LES REACTIONS D’AGGLUTINATION ET DE PRECIPITATION
La réaction d’agglutination qui constitue un moyen de diagnostic si spécifique et si sensible des affections typhiques et paratyphiques, n’a pas manqué de tenter les chercheurs en vue d’une application à la tuberculose. Dès 1898, Dusarp et ARLoOING ont constaté que le sérum des tuberculeux agglutinait le bacille de Kocx. Par la suite, ARLoING et COURMOoNT ont tenté d'appliquer ce fait au diagnostic de la tuberculose.
Voici les résultats obtenus chez l’adulte, par ArLoINc et COURMONT :
1°) chez les tuberculoses dites médicales la séroréaction est positive 90 fois sur 100 chez les malades cliniquement tuberculeux. Elle décèle encore 35 % de tuberculose latente et 25 à 40 % chez des sujets sains en apparence présentent une séro-réaction positive.
2° Dans les cas de tuberculose chirurgicale la réaction a été positive 76 fois sur 100.
Chez les lupiques, 24 sur 32 ont agglutiné (NicoLas et CouURMoNT).
Mais beaucoup d'auteurs, qui ont répété les expériences de CourMonr et d’ARLOING, dénient toute valeur à cette réaction. Il lui ont reproché d'être souvent positive chez des sujets ne présentant aucune trace clinique de tuberculose et chez des malades atteints d’affections aiguës telles que la fièvre typhoîïde.
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D'après les recherches de Kocx, confirmées par ARLOING, les agglutinines existent chez la plupart des sujets normaux, même exempts de toute infection tuberculeuse, dans le sens biologique. Cette réaction n'a donc même pas la signification que la réaction à la tuberculine.
FoRNET a pensé que le comportement particulier du bacille de Kocu est dû à l'enveloppe lipidique de ce microbe et cet auteur a mis au point un procédé qui permet de débarrasser le bacile de son enveloppe. Ce procédé consiste à exposer le bacille à des vapeurs d’éther. Les microbes ainsi traités permettraient le séro-diagnostic de la tuberculose. L’agglutination existe, à vrai dire, chez tous sujets, mais son taux ne dépasse jamais chez ceux-ci 1 p. 60. Entre le taux de 1 p. 60 et 1 p. 100, il y a forte présomption pour un processus tuberculeux et au delà 1 p. 100 il existe toujours une tuberculose évolutive.
Forner a trouvé que son procédé donnait 93 p. 100 de résultats satisfaisants. KonLEr a étudié le procédé sur 1.000 malades de toutes sortes et d’après lui on ne peut affirmer l'existence d’un processus tuberculeux évolutif qu’au delà du taux de 1 p. 200. La spécificité de cette réaction paraît, d’après KonLEr, insuffisante et les tumeurs malignes, la maladie de Hopc- KIN, les actinomycoses et simplement les périodes menstruelles déterminent les taux d’agglutination très élevés.
L'existence de précipitines dans le sérum des tuberculeux a été constatée la première fois par BoNOME. Cet auteur a utilisé un extrait aqueux et glycériné de bacille de Kocx. Par la suite, BEZANGÇON et DE SERBON-
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NES ont constaté le même fait avec des filtrats, mais cette réaction leur semble dépourvue de tout intérât diagnostique. Telle est la conclusion de CALMETTE et Massoz, de VINCENT et CoMBE, etc...
Les divergences d'opinion au sujet de la spécificité de la réaction d’ArLonc peut s'expliquer par la difficulié de la méthode qui demande une technique précise, un observateur exercé, une interprétation critique dans ses applications cliniques.
En effet, ArLoING et CourMoNT ont insisté sur la nécessité d'opérer avec une culture bien homogène, d’une densité en microbes toujours amenée à un taux constant. Sans vouloir entrer dans ces détails, nous devons tout de même dire qu'ils ont fixé et décrit une technique minutieuse, qui n’a peut-être toujours été suivie par leurs contradicteurs. Ils n’ont pas manqué du reste de la signaler. Ce qui d’ailleurs vaut pour toutes les réactions d’agglutination, c’est que la réaction n’a de valeur qu'à partir du titre de dilution ou le sérum normal de l'espèce considérée ne donne pas cette agglutination.
Le serum des adultes agglutine normalement à un taux plus élevé que celui des enfants.
Quant à la question de savoir si une séro-réaction positive ne peut exister sans lésion tuberculeuse apparente c’est un point discutable. En effet une tuberculose antérieure qui avait passée inaperçue, et qui a évoluée vers la guérison a pu laisser ici sa signature serologique.
Si une affection aigüe comme la typhoïde peut donner une réaction positive, il faut se rappeler que ces
affections peuvent réactiver les propriétés humorales dans les tuberculoses latentes ou cicatricielles.
En résumé, nous pouvons dire que si les réactions d’agglutination ne sont pas d’un usage courant en sérologie tuberculeuse, c’est peut-être autant par leur difficulté d'interprétation correcte que par leur manque de spécificité.