‹ Étude sur les Réactions Biologiques de la TuberculoseChapitre 13 sur 16 · VALEUR DIAGNOSTIQUE PRATIQUE DES REACTIONS BIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

VALEUR DIAGNOSTIQUE PRATIQUE DES REACTIONS BIOLOGIQUES

Après avoir passé en revue les principales réactions biologiques de la tuberculose, nous allons tenter de résumer rapidement les conclusions pratiques qui découlent de leur étude. Une telle récapitulation est loin d’être facile car les divers procédés préconisés ont été étudiés très diversement. Certains, comme la réaction de déviation de complément et la réaction de floculation ont fait l’objet de véritables enquêtes extrêmement étendues. D'autres, par contre, et peut-être aussi intéressantes, n’ont guère franchi les limites du laboratoire et n'ont été essayées que sur un petit nombre de malades. Cette récapitulation devra donc être faite sous la réserve de cette inégalité fondamentale.

Nous n'envisagerons dans ce chapitre que la valeur diagnostique des réactions biologiques. Autrement dit, nous allons examiner quelle est la réaction qui permet d'affirmer la nature tuberculeuse d’un syndrome clinique donné.

On peut dire dès maintenant qu'il n'existe aucune réaction biologique qui soit à la tuberculose ce que la réaction de WassErmanx est à la syphilis. On ne peut actuellement rien que par un examen de sang, dire que tel individu est tuberculeux et tel autre ne l'est pas. Nous avons dit dès le début de ce travail qu'à partir de la deuxième enfance et dans les milieux

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urbains tout le monde est tuberculeux dans le sens biologique du terme, c'est-à-dire que tout le monde a été en contact avec le virus tuberculeux. Pour déceler cet état d'infection latente, la cuti-réaction à la tuberculine est de loin le meilleur procédé. Sa spécificté est pratiquement absolue et sa sensibilité est extrême. A l’état actuel de nos connaissances, tout individu présentant une réaction tuberculinique positive peut être considéré comme biologiquement tuberculeux.

C'est précisément cette sensibilité extraordinaire qui enlève beaucoup de la valeur pratique de l'épreuve à la tuberculine. Un si grand nombre d'individus étant pratiquement tuberculeux, la cuti-réaction ne permet guère de distinguer ceux qui présentent une tuberculose clinique de ceux qui sont tuberculisés dans le sens biologique du terme.

Les réactions d’agglutination et de fixation du complément, permettant un dosage de l’état de tuberculisation, devraient donc être théoriquement capables d'une telle distinction. Or, pratiquement il n’en est rien. Il nous semble qu'on peut éliminer d'emblée la réaction d’agglutination de peu d'intérêt pratique. A cause peut-être de sa technique délicate.

Il nous reste à examiner la réaction de déviation du complément qui est certainement le plus spécifique après la cuti-réaction. Sa sensibilité serait aussi grande que celle de cette dernière, mais on l’atténue en employant de petites quantités de sérum par rapport à l’antigène et en opérant avec un complément exactement titré. C’est certainement cette réaction, surtout selon la technique de BESREDKA, qui est actuellement le test le plus spécifique de la tuberculose.

Malgré sa grande spécificité comparée à celle des autres réactions, la réaction de fixation de la tuberculose reste très au-dessous de celle de la syphilis. Pour la rendre aussi sûre dans son application à la tubercu-

lose, il faudrait la compliquer à l'excès par des procédés de saturation des anticorps. Sous cette forme, la réaction perdrait toute possibilité d'utilisation pratique.

La réaction de floculation à la résorcine semble heaucoup moins spécifique que la précédente. Quant aux épreuves de sédimentation, elles n’ont aucune prétention à la spécificité et leur intérêt n’est pas là. Notons d’ailleurs qu'il n’y a pas une limite nette entre réactions spécifiques d’une part et tests empiriques d'autre part. Toutes sont destinées à mettre en évidence une modification de l’état physico-chimique du sérum. Selon le procédé mis en œuvre cette modification est plus ou moins facilement décelable et se distingue plus ou moins facilement des modifications analogues déterminées par d’autres maladies.

En défimitif, il ne faudra pas trop demander aux réactions biologiques dans la tuberculose, ce ne seront que des méthodes adjuvantes, qui serviront à confirmer un diagnostic hésitant que la clinique, la radiographie et l’examen des crachats n'auraient pu élucider.

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