RELIGIONS
Au point de vue religieux, les Bambaras sont peut-être la race la plus réfractaire au prosélytisme musulman. Ceux qui
se vantent d'avoir adopté l'islamisme suivent peu les préceptes du Coran — ils boivent par exemple les liqueurs fermentées — et négligent ses pratiques religieuses qu'ils mélangent avec leurs anciens usages fétichistes. Il faut noter d'ailleurs que beaucoup des Bambaras convertis à l'islamisme furent contraints par la force à prendre cette croyance. Tel est le cas des cantons du Dérari, du Fémay, du Nyansanari, auxquels Chékou-Amadou imposa les pratiques musulmanes lors de l'invasion des Foulbés, dans le cercle de Djenné. L'un des motifs pour lesquels les Bambaras acceptent avec tant de facilité notre domination tient à la liberté que nous leur laissons de pratiquer la religion de leur choix. La religion catholique, malgré les efforts des Pères Blancs installés à Ségou, à Kati, à Kita, ailleurs encore, fait peu de progrès. La morale pure du Christ ne dit rien à l'imagination de ces races grossières et sensuelles.
Il subsiste donc un grand nombre de villages Bambaras pour lesquels la seule religion est encore le fétichisme, et qui en suivent les rites exactement de la même manière que, de tout temps, leurs ancêtres les observèrent. Nous allons jeter un coup d'œil rapide sur ces croyances (1).