‹ Etude sur les principes de l'alimentation des tuberculeuxChapitre 10 sur 16 · LE FACTEUR ALIMENTAIRE DANS LA GENESE DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

LE FACTEUR ALIMENTAIRE DANS LA GENESE DE LA TUBERCULOSE

Après avoir envisagé les échanges nutritifs des tuberculeux, nous allons maintenant étudier le rôle de certaines conditions alimentaires dans le développement de la tuberculose. Cette série de données peut en effet fournir quelques renseignements sur limportance de la diététique dans la cure de la tuberculose.

Nous allons nous en tenir ici aux données statistiques, les seules qui résultent d'observations poursuivies sur une grande échelle. Ces données se rapportent en partie directement au mode de l’alimentation et en partie indirectement en considérant les conditions matérielles de la vie des individus. Il est évident que, parmi ces conditions, l’alimentation, bien qu’occupant une place de premier plan, n’est pas tout. Nous allons néanmoins reproduire ces données de second plan car elles montrent indirectement le rôle de l’alimentation dans la genèse de la tuberculose. Voici, par exemple, une statistique anglaise, reproduite par Rosenfeld, sur la mortalité tuberculose en rapport avec les salaires des individus.

Mortalité Indice de salaires par tuberculose

Ces chiffres montrent dans l’ensemble que la mortalité par tuberculose décroît à mesure que les salaires s'élèvent.

Voici une semblable statistique recueillie en Alle-

magne :

Mortalité Revenus par tuberculose sur 10.000 habitants Moins de 900 marks 16,3 900 à 3.000 marks 9,2 3.000 à 6.500 marks 4,5 Plus de 6.500 marks 3,9

Rosenfeld reconnaît que, dans l'interprétation de ces chiffres, il y a lieu de tenir compte des conditions de logement qui sont peut-être aussi importantes que les facteurs alimentaires.

Quant aux données se rapportant directement à

l'alimentation, elles sont plus complexes. Il est difficile de faire des statistiques sur la quantité d’aliments consommés par catégories d'individus dans un pays. On peut par contre faire des comparaisons entre les divers pays. On a pu constater ainsi que dans les pays à forte consommation de viande, comme la Grande- Bretagne, la mortalité tuberculeuse est en diminution constante, alors que les pays où l’on mange peu de viande, comme par exemple l'Italie, la mortalité est restée inchangée depuis cinquante ans.

D’autres statistiques, basées sur les professions des individus morts de tuberculose, montrent cependant que l’alimentation n’est pas tout. Ainsi, en Suisse, on a noté pour les professions favorisées pour l’alimentation les chiffres suivants :

Indice de mortalité générale...... 100 Indice chez les boulangers........ 110 Indice chez les bouchers.......... 141

Ceci montre que, malgré leur profession les mettant à l’abri d’une alimentation insuffisante, les boulangers et les bouchers sont plus souvent frappés par la tuberculose que la moyenne des individus.

Des observations faites sur des populations soumises à une sous-alimentation forcée (guerre, famines, etc.) montrent une éclosion abondante de tuberculoses de toutes catégories. Les observateurs sont d’accord pour considérer que les conditions alimentaires jouent le premier rôle dans le déterminisme de ces tuberculoses. On a cependant remarqué que les cas de tuberculose se multiplient surtout au moment où la

SE ADDPE

famine est terminée. On s’est donc demandé (Rosenfeld) si ce n’est pas la reprise d’une alimentation normale qui est la cause déclenchante de la tuberculose. Il nous semble qu’on ne tient pas compte dans ce raisonnement du retard dû à l’incubation de la maladie, à l’intervalle qui sépare le début biologique de la maladie de la date des premières manifestations cliniques.

Il nous semble qu’on peut contlure ce chapitre en disant que les mauvaises conditions alimentaires favorisent l’éclosion de la tuberculose, mais ces conditions font partie des facteurs généraux de l'hygiène au même titre que le logement, l’aération, l’absence de surmenage, la propreté, etc.

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