FAUX DE SAINT-FLORENT
C’est au cours de ces années troublées suivant la conquête angevine qu'ils éprouvèrent le besoin de justifier par des titres la juridiction qu'ils avaient usurpée, et que, n’en ayant pas d’authentiques à faire valoir, ils en ont fabriqué de faux dont il nous faut maintenant aborder l’examen.
2) Les faux de Saint-Florent
Ces actes faux sont : 1° un diplôme de Charles le Chauve ; »° une bulle de Jean XVIII“. Nous laisserons de côté un troisième texte, un diplôme de Charlemagne, dont l’époque de falsification est trop incertaine et les clauses de privilège ecclésiastique trop imprécises pour qu'on puisse l'utiliser avec certitude‘.
Le diplôme de Charles le Chauve, daté, de Vieux-Poiïliers, du 8 juin 849 **, nous a été conservé par un pseudooriginal dont l'écriture, déclare Giry, qui, après Merlet *, a montré l’inauthenticité du texte**, « doit remonter tout au plus aux premières années du XI° siècle » *. Toutefois, l’acte a les plus grandes chances de n'être pas
pora nulli omnino diocaesi assignatae vel subdilae, sed ab omni ponltificali regimine, incerlum quonam eventu, destilutae » (Livre noir, n°47, cité d’après MARGHEGAY et MABILLE, op. cil., p. 287, nr Dhle
k7. En 1060-1062, Geoffroi le Barbu confirme un acte de Geoffroi Martel (1040-1060) renonçant aux « mauvaises coutumes » qu'il levait sur les domaines de Saint-Florent-le-Vieil (Livre noir de Saint-Florent, f° 96; HaLpmen, Le Comté d'Anjou, Catalogue, MOT. RD-202)-
48. Ces trois documents ont fait l’objet d'une étude de Grry, Étude critique de quelques documents angevins de l'époque carolingienne (Mém. de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres XXXVI, 2° part., 1900, pp. 222-248).
h9. Infra, p. 102, n. 64.
50. C’est bien 849, comme le dit Grry (p. 248 : anno VIII Karoli gloriosissimi regis), el non pas 848, comme le voudrait M. SAcHÉ (Invent. sommaire des archives dép. Maine-et-Loire, H, t. II, p. 3, n. 1), qui propose de restituer : anno VIIL.., à tort selon M. Lor (Mélanges d'histoire bretonne, p. 474).
51. MErrET, Guerres d'indépendance de la Bretagne, Revue de Brelagne, VI, 1891, p. 93 et note D.