HABITATION
L'habitation bambara est de forme carrée — ou du moins rectangulaire. Elle ne présente à l'extérieur qu'une seule ouverture servant aux personnes et aux animaux domestiques. La matière employée pour construire les murs est le pisé ou terre battue, ou encore la brique en terre cuite au soleil. Plusieurs cases réunies, se touchant ou entourées d'un mur, avec pour elles toutes une seule porte extérieure, forment l'habitation d'une famille. Sur la cour se trouvant au milieu s'ouvrent les portes des cases, habitées par les différenies personnes composant la famille ; les poules, les canards, les chiens, les moutons, parfois même les vaches et les chevaux pénètrent aussi dans les cases, pêle-mêle avec les habitants. Tout cet ensemble dégage une odeur forte, manquant de charme : ces habitations sont parfaitement malpropres. Les femmes vaquent dans la cour à leurs occupations domestiques, pilent le mil, lavent, font la cuisine, etc.
Chaque case est habituellement divisée en deux compartiments. Le premier sert de salle d'entrée ; il est commun, comme nous le disions tout à l'heure, aux enfants, aux captifs et aux animaux domestiques; c'est le Béfa. Le second, ou Sognékono, est la pièce réservée au maître de la maison. Il y a son lit, souvent entouré d'une moustiquaire, garni de couvertures. Il admet parfois à l'honneur de partager cette pièce sa femme favorite. Celle-ci couche alors sur des nattes ou sur un lit plus bas, à côté du lit de son seigneur. Cette pièce est éclairée par une lucarne ou par un trou dans la toiture, fermé, quand on le désire, par des volets en bois.
La toiture de ces cases est formée d'un latis de bois soutenu par des poutres enfoncées aux deux extrémités sur les murailles, et souvent, dans le milieu, par des fourches en bois. Une couche de terre battue assez épaisse recouvre ces lattes. Cette terre et l'intérieur des murailles sont enduits avec un mélange
d'argile et de bouse de vache. Cet enduit a pour but tout à la fois de rendre les murs imperméables à l'eau et d'en écarter les fourmis termites dont les ravages dans toute cette région sont incessants.
Les quelques meubles assez grossiers — tables, chaises, tabourets — contenus dans l'intérieur de ces maisons sont en bois ou en terre cuite. Les effets sont enfermés dans des calebasses et dans des coffres munis de serrures en bois, souvent très compliquées ; les gens très civilisés achètent des cadenas aux Européens; dans toutes les maisons se trouvent de grandes jarres en terre cuite au feu pour contenir l'eau nécessaire aux besoins du ménage. Les enfants, les captifs, les femmes couchent généralement sur des peaux de moutons ou d'animaux sauvages.
Tout cet ensemble est odorant et malpropre.