LES ALIMENTS D'EPARGNE CHEZ LES TUBERCULEUX
Nous allons envisager rapidement, avant de terminer ce travail, la question des boissons alcooliques et d’autres excitants dits aliments d’épargne dans l’alimentation des tuberculeux. Nous ne pensons pas que la question soit très importante, mais les auteurs sont souvent d’avis très différents à son sujet.
En effet, une partie des phtisiologues interdisent absolument toute boisson contenant de l’alcool aux tuberculeux. Ils invoquent l’effet nuisible de l’alcool sur le processus tuberculeux et l’action excitante défavorable de ces boissons sur le tube digestif.
D'un autre côté, l’on vante l’action tonique de Palcool sur le mauvais état général et aussi sa valeur nutritive tout au moins sous forme de bière forte.
Nous allons examiner quelques-uns de ces arguments. L'action défavorable de l’alcool sur la tuberculose n’est nullement prouvée. Nous n’entrons pas ici dans la discussion des rapports de la tuberculose avec l’alcoolisme, étudiés en détail par Sergent. Nous n’envisageons ici que l’usage modéré de l’alcool sous
forme de vin, usage très répandu et qui ne mérite pas le nom d’alcoolisme. Voici à cet égard une statistique due à Orth. Elle porte sur un très grand nombre de sujets dont les uns abstinents, les autres des buveurs moyens. Sur l’ensemble on constate les proportions suivantes : : | ILES
Non-tuberculeux, 2.1. 70 p. 100
Tuberculose 30 p. 100, dont :
Tuberculose non évolutive ...... 8 p. 100 Tuberculose évolutive. . ........ 12 p. 100
Parmi les buveurs, on retrouve les proportions suivantes :
Non tubercüuleux. . : ........ 70,18 p. 100
EUDETOUIeC ER ee 29,50 p. 100, dont :
tuberculoses non évolutives .... 16,1 p. 100 tuberculoses évolutives. .. ..... 13,4 p. 100
On voit donc que chez les buveurs d’alcool la proportion de tuberculeux ne dépasse pas celle de l’ensemble de la population et même que l’usage de l’alcool prédispose aux formes bénignes de la maladie.
Quant à l’action nuisible de l’alcool sur le tube digestif, elle semble certaine dans bien des cas : hyperchlorhydrie, excitabilité du tube digestif, diarrhée, etc.
L'action tonique de l’alcool est certainement appréciable chez les tuberculeux affaiblis, fébriles, adynamiques. Quant à sa qualité d’aliment d’épargne, elle est assez discutable et ne se défend peut-être que chez les sujets devant fournir un effort musculaire, ce qui n’est pas le cas des tuberculeux. En somme l’usage modéré du vin ou de la bière ne peut nuire chez les tubercu-
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leux indemnes de toute altération organique ou fonctionnelle du tube digestif.
Quant aux autres excitants, tels que le café, le thé, les épices, etc., ils sont généralement autorisés par les auteurs qui composent les régimes des tuberculeux.