Id,, II, p
3. Lettres de Gœthe à madame de Stein, II, p. 51, 67, 80, 89, 90.
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avec des images qu'on va rarement goûter à leur source ; mais nous voulons insister sur l'expression soudaine et passionnée de ce sentiment, après cinq années d'un commerce intime et journalier. Nous avouons que, dans une première et rapide lecture, préoccupé des interprétations platoniques que nous acceptions de confiance, nous nous arrêtions à chaque page, en nous demandant : Eh quoi ! est-ce là Je langage de l'amitié, si vive et si enthousiaste qu'on la conçoive? ou bien, si c'est l'amour, comme au début de leur liaison, l'amour combattu et refoulé, d'où naissent ces transports d'allégresse, cette plénitude de bonheur, celle ivresse du cœur, qui s'épanche en longs hymnes de reconnaissance? pourquoi ne surprenonsnous plus ces plaintes, ces lutlei, ces révoltes si fréquentes naguère? par quel charme a-t-elle pu à la fois apaiser ses désirs et exalter sa passion? Toutes ces questions se pressaient en notre esprit, et pourtant nous hésirions encore à adopter la seule solution qui rendit compte de tous ces mystères apparents. L'étude des poésies mises à leur date et dans leur jour a dissipé nos derniers doutes. <"
V En effet, le 20 septembre 1781, Goethe envoie à madame de Stein la poésie intitulée : Pensées de nuity et il ajoute : « La pièce ci-jointe est à loi. Si lu veux, je la donnerai au Journal de Tiefurt et je dirai que c'est une imitation d'une poésie grecque. » Le 1""^ octobre de la même année, il lui écrit : « J'ai fait pour toi une poésie que tu recevras par le canal du Journal de Tiefurt^. > Or, dans le numéro de ce journal auquel il fait allusion paraissait, à côté de la Cigale traduite d'Anacréon, la