Lettres à Madame de Stein, II, page
% « Œuvre languissante au point de vue du théâtre, Torquato Tasso offre au penseur et au poète les plus délicates analyses revêtues de tous les prestiges du style. »
Saint-René Taillandier, Correspondance entre Gœthe et SchilleTy I, page 66.
« Ce poème qu'il chérit tant, parce qu'il y pourra parler de madame de Stein, de son amour pour elle soûs mille formes, sans que personne Tenlende qu'elle seule*», offrait, dans la première partie, des occasions bien rares d'y introduire l'expression de ses sentiments. Aussi, dans sa hâte de les dépeindre avec plus de franchise, Gœthe abandonnait le cours suivi de sa narration pour répandre son amour dans des stances isolées et pour les envoyer à Charlotte.
Le 24 aoOt 1784, il lui adressa la stance suivante, qui n'est que l'expression poétique d'une pensée qu'il reproduit souvent dans ses lettres :
e: Certes, je serais déjà allé bien loin, aussi loin que le » monde se déroule sous nos pas, si je n'étais retenu par le T> pouvoir magique des étoiles qui ont enchaîné ma desli- > née à la tienne. C'est en toi que j'apprends seulement à
me connaître; ma poésie, mes actes, mes espérances et » mes désirs tendent vers toi seule et vers ton être; ma » vie est suspendue à ta vie *. »
Une autre stance, également adressée à Charlotte, a trouvé place dans le recueil des poésies de Gœthe : c'est peut-être le plus beau témoignage de son amour, la marque la plus éclatante de sa reconnaissance et de son adoration.