SVÈQUE CLAUSTRAL DE SAINT-DENIS
de premier ordre à l’abbaye de Saint-Denis”. Celle-ci a eu des évêques claustraux entre 768-772 et 835‘, et une bulle du pape Adrien, de 786, analyse leurs pouvoirs dans les moindres détails; d'autre part, en 1061-1065, Saint-Denis a prétendu exercer une juridiction ecclésiastique, et les moines ont créé un faux qui reflète leurs préoccupations du XI° siècle. Le rapprochement des deux textes nous permettra d'établir le tableau comparatif souhaité. Examinons d'abord la bulle.
Cette bulle* décide que l’évêque claustral de Saint- Denis aura, à l'exclusion de tout évêque diocésain, le pouvoir d'ordre et la correction canonique des fautes, non seulement dans le monastère, mais dans tous les lieux y attenant ou en dépendant, et le texte a précisé plus haut ce qu'il entend par là : ce sont « les prieurés, églises, litres et oraloires soumis au monastère® ». On
3. Levirran, Études sur l'abbaye de Saint-Denis à l’époque mérovingienne, principalement II, « Privilegium » et « immunilates » ou Saint-Denis dans l'Église et dans l'État, B.E.C., LXXXVII, 1926, pp. 20-97 et 245-346.
4. Levizran, Études sur l’abbaye de Saint-Denis, B.E.C., 1926, pp. 332-335; peut-être y en a-t-il eu avant 768-772, mais, en tout cas, On ne saurait « remonter plus haut qu’au temps de l'abbé Fulrad (550-784) et d’Étienne II (752-757) » (Francx, Die Klosterbischôüfe, p. 50).
5. Elle est confirmative d’une autre bulle perdue d'Étienne III 768-752); LEvILLAIN, Études sur l'abbaye de Saint-Denis, B.E.C., 1926, pp. 316 et 333, n. 2.
6. Nous empruntons certaines expressions de notre analyse à celle de M. Levirrai, 0p. cit., B.E.C., 1926, p. 316. Texte, Dom Ft- LIBIEN, Jlistoire de l'abbaye royale de Saint-Denys, pièces just. n° LX, p. x11 : « El nemo episcoporum parochianis in praefato venerabili monasterio, in cellis, ecclesiis vel tilulis seu oraculis sub ditione ipsius constilutis, ordinaliones facere, sive pro chrismale conficiendo aut quacumque exquisita re agere, aul distringere, vel ad se presbyleros convocare praesumal; sed per hanc auctoritatem apostolici privilegii nostri, episcopus ex ipso venerabili monasteric canonice curam pastoralem sollicitudinem ministerit sui in praelalis adjacentibus vel subjacentibus eidem monasterio locis habeal; et quaeque ermendanda el corrigenda sunt, cum assensu abbalis sui canonica inslilulione et secundum ordinem cuncla peragat. » Sur ce texte, cf., outre LeviLLaIN (ibid., p. 316), qui la tient pour authentique, malgré les hésitations de JAFFÉ (2454), FRANGK, 0p. cit., pp. 48-49, qui n’a pas repris la critique d'authenticité, et Max Bucnner, Das Vizepapsttum des Ables von St-Denis (Paderborn, 1928), pp. 69-50 et 184, qui croit l’acte faux et fabriqué peu avant