‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 190 sur 342 · PORTÉE DU PRIVILÈGE · texte numérisé non relu

PORTÉE DU PRIVILÈGE

épiscopale et sur l'approbation implicite que leur témoigne Guillaume en donnant à son frère le Bois d’Elle par remerciement pour sa charte. Nous avons déjà tiré de celte donation un argument d'ordre chronologique !#. Bien plus importante encore est la conclusion d'ordre général qui s'en dégage. Guillaume et ses évêques sont, à cette époque, en pleine activité conciliaire : 1077 tombe trois ans après le concile de Rouen de 1074, trois ans avant celui de Lillebonne de 1080, qui sont, pour la Normandie, les deux principaux du règne. De même que le duc s’y applique à restaurer l'autorité diocésaine, de même il favorise un acte épiscopal qui en maintient l’essentiel. Notons, d’ailleurs, qu'il marque cette faveur avec une très grande discrétion : il n'intervient pas directement dans la charte, même à titre de souscripteur, et aucun diplôme de lui pour Saint-Étienne ne fait allusion au privilège ecclésiastique ‘"”; il y a loin d’une telle attitude à celle de Robert le Magnifique.

Ce serait toutefois une erreur de croire qu'il ne témoigna son approbation pour la charte d'Eudes de Conteville que dans la mesure où celle-ci réservait certains droits épiscopaux. Il a certainement vu d’un bon œil la franchise des coutumes épiscopales qui complétait celle des coutumes ducales dont il avait récemment gratifié les moines ‘!°, et il est à noter que les deux franchises coïncident sur les domaines les plus voisins de l’abbaye : le bourg Saint-Étienne à Caen”, Saint-Ouen de Villers, Allemagne, Rots et Cheux "*. La véritable intention de

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