Himmelhoch jauchzend
Zum Tode betriibt, Gliicklich aUein
Ist die Seele, die liebt.
Goethe, IX, p. 190.
MADAME DE STEIN. Ul
de Claire. Il aspire à vivre, à aimer, même à souffrir, il se voue à € la jouissance la plus douleureuse »S ^^ PDur nous montrer que c'est lui-même qui parle par la bouche de son héros, Goethe emploie les mêmes termes dans ces beaux regrets à sa jeunesse qu'il exhale dans le prologue de ce poème ; il redemande, lui aussi, le « profond et douloureux bonheur »^.
C'est dans un sentiment analogue qu'il célèbre (c'est le titre même du lied) les Délices de la mélancolie :
K Ne tarissez pas, ne tarissez pas, larmes de l'amour » éternel! Ah! comme à l'œil à demi essuyé le monde p semble mort et désert! Ne tarissez pas, ne tarissez pas, » larmes de l'amour malheureux^! >
Nous trouvons ici dans le présent même, et sous le coup de la douleur, cette belle pensée que Musset n'osera exprimer que plus tard, après la guérison, dans les strophes du Souvenir :
Eh bien ! ce fut sans doute une horrible misère Que ce riant adieu d'un être inanimé ; Ëh bien ! qu'importe encore ? ô Nature ! ô ma mère ! En ai-je moins aimé?
Le 14 avril 1776, Gœthe envoie à madame de Stein une poésie qu'il n'a pas recueillie dans ses œuvres, parce
1. Dem Taumel weih' ich mich, dcm schmerziichsten Genuss. 2« Das tiefe schmerzenvoUe Gliick.
Goethe, XI, p. 10.