‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 140 sur 342 · FRANCHISE DES COUTUMES ÉPISCOPALES · texte numérisé non relu

FRANCHISE DES COUTUMES ÉPISCOPALES

nilivement constitué au temps de Cnut, allait encore s’accroître au début du règne d’Édouard le Confesseur *”. Ces extensions du territoire d’'Evesham ne sont pas les seuls progrès que les juridictions monastiques aient faits sous Édouard. Entre 1046 et 1060, l’évêque Ealdred donne aux moines de Notre-Dame de Worcester deux domaines qui ne couvrent d’ailleurs qu'une assez petite superficie : trois manses en toul ; mais c'est par ses circonstances et ses modalités que la concession prend toute sa valeur. La terre avait appartenu, libre de tout service épiscopal, à l’un des ministri du roi, Toki, et ce puissant seigneur l'avait léguée par testament à l’évêque qui, à son tour, la cède aux moines. Tous ces transferts n'empêchent point les deux domaines de conserver leur statut juridique ini-

du domaine de Bengeworth, « ea conventione ut post suos dies eal ipsa terra in sanclo monasterio de Eovesham illis Dei servis ad viclum semper imperpetuum » (KEMBLE, n° 757, {. IV, p. 56), et l'abbaye l’acquit, en effet, peu après (Chronicon, éd. Macray, p. 84).

110. Au temps d'Édouard, l’abbaye s'enrichit d’un nouveau domaine qui allait aussi s’incorporer au terriloire de la juridiction c'est celui de Hampton. Nous connaissons son histoire : Ethelred, en 988, l'avait donné à l’un des grands du royaume, Norman, avec le droit d'y lever des troupes et de le fortifier (KEMBLE, n° 66», t. IT, p. 234), mais Norman fut exécuté, en 1017, sur l’ordre de Cnut (Chronicon, éd. Macray, p. 84), qui, toutefois, voulut bien restiluer le domaine au frère de Norman, le comte Leofric (Chronicon, ibid.). Celui-ci, sous Édouard le Confesseur, sans doute au début du règne, avant 1044 (Chronicon, p. 85), le donna à l’abbaye d'Evesham, « cum viclu et hominibus et omnibus rebus et consueludinibus ad eandem (terram) pertinentibus » (KEMBLE, n° 9388, &. IV, p. 272); Édouard le Confesseur confirma la concession (KEm- BLE, N° 911, À. IV, p. 249), et l'évêque Lifing y ajouta (KEMBLE, n° 941, t. IV, p. 277), sur l’ordre du roi, semble-t-il (.. Etiam rex vull...), le privilège spirituel rattachant le domaine et l’église que Leofric y avait fait construire (KEMBLE, n° 938) au territoire de la juridiction d’Evesham. Ce territoire paraît, dès lors, en grande partie constitué (liste des paroisses qui en faisaient partie dans la VPicloria history of the counlies of England, Worcester, I, 1906, p.116, n.8), et l’est, en toul cas, presque complètement à la fin du XI siècle : loutes ces paroisses de la juridiction sont citées, sauf deux (Bretforton et Church Honeybourne), dans le Domesday book, parmi les dépendances d'Evesham (D.B., Worcester, f° 155 b). — Sur les faux fabriqués à Evesham, d’après lesquels le privilège de juridiction remonterait au début du VITE siècle, cf. infra, Appendice VIT, p. 267.

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