‹ Etude sur les principes de l'alimentation des tuberculeuxChapitre 7 sur 16 · LA NUTRITION DES TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

LA NUTRITION DES TUBERCULEUX

Un grand nombre de travaux ont été consacrés sur les altérations du métabolisme général ou particulier dans les organismes tuberculeux. Les données de ces travaux ne peuvent être exposées globalement car elles exposeraient à des erreurs grossières. Les modifications du métabolisme peuvent en effet reconnaître au moins trois ordres de causes :

a) Troubles nutritifs prédisposant à la tuberculose, représentant en quelque sorte le terrain tuberculeux ;

b) Troubles nutritifs secondaires à la fièvre, à la réduction du champ d’hématose ou à l’atteinte des autres fonctions organiques, n’ayant donc aucun caractère de spécificité ;

c) Troubles dus à l’effet immediat de l'infection baciilaire, les seuls qui nous intéressent ici.

Lorsqu'on recherche les troubles de la nutrition en clinique, il est à peu près impossible de dissocier ce qui appartient à chacune des trois catégories de facteurs. C’est l’expérimentation seule qui est capable dans une certaine mesure de dissocier la signification des faits.

Des études concernant le métabolisme général ont été faites par de nombreux auteurs chez les tuberculeux. Pour éliminer l’augmentation de métabolisme déterminée par la fièvre, toutes les recherches ont été faites sur des tuberculeux apyrétiques. Stähelin a étudié les échanges généraux chez deux tuberculeux en les comparant à un sujet normal. Chez l’un d’eux, il n’a observé aucune différence, chez l’autre il a noté une augmentation. Les observations, faites sur un grand nombre de sujets par Quinquaud, par Kraus et Chvostek, par Speck, par Riethus, etc, montrent toutes une augmentation des échanges par rapport au niveau normal. D’ailleurs, lorsqu'on suit la courbe de poids des tuberculeux on se rend très bien compte que, malgré l’apport d’un nombre de calories excessif à des sujets au repos complet, cette courbe ne montre aucune tendance à l’ascension. Stähelin a suivi des malades qui recevaient chaque jour 57 à 60 calories par jour et par kilog. et qui se maintenaient à un poids inférieur à la normale aux environs de 45 kilos. Blumenfeld, puis Mircoli et Soleri ont fait des observations analogues. Dans tous ces cas, il s'agissait de sujets dont la température ne dépassait pas 3795.

Le métabolisme azoté des tuberculeux est souvent déficitaire, même sans fièvre. Il faut atteindre des doses considérables de matières protéiques pour contrebalancer ce déficit efficacement. Voilà une constatation qui suffit pour justifier la suralimentation en viande des tuberculeux.

re

D'où vient ce déficit ? On n’est pas très fixé sur ce point. Mircoli et Soleri, puis Blumenfeld et Spirig ont recherché s’il ne résultait pas d’un défaut d’absorption au niveau du tube digestif. Selon ces auteurs la quantité de matières azotées perdues pendant la traversée du tube digestif ne dépasse pas 13 p. 100. Il suffit cependant d’une lésion tuberculeuse même minime du tube digestif pour que la perte atteigne 36 p. 100 pour les matières azotées et 17 p. 100 pour les graisses (Plesch).

On a pensé également que le déficit était dû à des pertes par les crachats ou par la sueur. Il ne semble pas que la quantité de matières azotées éliminées par ces voies soit assez abondante pour expliquer ce déficit. Dans dix cas étudiés par Lanz, la quantité journalière de protéines éliminées par les crachats était en moyenne de 5,34 gr. Le maximum observé était 10 gr. 60. Plesch a observé des éliminations plus abondantes, mais qui étaient encore insignifiantes par rapport au déficit protéique global. Quant à la sueur, bien qu’elle représente un facteur de gravité, elle ne représente qu’une voie d'élimination protéique tout à fait négligeable.

On a beaucoup étudié les échanges gazeux chez les tuberculeux à des stades divers de l’évolution de la maladie. Robin et Binet ont constaté une augmentation considérable de la ventilation aussi bien au point de vue de la consommation d'oxygène que l’élimina-

tion de gaz carbonique. Vogel-Eysern a étudié à Davos

Page 1