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CHAPITRE III

Réflexe de la pupille à l’accommodation et à la convergence.

63. Quand lœil est adapté à l'horizon, il est à « l'état indolent » et les pupilles sont dilatées. Cest le repos de Pœil et les lignes du regard sont parallèles. Maïs si l’œil veut s'adapter pour Îla vision d’un objet rapproché et petit les lignes du regard convergent et la convergence est d'autant plus grande que l’œil s’accommode pour un objet plus rapproché. Dans l’accommodation de l’œil pour la vision des ohjets rapprochés on constate de la contraction pupillaire.

Le degré de contraction pupillaire est proportionnel à la convergence des axes optiques. Persival (196) expose cette opinion de Donders d’après laquelle on observe, quoique varian( avec les sujets, « que pour chaque dioptrie d’accommodation il y aun degré correspondant de convergence » et que lorsque l’accommodation est nulle, la divergence l’est aussi. Il ÿ aurait même alors tendance à la divergence. Et Hess (128) a formulé une loi qui porte son nom et que voici : « À chaque état de conver-

gence, correspond un certain état de lPaccommodation

re qui, si la convergence persiste, peut augmenter ou diminuer dans certaines limites.

L’étendue de cet accroissemert ou de cette diminution de l’accommodation est sensiblement la même pour tous les degrés de convergence ; en d’autres termes, l’espace dans lequel l'accommodation et la contraction du muscle ciliaire peut être connue par l’état correspondant de la convergence, est indépendant du degré de la convergence absolue, suivant les variations du punctum proximum ou

du punctum remotum ».

64. Technique pour la recherche du réflexe de la pupille à Paccommodation et à la convergence. — En pratique, on examine le réflexe à l’accommodation en même temps que le réflexe à la convergence. En laissant pour le moment de côté la question des rapports qu’affectent entre eux ces deux réflexes, nous ferons observer qu’au point de vue clinique il est indifférent, si l’on recherche l’un ou l’autre. On peut donc, pour constater l'existence du réflexe à l’accommodation, engager le malade à lire un texte donné où à regarder fixement un objet indiqué, après avoir fixé la ligne du regard dans la: même direction que celle qui est nécessaire pour l'accommodation. Mais il sera difficile d'exclure, au moment de cette épreuve, tout mouvement de convergence. — Au contraire, pour constater l’existence du réflexe à la convergence, 1l suffit de faire regarder le malade d’abord au

lom, puis de lui faire reporter le regard vers un objet

roue rapproché. Il va sans dire que l’éclairage doit rester le

même et invariable pendant l’une ou l’autre de ces épreu-

ves (H. Frenkel, note inédite).

65. La pupille se contracte ou se dilate selon le degré d’accommodation ou de convergence des axes optiques, car l'iris puise son innervation aux mêmes sources que le muscle ciliaire qui est le muscle de l’accommodation. Aussi, pouvons-nous définir le réflexe pupillaire à l’accommodation et à la convergence, un mouvement de Ia pupille involontaire et inconscient de rétrécissement ou de dilatation proportionnel au degré de rapprochement ou d’éloignement des objets examinés et selon le degré

de convergence des axes visuels.

66. En 1752, Verdier parlait déjà de la dilatation et du resserrement de la pupille suivant l’approche ou l’éloignement des objets comme d’un phénomène connu depuis longtemps. De même Jean Janin (137) expose que la pupille se dilate quand on examine un objet éloigné et qu’elle se resserre quand on examine un objet voisin. Delahire, Haldat, Treviranus, Pouillet, Wright expliquaient le mécanisme de l’accommodation par l’isochronisme des mouvements pupillaires avec elle. Il en a été ainsi jusqu’à ce que Rouget ait découvert le muscle ciliaire (Delamarre,

65). Ces auteurs ignoraient, en effet, le mécanisme des

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mouvements du cristallin et conséquemment la synergie fonctionnelle existant entre les mouvements du muscle ciliaire faisant varier les courbures du cristallin pour adapter l’œil aux diverses distances, et les mouvements de la pupille. Cette synergie fonctionnelle est très compréhensible quand on sait que ce sont les mêmes filets nerveux et les mêmes régions du système nerveux qui président aux mouvements du muscle ciliaire et de la pupille.

Voici, d’après Giraud-Teulon (104, p. 108), l'exposé de la théorie de Treviranus et Pouillet : « Quand la pupille est très resserrée, toute source lumineuse, éloignée ou rapprochée, fournit, à la sortie du cristallin, ün faisceau éminemment effilé et qui peut être coupé par la rétine un peu plus en avant du sommet mathématique, ou un peu plus en arrière de lui, sans nuire d’une façon appréciable à la netteté de l’image. Quand l’objet est rapproché, la pupille est physiologiquement resserrée et la vision suffisamment nette, quoique la rétine se trouve en avant du sommet vrai des faisceaux centraux. La vue se portet-elle, au contraire, sur un endroit plus éloigné, celui-c n’est plus assez éclairé si la pupille ne s’élargit ; elle s’agrandit donc, mais alors les rayons marginaux viennent converger plus près du cristallin, exactement sur la rétine, si l’objet est à l’infini, ou du moins à l’extrême portée de la vue. Et s’il n’y a pas ainsi confusion dans les images, c’est qu'à celte distance encore les faisceaux centraux sont assez eflilés et minces pour que leur foyer physique puisse, sans cercles de diffusion, se marier aux

sommets des faisceaux marginaux »,

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Mais, ajoute Giraud Teulon, « si la pupille, par ses mouvements, était seule en jeu dans le phénomène de l’adaptation aux distances variables, une pupille rétrécie qui exclut les rayons marginaux et permet de voir les objets rapprochés, n’altérerait en rien la distance locale pour les objets éloignés. Ce rétrécissement, nécessaire pour que le foyer conjugué des objets rapprochés devienne net, ne devrait donc nuire, en rien, à la netteté de l’image de l’objet plus distant. On devrait donc, dans le cas de la vision rapprochée, voir encore nettement les objets éclairés, suffisamment éclairés, et le rétrécissement pupillaire n’agirait que comme,.un correctif pour la vision de près, sans pouvoir devenir jamais un empêchement pour la vision de loin. En un mot, le cas serait celui de la vision de V’épingle rapprochée dans l’expérience de Muller. A (ravers le trou d’épingle, et lorsqu'on vise l’épingle placée le plus près, on voit toujours très nettement l’épingle éloignée, et cependant le diaphragme ne laisse passer que bien peu de lumière. Or, dans la vision naturelle, il en est tout autrement ; et quand la pupille est au degré de réduction qui permet de voir distinctement la plus rapprochée, la plus éloignée n’est pas seulement mal éclairée, elle est fortement diffuse. Or à quelque distance que vous les meltiez l’une de l’autre, quand vous les regardez à travers le trou d’épingle, toutes les deux sont à la fois également visibles, quelle que soit celle que l’on fixe. L'expérience de Muller a donc, ce que l’on n'avait peut-être pas assez remarqué, non seulement démontré la réalité d’une accommodation de lPœil aux dis-

tances différentes, mais elle fait voir encore que cette

accommodation est ind‘pendante de la grandeur de la pupille ».

En 1876, Drouin (73) essaya de démontrer qu'il n'y a pas de rapport direct entre l’état d'’accommodation de

l’œil et le diamètre de la pupille.

67. À l’état physiologique, il y a une heureuse harmonie entre l’action du muscle ciliaire et des muscles de liris.

Mais dans certains états pathologiques, cet équilibre peut être troublé.

Ainsi, chez les presbytes on observe une pupille en état de myosis ou de contraction exagéré alors que le muscle ciliaire ou muscle accommodateur est relâché. Giraud-Teulon attribue cet état à une faiblesse relative du système nerveux rachidien.

Dans la myopie on observe le trouble inverse : iris relâché sous l'influence d’une hyperactivité sympathique ou ganglionnaire et muscle ciliaire contracté.

Aussi, d’après Jaboulay cité par M. Frenkel (87, p. 26) « la section du sympathique aurait encore pour effet la diminution de la myopie quand elle est forte et l’amélioration de la vue pour le lointain ».

Tous les ?ctes de l’accommodation sont sous la dépen dance des rameaux ciliaires de l’oculomoteur. L'action ciliaire et l'action pupillaire sont soumises à la même influence. La contraction pupillaire est sous la dépendance

du moteur oculaire commun, sa dilatation sous celle

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