‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 234 sur 342 · LA PAPAUTÉ ET LA JURIDICTION · texte numérisé non relu

LA PAPAUTÉ ET LA JURIDICTION

tonbury furent trop étroits à la fin du XI° et au XIL° siècle pour que l'on ne soit pas tenté de faire le rapprochenent:

Lors du procès de 1090-1093, sur lequel nous nous sommes si longuement étendu, et qui eut, en effet, une influence profonde sur l’évolution ultérieure des privilèges de l’abbaye, les moines de Fécamp s'étaient préoccupés seulement d'insister sur le rattachement direct à Rome de leur privilège d’exemption. Leur juridiction sur les douze paroisses, qui, nous l’avons démontré, était d'origine extra-pontificale et n'avait pu, en aucun cas, être englobée dans la confirmation de Benoît VIIT %, était encore tenue à l'écart de Rome, mais ce n’était plus pour bien longtemps, et les deux privilèges devaient bientôt se rejoindre sous l'égide commune de la papauté.

Le premier signe du changement apparaît dans le Liber de Revelatione : la tradition diplomatique des deux chartes de Richard s'y révèle déjà obscurcie, le diplôme de Richard I du 30 mai 1006 est passé sous silence, l’acte interpolé de Richard [°° est présenté comme le titre unique des deux privilèges de Fécamp, confirmé par Benoît VII. Cette tentative d’unir l’exemption et la juri-

late », cf. Farar, La légende arthurienne, &. I, pp. 421-422 et 424; voir aussi F. Lor, Glastonbury et Avalon, Romania, XXVII, 1898, p- 549). La chronique mêle d’un bout à l’autre les légendes et les privilèges. — La légende d’une consécration par le Christ apparaît aussi à Saint-Denis à la même époque (LEviLraIN, Saint-Denis, B.E.C., 1930, p. 9, cf. Lresman, La consécration légendaire de la basilique de Saint-Denis, Le Moyen Age, XLV, 1935, pp. 252-264 ; dans le texte publié par cet auteur, les privilèges et la légende sont aussi associés, pp. 262-263).

84. Dès le temps de Guillaume le Conquérant, les moines de Glastonbury doivent abandonner le chant grégorien pour celui qui était en usage à l’abbaye de Fécamp (De antiq., ibid., 1730). — On sait, d'autre part, le rôle capital joué par l'abbaye de Glastonbury dans la formation de la légende arthurienne (Fara, t. II, pp. 402-460) et les rapports entre cette légende et celle du Précieux Sang ‘supra, p. 199, n. 8o). Au XII siècle, Henri de Sulli, abbé de Fécamp (1140-1189), est le neveu de Henri de Blois, évêque de Winchester et abbé de Glastonbury (1129-1171).

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