‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 65 sur 342 · L'EXEMPTION DE FÉCAMP · texte numérisé non relu

L'EXEMPTION DE FÉCAMP

On ne voit pas bien d'ailleurs, avec de telles formules, quels droits l'archevêque de Rouen pouvait espérer conserver dans le monastère. Au temporel il ne lui restait rien, et au spirituel pas beaucoup plus : le pouvoir de coercition n'était guère compatible avec la clause prohibant toute domination extérieure, et moins encore avec celle du diplôme royal déliant les moines de « toute sujéüon dans l'ordonnance des choses ecclésiastiques et séculières ». Quant au pouvoir d'ordre, l'assimilation à Cluny pour la consécration de l'abbé l’annulait sur un point capital, puisque, depuis 998 ou 999, l'abbé de Cluny s’adressait, à cet égard, à l’évêque de son choix **.

Cette référence à Cluny donne aux deux textes toute leur originalité; elle augmente aussi leur portée historique. Sans elle, ils ne présenteraient pas grande différence avec beaucoup d'actes du même temps. Les clauses sur la « domination » ou la liberté d'ordonnance sont fréquentes * et rappellent, d’ailleurs, certaines tournures des privilèges du VII siècle. Au contraire, l’assimila-

ab ipso comite, vel a patre illius, vel a nostra largitione collata sunt, vel a quocumaque fideli huic loco deinceps fuerint conferenda, sancimus, corroboramus iuslteque decernentes permittimus secundum proprit rectoris arbitrium regulari more cuncta esse disponenda sine contradictione, impeditione vel oppressione cuiuscumque regis, ducis, pontificis, comilis, vicecomilis, magnae parvaeque personae, quacumque dignitate, officio sive ordine, in aecclesiasticis mundanisve rebus occupatae, perfunctae seu quavis occasione alicuius ministerii praefectae. In omnibus -ergo el per omnia sit ab omni subiectionis impedimento huius loci congregatio Christo sub suo militans gubernatore adeo libera ut quaeque cuituscumque sibi congruentis negotii necessaria in aecclesiasticis vel mundanis ordinationibus seu dispositionibus, ei prospicere, expetere, atque a quocumque vel ubicumque adquirere, ipsisque libere sine cuiuspiam contradictione, uti omni liceat tempore. In abbatis autem electione, ordinatione, sive consecratione, illa apud istos consueludo sequatur, quae hactenus in Cluniaco cœnobiorum servata est illustrissimo... Nulli ordini, dignitati, potestati hereditarieque successioni, nostrae quin immo maiestali super idem ius relinquere decrevimus dominationis. » Les doutes récemment élevés par M. Newmax (Catalogue des actes de Robert II, n° 26, pp. 32-33) sur l'authenticité de ce document ne sont pas fondés (cf. Appendice IT).

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