BULLE DE BENOÎT VII
À Fécamp, au contraire, nul ne se préoccupa du pape, en 1006, et pendant dix ans, celui-ci ne fut pas sollicité d'approuver ce qui avait été décidé sans lui. Le duc normand voulait bien que l’abbaye de Fécamp échappât à la juridiction de l'archevêque, mais il refusait qu’elle fût rattachée directement à Rome. C’est seulement en 1016 qu'il consentit à ne plus écarter le pape, et encore non sans de grandes réserves. La bulle de Benoît VII, qui sanctionne les privilèges de Fécamp, est adressée au duc et non pas à l'abbé‘; elle reconnaît que Fécamp est une église ducale (ecclesiam tuam); et tous les avantages qu'elle lui accorde : protection apostolique, réserve au Saint-Siège des cas d'excommunication, ne sont pas limités au monastère, mais étendus au duc. Voilà qui souligne encore le caractère ducal de l’exemption de Fécamp **.
la bulle du 30 novembre 1012, publ. ibid., 1579-1581 (JArFÉ, 3991), est fausse (GAUTIER, dans Le Moyen-Age, 1909, pp. 267-270 et 283).
37. Il semble bien, cependant, que la bulle ait été accordée à la suite d’un voyage de Guillaume de Volpiano à Rome; Benoît VIII, en effet, s'exprime ainsi dans l’exposé de la bulle : « Sed quia carus est Lam tibi quam nobis et fidelis nuntius quem direxisti... » (référence note suivante); ce nuntius est très probablement Guillaume, mais le texte précise qu'il agit en qualité d’envoyé de Richard II et non pas en tant qu'abbé. Notons que la Vie de Guillaume et le Chronicon de Saint-Bénigne, qui nous relatent d’autres voyages de Guillaume à Rome (en 996, Chronicon, éd. Bou- GAUD, p. 136; entre 1003 et 1009, AASS. O.S.B., VI, I, p. 330), ne citent pas celui-là. Par contre, le Liber de Revelatione (texte infra, p. 59, n. 65) y fait une allusion précise; Sackur l’admet (op. cit., LPSbDaAOtet 7 ner): ;
38. PrLucx-HarTruNG, Acta pontificum inedita, I, 10 (JAFFÉ, ho15) : « … Te et ecclesiam que a patre tuo fundata est in honore deifice Trinitatis et domum tuam et omnia que juris lui esse videntur, per hujus nostri privilegii paginam sub patronicio beali Petri, apostolorum principis, et nostra nostrorumque successorum benedictione et sanctificatione constituimus, ut nullius violentia tui honoris terminos, qui tibi successionis jure debentur, violari vel minui permittamus. Hoc eliam decernimus, constituimus, jubemus ul nullus episcoporum audeat excommunicationis jaculo te vel ecclesiam tuam vel aliquem ex his de quibus justiliam facere volueris impetere, nisi ante sedem apostolicam justa et legalis conveniensque discussio hinc facta fuerit.. » Cette bulle nous à été conservée par une copie de Dom Le Noir (Bibl. Nat., coll. Moreau, vol. 19, f° 111) faite d’après le cartulaire perdu du XIIe siècle. Pflugk-Haritung, inquiet de la formule de date ainsi