ABBON DE FLEURY : IT
sien quil alla propager jusqu'en Angleterre”, Abbon est en France «le partisan enthousiaste de la suprématie du Saint-Siège » *, qu'il s'applique et réussit, après sept ans de luttes, à faire triompher dans l'affaire de l’archevêque de Reims, Arnoul. Défenseur d’Arnoul, que Hugues Capet avait accusé de trahison et que le concile de Saint- Basle (991) avait condamné, il avait affirmé, imbu de la primauté romaine, que c'élait au pape de statuer et non pas au concile. L'accusateur de l'archevêque était un autre Arnoul, évêque d'Orléans, qui s'était fait, avant la lettre, le champion d'un véritable gallicanisme®°. L’opposition entre les deux hommes, comme entre les deux tendances, élait irréductible®’. Elle était accrue par le fait que Saint-Benoîït-sur-Loire était situé dans le diocèse d'Orléans. Aussi Abbon, favorable, comme canoniste, aux libertés monastiques**, demanda-t-il au pape Grévoire V l’exemptlion pour son abbaye; le pape l’accorda (997) . L'année suivante, Cluny l’obtenait à son tour (998 où 999) **. La papauté, en libérant de la juridiction épiscopale les moines clunisiens qui étaient alors son seul
58. Il y fut appelé par l’archevêque d’York, Oswald, contemporain de saint Dunstan, pour y réformer l’abbaye de Ramsay, où il resta deux ans (986-988) {FLicar, p. 48; Fournier et LE Bras, p. 321). Sur celte réforme, cf. infra, p. 28, n. 5.