt le lacet et retourne au
> bois traîne après lui un bout de fil, signe honteux de y> sa captivité ; il n'est plus Toiseau d'autrefois, Toiseau )) né libre; il a connu un maître ^ »
Il revient donc traîner sa chaîne. Le 3 août, il écrit à la comtesse de Stolberg : « C'est en vain que j'ai voyagé en plein air pendant trois mois et aspiré par tous mes sens mille nouveaux objets. Mon ange, me voici de nouveau assis à Offenbach, absorbé comme un enfant par un seul intérêt, aussi limité qu'un perroquet sur son perchoir. > Ce n'est pas le perroquet qu'il choisit commereprésentant poétique de sa situation, mais un animal plus grognon et plus maussade — l'ours. Ce rapproche-
1. Angedenken du verklungner Freude, Das ich immer noch am Ualse tra^e.
Hâltst du langer als das Seelenband uns beide ? Verlângerst du der Liebe kurze Tage ?
Flieh* ich, Lili, vordir! Muss noch an deinem Bande
Durch fremde Lande,
Durch ferne Thâler und Wâlder wallen !
Âch, Lili's Herz konnte so bald nicht
Yon meinem Herzen fallen.
Wie ein Vogel, der den Faden bricht •Und zum Walde kehrt, Er schleppt des Gefangnisses Schmach Moch ein Stiickchen des Fadens nach ; Er ist der alte, freigeborne Vogel nicht, Er bat schon jemand angehôrt.
GCETHE, I, p. 77.
Duntzer et Lœper supposent que cette poésie n'a été écrite que quelques mois plus tard, après rentière rupture.
ment était depuis plusieurs mois familier à son esprit. Dans deux lettres succcessives à Jeanne Fahlmer, datées de mai 1775, il parle de Tours qui a brisé sa chaîne, de l'ours que menace, à son retour, un sort plus triste encore *.
La foire d'automne avait rassemblé autour de Lili un grand nombre de jeunes et de vieux adorkteurs. La familiarité de leurs entretiens, la liberté de leurs manières jetèrent le trouble dans le cœur* du jeune amoureux. Il déversa dans la Ménagerie de Lili ^ toute sa mauvaise humeur, ses ennuis inquiets, sa vive jalousie. La Ménagerie est la seule des pièces où il est question de Lili qui soit écrite dans le style de la période de révolution. Tandis que dans les lieder coule la langue la plus douce et la plus mesurée, nous voyons abonder ici les termes familiers, les alliances de mots hardies, les onomatopées, les assonances, les allitérations. Gœthe^joue avec la rime, il la manie avec une étonnante virtuosité ; il proclame la liberté la plus complète de la mesure, qui se plie aux mouvements saccadés de Tours et à la succession tumultueuse de ses caprices. Il semble, à certains endroits, qu'il fasse passer dans la langue le bruissement des ailes, le hurlement des bêtes féroces, le gloussement des poules ; puis, ce sont des douceurs, des caresses soudaines pour relever par le contraste la grâce et l'attrait de Lili : il la fait parler en français comme si c'était la langue naturelle de la coquetterie séduisante.
Chaque situation est marquée par des traits expressifs, et l'allusion est toujours présente : c'est d'abord, dans la peinture des animaux de la ménagerie qui s'arra-