‹ Etude sur les principes de l'alimentation des tuberculeuxChapitre 11 sur 16 · LES REGIMES DE SURALIMENTATION · texte numérisé non relu

LES REGIMES DE SURALIMENTATION

Ainsi que nous venons de voir, une alimentation abondante se justifie dans la tuberculose par deux séries d’arguments : l’existence d’une consomption scientifiquement prouvée par l’augmentation des échanges et un métabolisme azoté et minéral déficitaire et par le rôle de la sous-alimentation dans léclosion du processus tuberculeux.

Nous allons envisager certains points de ce régime de suralimentation, afin de montrer qu’il doit être subordonné à certains facteurs recherchés chez les malades.

Ainsi, l’on sait que la viande fait partie intégrante du régime des tuberculeux. Particulièrement riche en matières azotées, elle est destinée à équilibrer ün bilan azoté presque toujours négatif chez ces malades. Quant à l’emploi de la viande crue qui a surtout acquis droit de cité depuis les expériences de Richet et Héricourt, il se justifie de plusieurs manières. On sait que ces auteurs ont réussi à atténuer la tuberculose expérimentale du chien en le nourrissant de viande crue ou de jus de viande. Ces expériences, bases de la mé-

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thode appelée zomothérapie, ont été par la suite fortement contestées. Néanmoins, l'emploi de la viande crue a subsisté jusqu’à nos jours. Elle se distingue en effet par sa digestibilité facile et son coefficient d’assimilation élevé. Ajoutons encore la conservation de certaines vitamines importantes sur lesquelles nous reviendrons.

La viande n’est pas le seul aliment riche en protéines, mais c’est elle qui en contient le plus sous le volume le plus faible et dans les conditions de digestibilité les meilleures. Elle est donc la base du régime de suralimentation. Nous avons vu plus haut que le but d’un tel régime est d’équilibrer le bilan azoté déficitaire. Dans certains cas d’amaigrissement, il sera indispensable de rendre à ce bilan un certain excédent. Pour atteindre ce but, il faudrait calculer chez chaque malade la nutrition azotée et établir un régime individuel approprié aux besoins particuliers de chacun. En pratique, une telle investigation est impossible. Avec une certaine habitude, on peut cependant donner à chaque malade la quantité de substances protéiques qui lui font défaut.

La suralimentation ne doit pas porter uniquement sur les matières azotées. Nous avons vu que les besoins caloriques des tuberculeux sont considérables, même lorsqu'ils sont apyrétiques. Une quantité importante d'hydrates de carbone doit donc entrer dans leur régime pour couvrir et même dépasser les besoins énergétiques. D’où vient en effet la consommation importante de protéiques ? Elle est sans doute due en

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grande partie au fait que les albumines doivent être brûlées pour fournir des calories au lieu d’être utilisées au remplacement des molécules détruites. Parmi les substances énergétiques, Sergent déconseille les matières grasses comme génératrices de troubles digestifs.

Sergent pense en effet que l’un des facteurs de la décalcification est l’hyperchlorhydrie empêchant l’assimilation des sels de calcium. Il ne suffit donc pas de fournir aux tuberculeux des aliments riches en calcium (surtout certains légumes verts et secs), mais il faut encore assurer des conditions favorables à leur assimilation. Nous avons vu d’ailleurs que le calcium n’est pas le seul élément minéral dont les tuberculeux ont besoin. Afin de leur fournir tous les éléments dont ils ont besoin, il est indispensable de compléter leur régime carné par un important appoint végétal.

Dans l’ensemble, il faudrait donc approprier le régime de suralimentation à chaque cas particulier, ce qui ne serait possible qu’au prix de recherches chimiques détaillées chez chaque malade. Il faut savoir qu’un régime de suralimentation non contrôlé, au moins cliniquement, peut amener des troubles digestifs pouvant compromettre la guérison et peut même aller tout à fait à l’encontre du but proposé. Sabourin a insisté autrefois sur le fait qu’une suralimentation excessive peut amener des poussées évolutives de la tuberculose, des hémoptysies et hâter ainsi l’évolu-

tion de la maladie.

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Ce sont certains abus de la suralimentation qui ont fait naître certaines théories alimentaires appliquées à la tuberculose que nous allons envisager dans le chapitre suivant.

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