‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 85 sur 224 · IGsept · texte numérisé non relu

IGsept

<( Tu te promènes maintenant, silencieuse et sereine, » à travers les campagnes et l'aimable vallée, hélas ! et î mon image, si vite disparue, ne s'offre-t-elle pas une » fois à ta pensée?

» L'image de l'homme qui court le monde, plein de :» tristesse et d'ennui ; qui s'égare au levant et au cou- 1^ chant, parce qu'il doit te quitter.

> Aussitôt que je pense à toi, il me semble voir dans > la lune; sur moi descend une paix secrète, et je ne sais » ce que j'éprouve*. »

L'expression mon image, si vite disparue^ est bien plus justifiée par les allures coquettes de Liii et par son prompt oubli * que par rattachement profond de Frédérique, que le départ de Goethe rendit malade. Mais le passage décisif, selon nous, c'est la troisième strophe^ : vague et banale, si on la rapporte à Frédérique, elle a une précision, une vérité singulière, si on la rattache à Lili. On songe aussitôt à ce voyage de Heidelberg dont le journal nous a été conservé^, au trouble, à l'excitation

1 • Dn wandelst jetzt wohl still und mild

Durch Feld und liebes Thaï, Und ach ! mein schneU verrauschend Bild SteUt sich dir's nicht einmal ?

Des Mcnschen, der die Welt durchstreift VoU Unmuth und Verdruss, Mach Osten und nach Westen schweift; V^TeU er dich lassen muss.

Mir ist es, denk' ich nur an dich, AU in den Mond zu sehn ; Ein stilier Friede kommt auf mich, Weiss nicht wie mir geschehn.

2. Il est vrai que cet oubli ne fut que momentané; dans ses dernières années, Lili parlait encore de Gœthe comme de son inoubliable ami. (Voir Die Gremboten, XXVill, II, p. 209.)

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