CHAPITRE VI
Réfiexe à l'attention de O. Haab.
147.E0 dirigeant l'attention sur un objet éclairé se trouvant déjà dans le champ visuel on peut, sans variations de la convergence et de accommodation, amener la pupille à se contracter d’autant plus que l’objet considéré est plus éclairé. Le réflexe ainsi provoqué paraît être d’origine purement corticale, aussi les Allemands lont-ils appelé Hirnrindenreflex. C'est le réflexe à l’attention de O. Haab (115). Ilest vrai qu'Heddœus en a fait un réflexe de l’accommodation.
148.En effet, d’après ce savant (123),le patient qui regarde droit devant lui ne tarde pas à relâcher son accommodation, car la fatigue accommodative survient. Quand on l’exhorte à fixer un point éclairé du champ visuel, les pupilles se contractent parce que de nouveau l’accommodation entre en jeu.
Mais, si, sans changer le degré d’asconmodation et de convergence des axes optiques, on ordonne au sujet de considérer avec attention un objet sombre se trouvant dans le champ visuel, on observera que les pupilles se dilatent,
Budge, d’après Piltz (205) rapporte l’observation d’un professeur nommé de Beer qui avait la faculté de rétrécir ses pupilles en se représentant l’image d’un objet éclairé et de les dilater en se représentant l’image d’un objet sombre.
Bechterew et Piltz ont pu répéter les expériences de O. Haab. Mais de plus, Bechterew se représentait une lumière qui n’existait pas, et par cette représentation mentale de lumière il obtenait un rétrécissement de la pupille ; mais il faut convenir que ce rétrécissement était moindre que celui obtenu en fixant l’attention sur un point éclairé se trouvant déjà dans le champ visuel, comme dans l’expérience de O. Haab. Le phénomène observé par Bechterew et Piltz était constant.
Ces deux processus, celui de Haab et celui rapporté par Piltz (205), sont tous deux d’origine cortico-cérébrale, tandis que les réflexes pupillaires ordinaires sont élaborés seulement par les ganglions encéphaliques. Il est, en effet, très rationnel d'admettre que l’attention, ou bien la représentation d’un objet, sont élaborés dans la substance cortico-cérébrale, et que, par suite, les réflexes pupillaires provoqués par l’application de ces deux facultés psychiques sont, eux aussi, d’origine cortico-cérébrale. Tout récemment, d’ailleurs, M. Roubinovitch (226) a constaté que l'effort intellectuel produit des variations du diamètre pupillaire.
On peut étudier le phénomène de O. Haab, soit sur soi-même, au moyen d’un miroir ou des images entopti-
ques, soit sur une autre personne.