DUPUIS
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LA REACTION TUBERCULINIQUE
Lorsqu’en 1891 Robert Kocx découvrit le phénomène qui porte son nom, ce fait lui parut particulier à la tuberculose. Ce n’est que beaucoup plus tard, à la suite des travaux d’ArTaus sur l’anaphylaxie locale et ceux de von PIRQUET sur l'allergie cutanée que le phénomène de Kocx a pu trouver place dans un cadre plus général.
Nous n'’envisageons pas, bien entendu, ici le phénomène de Kocx expérimental tel qu'on le provoque chez les animaux tuberculinisés, mais seulement la cuti-réaction à la tuberculine qui en est une forme particulière. Il nous semble inutile de décrire en quoi cette réaction consiste, ainsi que ses diverses techniques. ,
Ce qui nous importe ici c’est l’essence biologique de cette réaction. Ce qui est certain, c'est qu'il ne s’agit pas d’une réaction d’immunité, mais bien plus d’une réaction de sensibilisation. Si nous voulions entrer ici dans les détails de cette discussion, il nous faufdrait recommencer tout le problème de l'allergie et de l’immunité tuberculeuse. Si la cuti-réaction à la tuberculine est une réaction de sensibilisation, elle indique simplement que l'organisme a été déjà en contact avec les protéines du bacille tuberculeux.
Ce qui est un peu particulier à la cutiréaction à la tuberculine et qui ne permet pas de la confondre
avec les phénomènes d'anaphylaxie locale, c’est le fait que la tuberculine peut la déclancher seulement, mais elle est incapable d’y préparer l'organisme. Une autre différence est l'impossibilité de la transmission passive de la sensibilité à la tuberculine.
Actuellement, tout au moins dans les milieux urbains,, tout adulte présente une cuti-réaction positive, sans qu'il y ait chez lui trace d'infection tuberculeuse manifeste. Chez l’adulte, sauf quelques rares cas, la valeur diagnostique de cette réaction est donc nulle. Nous verrons plus loin qu’elle peut parfois posséder une signification pronostique.
Par contre, chez le jeune enfant, la cuti-réaction à la tuberculine est la base même du diagnostic de la tuberculose. Un enfant, suspect de lésions bacillaires, et présentant une cuti-réaction négative, ne peut être tuberculeux. À côté de cette valeur de la réaction négative qui, dans une certaine mesure, peut persister aussi chez l'adulte, la cuti-réaction positive possède également une valeur diagnostique chez l’enfant jeune. in effet, jusqu'à l’âge de deux ans, la positivité de la réaction tuberculinique constitue une très forte présomption en faveur de la nature bacillaire du syndrome clinique.
Une réserve importante concerne les faits d’anergie. Au cours des tuberculoses aiguës ou des poussées graves de tuberculose pulmonaire, la cuti-réaction disparaît. C’est ici que la réaction tuberculinique peut posséder une certaine valeur pronostique. Sa disparition chez un tuberculeux avéré est en effet du plus fâcheux augure et semble témoigner un fléchissement des forces de résistance de l’organisme.
in somme, la cuti-réaction à la tuberculine possède une certaine valeur pratique dans trois cas
1° valeur négative chez les individus bien portants,
DS
2° valeur positive chez le jeune enfant
3° signification pronostique en cas d’absence dans les tuberculoses graves.
Certains auteurs ont insisté sur ce que Jousser appelle « l’anergie accidentelle ». On sait déjà qu’au cours de certaines maladies infectieuses la réaction allergique peut disparaître, il en est ainsi de la rougeole, la coqueluche, etc... Il convient d’y ajouter le kala-azar (D'OEcsmrz). L'’hyperthermie, déterminée par une injection de vaccin abolit aussi temporairement la réaction à la tuberculine (GERNEz et MarcHaAN- DISE). Ces mêmes auteurs ont constaté des variations selon l’existence de troubles nerveux ou vasomoteurs. L'état endocrinien peut également influencer sur cette réaction (PLATONOF).
De même CouLaup a insisté sur le rôle de l’hyperthyroïdie dans les éclipses de l’allergie et sur les phases anergiques correspondant aux étapes de la vie génitale chez la femme.
SoREL cite des cas de tuberculose osseuse avérée ou des cuti-réactions répétées furent trouvées négatives.
Cependant, malgré ces cas de négativité, la cutiréaction n'exposerait d’après certains auteurs (Uxs- HELM) à méconnaître la tuberculose que dans 2,5 % des cas.
Pour d’autres auteurs la cuti-réaction serait négative chez l’adulte jeune plus souvent qu'on ne l’admet généralement (théorie de la primo infection). Ceci est vrai surtout pour les individus d’origine rurale (TroisiER, BARIETY, et Nico, DÉBÉNEDÉTI et Forer). Ce n’est donc que dans les grandes villes que la positivité de la cuti-réaction tuberculinique constituerait un phénomène banal.