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CHAPITRE V

TUBERCULOSE ET VITAMINES

Il y a relativement peu de données intéressantes actuellement sur l’importance du rôle des vitamines dans l'alimentation des tuberculeux. Les quelques faits qui existent dans la littérature sont restés dans le domaine purement expérimental, Néanmoins tous les auteurs insistent sur la nécessité pour les tuberculeux d’un régime alimentaire suffisamment riche en vitamines.

Deux vitamines méritent spécialement de retenir notre attention : la vitamine D qui influe sur la fixation du calcium et la vitamine C qui semble influencer la résistance générale des tissus vis-à-vis de certains agents d'agression.

Au point de vue de la vitamine D, les expériences les plus concluantes sont celles de Loewy et Gruninger. Ces auteurs ont étudié d’une part chez les cobayes sains, d'autre part chez des cobayes tuberculisés, le poids et la teneur en calcium des organes sous l’influence de l’administration simultanée de vitamine D et de sels de chaux.

Chez les cobayes sains, on constate une augmenta-

ego

tion considérable du poids, mais la teneur en calcium des organes se modifie très peu. Chez les cobayes tuberculeux, la chute de poids déterminée par la maladie, est arrêtée par la médication et l’on trouve en même temps une augmentation importante du taux du calcium dans les poumons, les reins, le foie et la rate.

En pratique, la vitamine D fait toujours partie du régime des tuberculeux. Avant même qu'on sache que l'huile de foie de morue contient cette vitamine, Jaccoud et Grancher en recommandaient l’emploi chez les tuberculeux.

En ce qui concerne la vitamine C, son rôle est moins bien connu, bien que certaines expériences effectuées à cet égard soient tout à fait démonstratives. Leichtnentritt a constaté que les cobayes tuberculisés et traités par la vitamine C mouraient beaucoup plus tardivement que les animaux témoins et surtout qu’ils conservaient pendant très longtemps un poids et un état général excellents. Bieling a pu confirmer ces résultats. Inversement, Heymenn a fait la contreexpérience, et a constaté que les cobayes scorbutiques présentaient une susceptibilité particulière à l’infection bacillaire.

Ces constatations prennent leur importance aujourdhui alors qu’on sait, par les travaux de Giroud, que les besoins de l’homme sont particulièrement élevés en vitamine C, de sorte que très souvent ces besoins ne sont pas couverts. La vitamine C semble être celle

qui manque le plus souvent de l’alimentation et l’hom-

Ce

me présenterait, dans une proportion importante des cas, une hypovitaminose C. Il importe donc de fournir aux tuberculeux une quantité suffisante de ce corps qui semble être l’un des facteurs de la résistance à la tuberculose.

Parmi les autres vitamines, la vitamine A a peutêtre une certaine importance pour l’organisme tuberculeux en raison de son rôle anti-infectieux, mais aucune donnée directe n’est venue confirmer cette hypothèse.

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