JURIDICTION DE SAINT-FLORENT-LE-VIEIL
On la trouve également dans celui de Paris sous la forme d'un faux fabriqué, entre 1067 et 1065, par les moines de Saint-Denis ”f. Mais c'est plus à l’ouest, dans la basse vallée de la Loire, particulièrement désorganisée par les invasions normandes et troublée par d’ardentes luttes féodales, qu'elle s’est le plus développée. Elle a abouti, dans le pays des Mauges, à la constitution d’un vaste territoire, très comparable par son étendue à ceux dépendant de Montivilliers ou de Fécamp, sur lequel le monasière de Saint-Florent-le-Vieil, dépendant de l’abbaye Saint-Florent de Saumur, s’empara des coutumes épiscopales.
LE PRIVILÈGE DE JURIDICTION DU TERRITOIRE DE SAINT-FLORENT-LE- VIEIL ‘?
1) Les circonstances historiques de l’usurpation
Quelques développements sur l’histoire du pays des Mauges sont nécessaires pour saisir les motifs et l’origine d'une telle usurpation. Ce pays, situé aux confins des comtés du Poitou, de Nantes et d'Anjou, dépendait du premier d’entre eux lorsque, en 941 ou 942, Guillaume Tête d’Etoupe le céda au comte de Nantes, Alain Barbetorte *. Dix ans plus tard, la mort d'Alain (952) laissait
cesseurs de Fulbert, et que ce prédécesseur est probablement l'évêque Eudes.
16. Sur ce faux, cf. infra, p. 120. — Voir aussi l'acte par lequel l’évêque Imbert de Paris donne, en 1060, à la collégiale de Saint- Martin-des-Champs les « consueludines » sur l'aitre de l'église de Bondy ; l’évêque ajoute : « nullumque... mihi vel successoribus meis debitum vel servicium persolvatur » (DEpon, Chartes de Saint-Martin-des-Champs, L..1, pp. 24-25).
17. Sur l’histoire de cette juridiction jusqu'au XVII siècle, voir l’esquisse qu'en a tracée M. le chanoïne UzurEau, Le « territoire exempl » de Saint-Florent-le-Vieil, L'Anjou historique, 1934, PP. 193-209.
18. Chronique de Nantes, XXXIT, éd. MerRLET, pp. 96-97, et, sur la date de l’événement, Mercer, ibid., p. 97, n. 3. La Borderie a conjecturé que cetle cession, qui avait été accompagnée, de celle