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l’abbaye entre 1035 et 1068-1076; 3° la confirmation de Guillaume. Nous reviendrons plus loin sur la valeur d’authenticité qu'il faut attribuer à cette pancarte. Insistons, pour l’instant, sur la distinction primordiale à faire entre les deux recensions de la charte de Robert * en faisant observer :
1° que les copies (toutes des XVII° et XVIII® siècles) accusent la dualité et se classent en deux catégories : les unes reproduisent la bonne recension, d’après l’original même de Robert ou d’après un vidimus qui en fut fait en 1301; les autres reproduisent la pancarte, par l'intermédiaire du vidimus de 1305 °: - 2° que, au surplus, deux savants bénédictins du XVIII siècle, Dom Toussaints-Duplessis et Dom Toustain, avaient déjà décelé, en 1745, la dualité des recensions et étaient parvenus à des conclusions que les nôtres ne dépasseront guère $. Examinons successivement les deux recensions.
4. M. Le Cacaeux (L'exemplion de Montivilliers, p. 4) a bien vu l'interpolation, mais en a accusé à tort l’auteur du vidimus de r305, faute d'avoir discerné les deux recensions du XI° siècle.
5. Liste des copies de la bonne recension en tête de notre édition, infra. Les copies du vidimus de 1305 sont : 1) Bibl. Nat. nouv. acq. fr., ms. 23056, f. 58-63, 16 novembre 1733; 2) Arch. S. [., série H, fonds de Montivilliers, XVII® siècle (extr. Bibl. Nat., coll. Duchesne, vol. 22, f. 57). Le texte de ces copies ne varie guère avec celui édité par G. Ch.
6. Voici ce que Dom Toustain écrivait à l’abbesse, en plein procès contre l'archevêque, le 17 décembre 1745 (Arch. S. I., G 5375) « Cependant, nous avons fait observer à M. votre official qu'il y auroit de grands inconveniens, vu l'esprit de chicane dont paroissent animés ceux qui prêtent leur plume à M. l’archevêque, à meltre en usage la grande charte de Guillaume le Conquérant. Ils ne manqueront pas de dire qu'on a fait adroitement glisser dans cette pièce une clause qui lie votre exemption à celle de Fécam, clause qui n'est point dans le titre constitutif primordial, quoique ce soit ce titre qui soit raporté tout au long dans cette pancarte de Guillaume. » Deux mois plus tôt (19 septembre), Dom Toussaints-Duplessis s'était exprimé à peu près dans les mêmes termes (ibid. : « Faites attention, Madame, que vous avez deux chartes du Duc Robert : celle-ci qui est fausse, et une autre qui est parfaitement bonne. Vous ne risquez rien à nous les mettre toutes les deux entre les mains parce que, s’il faut produire, vous jugez bien que nous ne produirons que la bonne, et cependant la mauvaise pourra encore nous être utile à quelque chose de bon. » On est surpris que, quatorze ans après ces lettres, ce soit la « mauvaise » recension et non pas la « bonne » que les auteurs de la Gallia aient publiée. Toutefois, c’est peut-être la « bonne » à laquelle il est fait allusion dans la notice sur l’histoire de l’abbaye (G. Ch., XI, 28r-282).
CHARTE DE FONDATION :DE MONTIVILLIERS t297