‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 53 sur 342 · SAINT OUEN ET PENTAL · texte numérisé non relu

SAINT OUEN ET PENTAL

avait connu Germer à la cour de Dagobert et se l'était attaché, lui confia le monastère de Pental avec mission « d'y être abbé, pasteur des brebis et illuminateur des âmes “ ». Il paraît lui avoir tracé tout un programme de réforme : Germer, nous dit son biographe, « pressait chacun de méditer sur la loi de Dieu“ ». Sa tâche n'était point facile; il y avait à Pental « une très grande multitude de moines » parmi lesquels de fort méchants qui, pour se débarrasser de leur abbé, tentèrent de le tuer en fixant dans son lit un couteau, pointe en l'air“. Germer échappa à l'accident, mais, découragé, résolut de quitter Pental *.

Ce récit laisse entrevoir le véritable aspect du conflit qui obligea Germer à se démettre : les moines bretons ont secoué la tutelle de l’abbé franc; leur opposition — el il faut croire qu'elle était irréductible sinon saint Ouen n'aurait pas autorisé Germer à céder — empêcha l'évêque de ressaisir son autorité par le moyen d'un Abbé complaisant.

On discerne ici un épisode de la lutte qui opposait l'Église celtique aux Églises franque et saxonne. Cette lutte élait alors particulièrement violente outre-Manche, où la haine des races s’ajoutait au différend religieux. Les moines celtes, au début du VII° siècle, avaient refusé leur concours à saint Augustin de Canterbury, chargé par Grégoire le Grand d’évangéliser les Saxons; leur attitude

DARD, OP. Cit., p. 157, n. 2), à n'utiliser le texte qu'avec prudence (KruüscH, ibid., p. 627).

ho. Vila, 8 (éd. Kruscn, p. 630) : « Ad iussionem aulem regis sanclus Audoenus tonsoravit eum et dedit ei Panthalum monasterium precepitque ei ut ibi abbas esset et pastor ovium et illuminalor animarum. »

4x. Vita, 9 (ibid., p. 630) : « .… promonebat unumquemque ut ‘in lege Dei meditarentur. »

h2. Vila, ro (Gibid., p. 630).

43. Vita, 11 (ibid., pp. 630-631). Sur toute l'histoire de saint Germer à Pental, cf. VacaNDaRD, 0p. cil., pp. 156-160. Aucun texte ne nous renseigne sur l'histoire de Pental aux VIIE et IXe siècles: nous montrerons plus loin (p. 25, n. 46) qu'on ne peut faire aucun fond sur le passage de la Vita Ansberti, allégué par Due (Ann de Bret, XXNIIT 1073, p 347, n°2).

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