‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 86 sur 224 · SCHOELL, Lettres et fragments de Gœthe, p · texte numérisé non relu

SCHOELL, Lettres et fragments de Gœthe, p

fébrile du poète, puis à ce prompt départ pour Weimar qui clôt le récit des Mémoires.

La poésie, d'ailleurs, est digne de couronner le cycle des chants à Lili : c'est la même mesure, la même harmonie dans l'expression du regret comme dans celle de la passion. On croirait entendre une mélodie de Mozart qui, au même moment, enchantait les cœurs par sa divine musique. Singulière coïncidence! admirable parenté des génies! On a pu aller plus loin dans la poésie comme dans la musique, ébranler les nerfs, remuer le cœur avec plus de violence, exciter les passions les plus tumultueuses; on a pu descendre plus avant dans les régions de l'âme, (i^usser le ton de l'enthousiasme jusqu'au délire, pousser le cri du désespoir ou du triomphe : nous n'avons qu'à nommer Beethoven, Schumann, Byron, Heine, Musset; mais ces notes pures et enchanteresses, ces mélodies du cœur, cette noble simplicité dans Je tour et dans l'expression, ce voile de beauté qui enveloppe tous les sentiments et les transporte en une sphère idéale, cette mesure divine qui tempère l'expression de la douleur et qui attendrit le bonheur même, où les trouver ailleurs que dans les andantes de Mozart et dans les lieder de Gœthe?

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