‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 202 sur 342 · Texte supra, p. 159, n · texte numérisé non relu

Texte supra, p. 159, n

138. Orn. Viras,, II, 12, t. I, p. 1832 : «Fulcoius... Sancto Ebrulfo ecclesiam concessit et omnes consuetudines ad ipsam ecclesiam pertinentes. archidiaconatum quoque... quem in feudo ab antecessoribus suis de archiepiscopo Rotomagensi tenebat. » Cf. GÉ- Nesraz, La patrimonialité de l’archidiaconat, Mél. Fournier, p. 288.

139. Note de Le PRÉvosr dans le Cartulaire normand de L. De- LISLE, p. 299, n. 1 (cité d’après GÉNESTAL, 0p. cit., p. 289). — Il y a des exemples hors de Normandie : au concile d’Auch de 1068, on reconnaît à l’abbé de Saint-Orens une juridiction d’archidiacre « Laudaverunt etiam ut gubernator qui locum sancti Orentiirexeril, vices archidiaconi in honore suo super ecclesias et clericos teneal; et ipse, si lapsi fuerint, justiliam faciat » (TaomassiN, Discipline ancienne de l’Église, &. I, 6d. 1525, c. 1606).

140. En 1117, la juridiction des moines de Bellême sur la paroisse de Saint-Martin du Vieux-Bellème est qualifiée d’ « archidiaconalus » (Barrer, Cartulaire de Marmoutier pour le Perche, n° 19, p. 31). Cette assimilation de la justice monastique à celle des archidiacres est telle qu'il s'établit parfois un partage de juri-

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Il était intéressant de constater qu'une telle assimilation se remarque dès le temps de Guillaume et de Lanfranc". Ceux-ci, qui voulaient faire des archidiacres un

diction entre l’abbaye et l’archidiacre : ainsi pour la Trinité de Caen, en 1179-1187, pour Montivilliers, en 1215 (infra, p. 224). C'élait déjà le cas, en 1077, à Saint-Étienne de Caen pour l’instruction des fautes criminelles (supra, p. 164). — Cette idée de l’équivalence archidiaconale des juridictions monastiques a déjà été mise en lumière par Dom BERLIÈRE, Les archidiaconés où exemptions privilégiées de monastères, Rev. Bénéd., XL, 1928, pp. 116- 199, et par GÉNESTAL, Ann. de l'École des Hautes-Études, sc. rel., 1913, p.47, Ilisloire du droit public normand, p.104, La patrimonialité de l'archidiaconat, Mél. Fournier, p. 291. — Des chanoines exerçaient de ces juridictions archidiaconales, ainsi dans le: diocèse de Bayeux au XII siècle : U. Caevazrrer, Ordinaire el coutumier de l'église de Bayeux, p. 338 : « Canonicus prebende de Cambremer juridiclionem habet in ecclesia de Cambremer.. Consuevil eliam contendere de juriditione parrochianorum et plebis aliarum ecclesiarum de honore de-Cambremer, in quibus se geril quasi archidiaconus earum. »

141. Il n'y a pas d'exemple antérieur à 1061. On ne saurait, en effet, tirer du passage d'Orderic Vital concernant les coutumes épiscopales usurpées, vers 1020, par Giroie dans la région d'Échauffour (supra, pp. 67-68), que celui-ci y exerçait une juridiction d'archidiacre. Cette interprétation de la franchise que donne le chroniqueur (cf. GÉNESTAL, La patrimonialité de l’archidiaconat, Mél. Fournier, p. 287) est exacte pour l’époque où il écrit {premier quart du XII siècle : le livre HIT fut rédigé avant 1124 environ, DELISLE, Notice sur O.V., éd. Le PrÉévosr-DELISLE, V, p. xLvi), mais douteuse pour l’époque de l'événement raconté : il faudrait être sûr qu'au début du XI° siècle les archidiaconés exislaient bien dans la région d'Échauffour ; les évêchés n’y avaient été rétablis qu'une trentaine d'années avant (supra, p. 29), et il est peu vraisemblable qu'on se soit préoccupé dès le début de constituer des archidiaconés. En fait, nous savons assez mal de quand datent les archidiaconés normands. Les dates données par Longnon sont tardives (fin XI°-XII° s., Pouillés de la province de Rouen, pp. x-x1, Rouen; xxvi, Bayeux; xxxiv-xxxv, Avranches; xL, Évreux; xLvin, Sées; Lxv, Coutances). Alors que, pour la province de Reims, il remonte à 857 (Pouillés de la province de Reims, p. x), pour celle de Rouen, la plus ancienne date citée est 1091; elle concerne l’archidiaconé de Vexin (pp. x-x1) qui existait d’ailleurs dès-979-989 (un acte de cette date, émanant de l'archevêque de Rouen, publié par Pouparnin, Recueil des chartes de Saint-Germain-des-Prés, XLIV, pp. 73-74, dit que l’église de Saint-Godard de Longuesse en Vexin dépend du ressort de juridiction de l’archidiacre Onoratus : « archidiacono nostro Onoralo, ex cujus ministerio est, assensum prebente »); mais l’archidiaconé de Vexin fait partie du diocèse de Rouen, qui n'avait pas subi la désorganisation des autres diocèses normands, et on ne saurait généraliser un tel exemple isolé. Aussi bien, il faut attendre l’époque du Conquérant pour en trouver de nouveaux. Il y a plusieurs archidiacres dans le diocèse de Bayeux au temps de Lanfranc (Hasxins,

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