‹ Étude sur les Réactions Biologiques de la TuberculoseChapitre 10 sur 16 · LES REACTIONS DE FLOCULATION · texte numérisé non relu

LES REACTIONS DE FLOCULATION

Si la réaction. de déviation du complément se base sur un principe de spécificité biologique, les méthodes de floculation paraissent purement empiriques. Il s’agit simplement de déceler dans le sérum une propriété particulière vis-à-vis de substances n'ayant aucun rapport biologique avec l'infection tuberculeuse. Il semble seulement que le sérum des malades atteints de certaines affections chroniques présentent un certain déséquilibre colloïdal. Ce déséquilibre consiste en une facilité avec laquelle les protéines sériques entrent en floculation.

Or, ce déséquilibre paraît spécifique à chaque infection et la floculation n’est pas invoquée par la mëême substance dans la tuberculose et dans la syphilis par exemple.

Un grand nombre de techniques ont été proposées pour la réaction de floculation de la tuberculose : méthodes de Darany1i, de Sacs et KLopsrocx, de LANGE et HEUER, etc... Nous ne retiendrons cependant que la méthode de VERNES qui provoque la floculation par la résorcine et qui apprécie la floculation à l’aide d’un photomètre spécial. En France, c'est le seul procédé utilisé et même à l'étranger c'est celui-ci qui paraît avoir donné les meilleurs résultats (PINNER).

La technique de VERNES est parfaitement réglée et standardisée, de sorte qu’on peut admettre que tous

les résultats obtenus l'ont été dans des conditions rigoureusement identiques. Le procédé consiste à apprécier la densité optique du mélange sérum-résorcine immédiatement après leur mise en présence et quatre heures après. De la valeur trouvée au deuxième examen, on retranche celle de la première lecture et l’on obtient ainsi un chiffre qui se situe sur une échelle allant de 0 à 150. Tous les sérums floculent, mais la floculation des sérums normaux ne doit pas dépasser 20. Entre 20 et 30 il y suspicion croissante de tuberculose. Au-delà de 30 la suspicion change en certitude, réserve faite de certains cas particuliers.

En effet, la spécificité de la réaction n’est pas rigoureuse. Sans aller jusqu’à la lui dénier complètement, comme l’a fait PRuNELL, il faut montrer que dans certains cas définis elle peut être positive, sans qu'il y ait la moindre trace de tuberculose. Le premier cas est la syphilis. Bien que la réaction à la résorcine soit indépendante de la réaction syphilitique au péréthynol, la première est généralement positive au début de la syphilis, alors que la réaction au péréthynol est encore inexistante (phase préserologique). Cependant, cette phase est très brève et le diagnostic est souvent facile à faire grâce à l’existence du chancre, qui est l’élément de diagnostic à cette période. De semblables augmentations de la valeur photométriques à la résorcine peuvent se voir au cours de certaines maladies infectieuses aigüs, comme la fièvre typhoïde par exemple, de même après l’ingestion de barbituriques (communication verbale de l’auteur).

D'ailleurs, il importe d'’insister sur le fait, ici, comme pour la réaction de fixation du complément, qu'un seul examen n’a aucune valeur. Ce qui est caractéristique, c'est la persistance d’un taux photo-

métrique élevé. Les évolutions de la courbe photométrique permettrait des déductions pronostiques. La courbe affecte une allure descendante lorsque l’évoluüon de [a maladie est favorable et elle tend à augmenter lorsqu'il y a aggravation. Un seul chiffre ne peut, par contre, fournir ni d'indication diagnostique, ni de renseignement pronostique.

La réaction de VERNES a été vérifiée sur un très grand nombre de sujets. VERNES, Brico et GAGERr ont réuni 6.000 cas, Urrorrz et Jacquor 1240 et dans tous le taux photométrique semblait proportionnel à la gravité de la maladie. Ces résultats ont été confirmés par Jocrnain et BocAGE, par PArior et Lévy, par LEULLIER, etc...

- La réaction à la résorcine est aussi intéressante dans les tuberculoses chirurgicales que dans les lésions pulmonaires (LEQUEU et VRIGNAUD).

Enfin, il faut noter que dans les méningites tuberculeuses le Vernes résorciné est souvent négatif dans le sang et positif dans le liquide cephalorachidien (VERNES : communication verbale).

La séro-floculation à la résorcine présente donc des avantages incontestables sur tous les procédés envisagées jusqu'ici. En bien examinant les choses, ces avantages sont surtout d'ordre pronostique. En effet, la réaction de VERNES n'ast pas un test de tuberculisation. Touzzec et Joczy ont montré, en pratiquant des épreuves systématiques sur les tirailleurs sénégalais et en comparant les résultats avec ceux de Ja cuti-réaction à la tuberculine, qu'un taux élevé de floculation peut co-exister avec une cuti-réaction négative.

En somme, la réaction de VERNES ne peut dépister

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