‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 188 sur 342 · ANALYSE DU PRIVILÈGE · texte numérisé non relu

ANALYSE DU PRIVILÈGE

lieu le 14 juillet 1077. En effet, le texte dit lui-même, tout à la fin, que Guillaume le Conquérant, reconnaissant envers son frère d’avoir accordé la charte, le gratifia ce jour-là du Bois d’Elle !*. La première recension ne saurait, en tout cas, ni être antérieure à cette dédicace, puisqu elle y fait allusion, ni lui être postérieure de plus de quelques mois, puisqu'elle fut souscrite par l’archevêque Jean d'Avranches qui devait bientôt tomber paralysé ""*; on peul la fixer à 1077 ‘**. Elle est aussi nécessairement postérieure à la dédicace de l’église abbatiale !‘”, qui est non pas du 13 septembre 1077, comme on l’a souvent répété, mais sans doute de 1073 ‘. Toute cette chronologie est un peu compliquée, mais paraît assez sûre. Plus simple, et, au demeurant, bien plus intéressante, est l’analvse juridique du privilège. L’évêque accorde aux moines la franchise des coutumes épiscopales sur les églises, les maisons et les terres qu'ils possédaient le jour de la dédicace de l’église abbatiale. Il précise les détails un peu plus loin et spécifie qu'il abandonne « le produit pécuniaire des amendes provenant des fautes criminelles et non criminelles » et « l’injonction de pénitence des fautes non criminelles ». Le texte ne s'arrête pas là dans sa réglementation. Chaque fois qu’on aura ouï dire d’une faute criminelle commise sur le territoire de la juridiction de l'abbé, l’archidiacre de Bayeux devra avertir l'abbé ou le prieur de Saint-Étienne; puis, élant convenus du lieu et du jour, l’archidiacre et le moine (abbé ou prieur) se réuniront, feront enquête dans la paroisse où

102. Texte infra, p. 296. Sur la date de la dédicace de l’église de Bayeux, cf. VazreRy-Ranor, La Cathédrale de Bayeux (Petites monographies des grands édifices de France), p. 10.

103. L'argument est donné par M. l'abbé BoURRIENNE (..… Philippe de Harcourt, p. 94), cf. texte infra, p. 296, n. 2. Jean d’Avranches tomba paralysé à la fin de r077 ou tout au début de 1078 (Onn.=Vrrar, M, 3,1. 11,.p. 310, cf.-G"Gh:,. XI,-36).

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