TERRITOIRE DE SAINT-FLORENT-LE-VIEIL
par des redevances * et même par des corvées“*. Des violences furent commises, notamment sur un parois- . sien de Saint-Macaire-en-Mauges, nommé Jouvin, que retint prisonnier le seigneur de Mortagne, un vassal de Foulque. Les moines, ne parvenant pas eux-mêmes à le délivrer, allèrent trouver l’évêque Isembert de Poitiers, et promirent de lui rendre les droits épiscopaux sur la paroisse s'il faisait libérer Jouvin *. Voilà la preuve qu'ils avaient alors, non seulement le contrôle ecclésiastique, mais la disposition d’un territoire qu'ils auraient pu rattacher à l’évêque de leur choix, comme Giroie d'Echauffour faisait, à celle époque, pour sa seigneurie en faveur du diocèse de Lisieux *. Mais ils n'allèrent pas aussi loin, et gardèrent jalousement la quasi indépendance
qu'ils avaient acquise.
43. Une charte de Gcoffroi le Barbu, de 1060-1062 (Livre noir de Saint-Florent de Saumur, f° 96; HALPHEN, op. cil., Catalogue, n° 167, p. 292), cite les coutumes « quae post factum Sancti Florentii castellum augmentate sunt super illas quae in constructione ipsius caslelli per Fulconem comilem... conslilule... fuerunt ».
44. À la construction du castellum de Montfaucon (vers 1026, HaLPHEN, p.52) participèrent douze moines de Saint-Macaire-en- Mauges, dépendance de Saint-Florent : Fragmentum veleris historiae, éd. MaArRCHEGAY et MABILLE, p. 216 : « ..… duodecim coacli à monachis Espelvan degenlibus cum aliis operariis peregerunt. »
45. Fragmentum veleris historiae, ibid., p. 216 : « Subsequentli tempore, quendam Espetvan parochiae potentiorem, nomine Jovinuin, Ansterius, castri Maurilaniae dominus, cepil; cujus captionis antielate primum Isembertum, Pictavorum episcopum, conveniunt, pollicentes, eo sibi reddilo sua episcopali potestate, presbiterum cum tota parochia subditam fieri Pictavensi ecclesiae. Quod episcopus annuil gravique analhemate afflictos hominem liberavil. » L'ancienne chronique dont ce passage est tiré, qui a dû être écrite entre 1070 et 1118 (MarRcueGAy et MABiLLE, 0p. cit., p. xxvii, a été reproduite à la fin du XII siècle par l’auteur de l’Historia Sancti Florentii, et il est curieux de noter que celui-ci a laissé de côlé tout ce qui est relatif à la proposition faite à l'évêque Isembert, probablement « afin de ne reconnaître aucun droit à l’évêque de Poitiers sur les paroisses du terriloire de Saint- Florent-le-Vieil » (MARCHEGAY et MABILLE, 0p. cil., p. 281, n. 2).
46. Supra, p.68. Le souvenir de l'indépendance du territoire de Saint-Florent était encore conservé au début du XIIe siècle, et le Livre noir de l’église d'Angers, rédigé à cette époque (HALPHEN, op. cil., p. xvin), parlant des paroisses de la juridiction de Saint- Florent-le-Vieil, s'exprime ainsi : « Per mulla jam annorum lem-