‹ Étude sur les réflexes pupillairesChapitre 31 sur 65 · L’irritation du noyau du moteur oculaire commun · texte numérisé non relu

L’irritation du noyau du moteur oculaire commun

par l’hyperactivité circulatoire de l’encéphale provoquerait,

d’après certains auteurs, chez les agités de la contraction pupillaire, tandis qu'on aurait pu observer de la dilatation pupillaire chez les calmes.

133.Chez lesidiots et dans lastupid ité on trouve de la dilatation pupillaire. Etoc-Demozy (77) l’attribue à la compression exercée par la boîte crânienne trop petite pour contenir un cerveau ædématié et infiltré de sérosité.

134.Dans la méningo-myélite, au stade de début oustade d’excitation, on observe dela dilatation des pupilles et plus tard de la contraction quand la moelle est détruite.

135.Dans l’épilepsie on observe de la dilatation des pupilles des deux côtés et cette dilatation est proportionnelle à l’intensité de l’accès. D'ailleurs l'accès est précédé et annoncé par la dilatation des pupilles. De plus, le réflexe à la lumière, absent pendant l’attaque, existe en dehors des accès.

On peut produire expérimentalement tous les phénomènes de l'attaque de morbus sacer en électrisant l’écorce grise. « Ainsi, disent Viault et Jolyet (263, p. 797), si, au lieu d'employer des courants modérés, on emploie des courants intenses, leur application, même en un point quelconque de l’écorce provoque une attaque d’épilepsie franche ou larvée (si l'emploi du curare empêche la manifestation des convulsions), mais accompagnée constamment dans les deux cas d’une dilatation pupillaire. On peut donc dire que l'irido-dilatation constitue un signe formel d’épilepsie même sans convulsions. Au contraire, l’irido-constriction est toujours une réaction simple des excitations corticales et ne s’observe que dans

les excitations limitées aux régions 12 et 14 de Ferrier.

Comme pour les effets cardiaques et vaso-moteurs, il n’y a pas lieu d'admettre pour les réactions oculo-pupillaires,des centres corticaux au sens propre des mots, mais simplement des points de départ qui ne sont même pas probablement spécialisés en irido-dilatation et irido-constriction, mais qui agissent indifléremment dans l’un ou Pautre sens, suivant les conditions de l’expérience ».

136. Les variations cutanées et sensorielles sont sans influence sur le myosis paralytique.

137. Un anévrysme, une tumeur du voisinage, peuvent, en excitant le centre cilio-spinal provoquer des mouvements pupillaires.

138. Drouin a constaté, dans un cas d’anévrysme de l'aorte abdominale, une dilatation des pupilles qu’il attribue à l’irritation du yrand sympathique et des nerfs rachidiens causée par la présence de l’anévrysme.

139. Dans les asystolies qui peuvent se produire au cours des diverses affections cardiaques on observe du myosis. Giovanni (100) en attribue la cause à une paralysie du sympathique consécutive à la sclérose progressive des ganglions cer vicaux. Celte sclérose, due à une néoformation conjonctive, comprimerait puis détruirait les éléments nerveux des ganglions. Elle serait consécutive à la congestion chronique de ces ganglions, congestion provoquée par la stase des jugulaires.

140. Dans la colique de plomb, on observe de la dilatation des pupilles due, d’après certains auteurs à l’irritation des nerfs sensitifs et d’après Fernet (79), qui s'appuye sur une observation, à une névrite du nerf optique. L’irrita-

tion du sympathique abdominal par le plomb produirait

encore de la mydriase. Ainsi, Drouin rapporte une observation de Kussmaul et Maier d’après laquelle à lautopsie d'un saturnin, on put voir une sclérose des ganglions cœliaques et du ganglion cervical supérieur.

141. Dans l’helminthiase on observe une mydriase très prononcée, causée par l’irritation du tube digestif par les helminthes.

142. Pisenti (210)a pu produire chez un malade atteint d’otite moyenne chronique un réflexe de la pupille en faisant le cathétérisme de la trompe d’Eustache et en insufflant de l’air dans la caisse du tympan. Ce réflexe se traduisaif par de lhippus, c’est-à-dire par des dilatations et des contractions alternatives de la pupille se succèdant très vite les unes aux autres.

Pour expliquer ce réflexe, Pisenti fit trois hypothèses. Il attribua ce phénomène pupillaire à une irritation des filets terminaux du trijumeau qui se trouvent dans la muqueuse des fosses nasales, irritation transmise ensuite à la racine sensitive du ganglion ophtalmique. II l’attribua encore à l’irritation des nerfs ethmoïdaux postérieurs et inférieurs, irritation transmise au moteur oculaire commun par l'intermédiaire du ganglion ophtalmique. Enfin, Pisenti pensa encore à «une irritation de l'oreille interne, par dilatation de la caisse du tympan, transmise de l’ampoule jusqu’au noyau de Deiters et de ce noyau à celui

de la VF paire et à l’oculo-moteur ».

148.« Les douleurs névralgiques, dit Canstatt (49), agissent comme les remèdes excitants appliqués sur les ramifications nerveuses de la pituitaire et de la conjonctive. Elles déterminent de violentes contractions réflexes de l'iris, qui finissent par épuiser l’action motrice, de telle sorte que, après les paroxysmes douloureux, cette membrane se trouve dans un état de relâchement de semiparalysie, et présente ainsi le phénomène de la my-

driase »,

144. L'emploi des pédiluves sinapisés et des dérivatifs intestinaux provoque une contraction puis une dilatation de la pupille. |

La strychnine produit la mydriase parce qu’elle cause des troubles de la respiration (Schiff).

En diminuant l’excitabilité de la rétine et en anesthésiant le trijumeau, l’atropine provoquerait, d’après Delamarre, de la mydriase accompagnée de la diminution ou d’abolition des réflexes de la pupille.

La nicotine dilate d’abord la pupille, mais pendant peu de temps, puis elle la contracte d’une façon prolongée et permanente. « Pendant cette seconde période, dit Waller reproduisant l’opinion de Langley et Dickinson, l’excitation du sympathique cervical ne produit aucun effet, tandis qu’une excitation au-dessus du ganglion cervical produit la dilatation habituelle de la pupille ».

Page 1