‹ Étude sur les réflexes pupillairesChapitre 16 sur 65 · D’après Brown-Séquard et Ch. Henry, Pégalité pupil · texte numérisé non relu

D’après Brown-Séquard et Ch. Henry, Pégalité pupil

Jlaire peut être troublée, il peut y avoir anisocorie

si l'éclairage des deux yeux est d'intensité différente.

Après section du grand sympathique on observe encore de l’anisocorie, mais néanmoins le réflexe photopupillaire n’est pas troublé et a toujours la même intensité. La section du grand sympathique cervical produisant la dilatation de la pupille du côté correspondant, cette pupille continuera à se dilater sous l'influence de Ja lumière, mais cette deuxième dilatation, précisément égale à celle du côté sain, s’ajoutera à la dilatation déjà notée après la section du grand sympathique cervical, d’où l’anisocorie. L’action réflexe a toujours la même

intensité des deux côtés.

24. Pour que la vision soit distincte, il faut, non seulement que les images se forment distinctement sur la rétine, mais il faut encore que leur intensité lumineuse soit en rapport avec la sensibilité de la rétine. Cette sensibilité de la rétine variant avec les personnes on s’explique en partie les différences de grandeur des pupilles chez les divers sujets.

Les paupières concourent bien, elles aussi, au réglage de la lumière, mais leur action, plus faible que celle de la pupille ne fait que s’ajouter à celle de la pupille. Il y a d’ailleurs, le réflexe pupillo-palpébral, qui a, comme le réflexe photopupillaire, un rôle de défense. Ce rôle de défense n'est-il pas, d’ailleurs, le propre de tous les réflexes contre les inflaences cosmiques nocives ?

Aïnsi, la contraction pupillaire, sous l'influence d’une lu-

ue mière trop vive, a pour but d'empêcher un jet lumineux trop intense de venir sur la rétine qu’il blesserait en usant d’un seul coup l’érythropsine : après l’action d’une lumière trop vive n'’est-on pas, en effet, atteint de cécité très courte d’une durée de quelques secondes? Si l'action de la lumière se prolongeait trop, le pouvoir de nutrition des cellules de la rétine serait troublé, le rouge rétinien, par suite, se reproduirait mal et, comme conséquence, la vision serait confuse. On sait, en effet, que l’érythropsine disparaît aux points frappés par la lumière et qu'il se forme ainsi une véritable image photographique. On peut mettre cette image én évidence en soumettant à l’action d’une solution d’alun l’œil énucléé d’un lapin vivant expo- sé tout d’abord en face d’un objet très éclairé : sur le fond rose de la rétine on distingue fort bien tous les détails de l’objet.

Le réflexe de la pupille peut encore être produit par une excitation expérimentale du nerf optique.

Ainsi que nous l’avons déjà vu, on obtient la contraction simultanée des deux pupilles en excitant une seule rétine par la lumière. C’est le réflexe consensuel de Donders. On peut encore le produire en irritant expérimentalement un seul nerf optique.

Ce phénomène, d’après divers auteurs et Waller entre autres, serait dû à la décussation incomplète du nerf optique. On peut s’en rendre compte par le schéma que nous avons emprunté à Baas et qui se trouve au commence-

ment de notre travail.

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25. Un fait étonnant, c’est de voir se produire la photoréaction pupillaire chez certains aveugles.

« D'un autre côté, dit Walier (274, p. 547), on voit dans certains cas de cécité corticale complète, la pupille se contracter sous l'influence de la lumière, viâ nerf optique, ganglion de la base (tubercules quadrijumeaux anté-

rieurs) et nerf optique ».

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26. «La pupille, disent ViaultetJolyet (263, p.578, 579), est d'autant plus resserrée que la lumière est plus intense; les animaux qui chassent la nuit comme les chats, les hiboux, ont une pupille extrêmement dilatable qui permet à leur rétine de recevoir une quantité de lumière suffisante pour la vision là où l’œil de l’homme n’en trouve plus assez. »

Selon Segal (243), avec une augmentation de l'intensité jummeuse dans une progression géométrique, la grandeur de la pupille diminue dans une progression arithmétique.

27. D'après ce même auteur, les divers rayons du spectre ont une influence différente sur le réflexe pupillaire. L’influence de la lumière colorée sur la pupille irait en diminuant en allant du jaune au bleu d’après l'échelle suivante : Jaune, vert, orangé, rouge, bleu.

28. D’après Drouin (74), la réaction photopupillaire serait, en outre, proportionnelle à la sensibilité des parties de la rétine éclairées, Ainsi, en n’éclairant que la macula, le diamètre pupillaire est plus petit qu’en éclairant le disque

optique.

29. Chez les animaux supérieurs, la lumière agit sur l’iris surtout par voie réflexe.

Mais, néanmoins, les fibres lisses de liris peuvent être encore impressionnées directement par la lumière. Certains physiologistes n’admettent pas cette action directe chez l’homme. Ils ne veulent la reconnaître que chez les animaux inférieurs puisque chez ceux-ci Brown-Séquard l’a mise en évidence par des expériences concluantes que nous allons décrire. Mais, ces physiologistes oublient que, même après la mort, les pupilles se contractent sous influence de la lumière or, tout le monde sait qu’après la mort l’excitablité musculaire survit aux fonctions nerveuses qui, elles, disparaissent les premières.

Brown-Séquard ayant énucléé les yeux à des qrenouilles et à des anguilles put obtenir sur ces yeux fraîchement séparés de l’organisme Jes phénomènes photo-pupillaires. En une heure, il obtenait de cinquante à cent dilatations et resserrements de la pupille en plaçant successivement ces yeux à la lumière et à l’obscurité. Brown- Séquard obtenait les meilleurs résultats en se servant des rayons jaunes. Enfin, pour démontrer que l’action de la rétine sur l'iris était nulle dans ses expériences, il a procédé de la façon suivante : Au moyen d’un diaphragme approprié, s’il ne laissait arriver la lumière que sur la rétine, il ne produisait aucune réaction du côté des pupilles, De ces expériences, Brown-Séquard en conclut que l’on peut produire directement les mouvements pupillaires en agissant sur les fibres lisses de liris. Cela prouverait donc que l'iris, soumis à l’influence des vibra-

tions lumineuses, y réagit probablement grâce à des

Hs ganglions inconnus aujourd’hui qui seraient cachés

dans son épaisseur.

30. D’après Giraud-Teulon (4014), l'habitude d'exercer la vue sur des objets peu éclairés peut amener la mydriase c’est-à-dire qu’alors, la pupille très dilatée reste insensible à lPaction de la lumière.

Inversement, d’après le même auteur, l’habitude d'exercer la vue sur des objets très éclairés et très petits, peut amener le myosis, c’est-à-dire une rupture d’équilibre entre les fibres radiés et les fibres circulaires avec

prédominance de celles-ci.

31. La lumière rétrécit la pupille. Ce fait nous permettra de distinguer si une personae dort ou simule le sommeil. Dans le sommeil, la pupille est en état de myosis et se dilate quand on ouvre l’œil du dormeur. Le contraire se produit chez le simulateur chez lequel la pupille

réagit comme chez le sujet sain éveillé.

32. Chez le nyctalope, le réflexe de la pupille à la lumière est plus énergique que chez le sujet sain et produit une contraction beaucoup plus énergique que chez ce dernier pour une même intensité lumineuse.

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