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149. Pour examiner le phénomène de Haab, sur soimême,il est bon d’avoir des pupilles très sensibles.Chezles personnes d’un certain âge qui ont les pupilles paresseuses,ou bien chez celles qui sontatteintes d’unléger degré de rigidité de la pupille, cet examen est fort difficile et généralement négatif.Il faut encore accommoder son œil de
façon à ce que le champ visuel soit invariable afin d’éliminer l'influence de l’accommodation dans la production du péilexe.
Pour observer le réflexe d’après la méthode des images entoptiques, on procédera de la manière suivante : On s’assied dans une chambre noire, puis on place une lampe en avant et à côté de soi, sous un angle de 45°. Puis, regardant droit devant soi, on place à deux centimètres environ de l’œil droit, si la lumière est à gauche (et réciproquement), un écran percé à son centre d’un petit trou. Cela fait, on regarde avec les deux yeux un écran blanc placé devant l’observateur à la même distance que la lampe, mais tourné un peu de son côté, de manière que la surface en soit bien éclairée. Alors, on aperçoit l’image entoptique de la pupille qui s’offre sous l’apparence d’un petit disque blanc par un mécanisme similaire à celui qui permet de voir l’image de Purkinje. On aperçoit, avec l’œil droit, ce qui se passe dans le gauche, car le réflexe se produit avec la même puissance dans les deux yeux. Si on regarde la lumière on voit immédiatement le disque blanc entoptique diminuer d’étendue. Mais si, sans regarder la lampe, on tourne son attention sur un point de lécran après que l'œil et la pupille se sont bien accommodés pour
ce nouveau champ visuel, on voit également le disque
blanc diminuer d’étendue. Mais la contraction est fugace et ne se reproduit que lorsque l’observateur fait un nouvel effort d’attention, En se livrant souvent à cet exercice, on arrive à pouvoir fixer son attention plus longuement et, par conséquent, à donner plus de durée au phénomène.
On peut encore observer le réflexe de la pupille à lattention au moyen d’une glace concave qui, agrandissant l’image des pupilles, permet de saisir les moindres variations du diamètre pupillaire. Ce procédé a, en outre, l’avantage de permettre de constater les mouvements pupillaires des deux veux. La glace formant le champ visuel, on fixera, dans ce champ visuel, l’image de sa propre pupille qui se détache sous la forme d’une tache noire. Un œil sera éclairé, l’autre resiant dans l'ombre, ce à quoi on arrive plus facilement en mettant un doigt sur la crête du nez. Mais il ne faut pas gêner néanmoins l'œil ainsi placé dans l’ombre, pour voir, dans la glace, ce qui se passe dans l’œil éclairé. En se servant d’une lumière de faible intensité on constatera plus facilement le phénomène. Ainsi, en fixant l’image noire de la pupille réfléchie sur la glace, on notera une certaine dilatation de la pupille, et en fixant une image plus claire, on observera au contraire une contraction de la pupille.
On peut, d’après O. Haab produire le réflexe à l’attention avec n'importe quel autre procédé. En regardant, par exemple, un objet clair quelconque situé dans le
champ visuel. Mais le procédé de la lampe, dans la chambre noire, est le meilleur.
149 bis. On peut également observer le réflexe à l’attention sur une autre personne. Le| réflexe sera d’autant plus net que la personne sera plus jeune et plus habituée à ce genre d’exercice.Tout d’abord,en effet,il faut habituer le patient à fixer avec attention un point du champ visuel, sans variations de l’accommodation et de la convergence, Cest très simple. On ordonne au sujet de fixer un point du champ visuel, puis, comme lorsque l’on veut procéder à la délimitation de ce champ visuel avec le campimètre, on ordonne au sujet de lire un chiffre ou de dire s’il voit un objet placé à côté de lui dans le champ visuel et ce, non seulement sans bouger les yeux, mais encore sans faire le moindre effort. En répétant un certaim nombre de fois ce genre de manœuvre on arrive à dresser le sujet souris à l'expérience.
Il suffit alors de placer soit un objet clair soit un objet sombre dans le champ visuel pour observer une contraction ou une dilatation des pupilles, dès que l’on prie la personne examinée de tourner son attention sur ces objets. En faisant ainsi défiler devant ses yeux des objets plus ou moins clairs, on constate que le degré de contraction ou de dilatation de la pupille est proportionnet au degré de clarté ou d’obscurité du corps sur lequel s’es
porté l’attention.
150. Heddœus, comme nous l’avons déjà dit, assimilele phénomène de O. Haab à un simple réflexe de la pupille à l’accommodation. Mais, dit Haab, nous n’accommodons
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pas pour les objets observés par la vision mdirecte ; ce serait impossible puisque, déjà, le sujet en expérience aussi bien que nous-même, lixons un objet justement alin d'éliminer toute influence de l’accommodation. De plus, le réflexe ne parait pas dû à Pinfluence de la lumière, car les yeux sont toujours éclairés avec un même degré d’intensité.
Ce n’est pas, non plus, un réflexe dû à l'imagination comme dans les cas de Beer,puis de Budge (42),de Domrich, de Bechterew et de Piltz qui ont répété les expériences de Beer. En effet,0. Haab a bien vu des personnes qui dilataieut leurs pupilles par lPimagination, mais il n’en a rencontré aucune qui les contractât.
En résumé, on a aflaire ici à un réflexe faisant réagir les pupilles, réflexe qui n’est produit ni par la lumière, n1 par l’accommodation et laconvergence,ni par les excitations sensitivo-sensorielles dont nous avons étudié, dans les chapitres précédents, l'influence sur la pupille. Par conséquent, ce réflexe a pour point de départ une mani festation du psychisme cérébral, et on peut lui donner le nom de réflexe cortico-cérébral de la pupille.
En effet, en outre de ses relations avec les centres de la vision brute (tub. quadrij.) et les noyaux du moteur oculaire commun, la rétine est reliée avec les centres corticaux.
Or, quand l'œil est soumis à un certain degré d’intensité lumineuse,la pupille se met en harmonie avec ce milieu et garde un diamètre invariable tant que intensité umineuse du champ visuel ne varie pas, car, la rétine rece-
vant la quantité de lumière qui lui convient, elle n’a plus
de raisons de réagir et par conséquent d’amener la production d’un réflexe destiné à faire varier le diamètre de la pupille. Mais, que grâce à l’attention , les centres corticaux se substituent où s’ajoutent aux centres ganglion naires, 1l est tout naturel de constater la production d’un réflexe pupillaire. Ce réflexe est, purement et simplement, un réflexe à la lumière, réflexe dont le centre, au lieu d’être dans les ganglions est dans la substance corticocérébrale dont certaines fibres doivent partir pour se rendre au moteur oculaire commun et de là à la pupille par les voies optiques.
151. L’étude de ce réflexeet sa localisation dans les centres corticaux nous expliquerait jusqu’à un certain poin les phénomènes morbides pupillaires dans les maladies du cerveau. Nous savons, en effet, que les maladies de l’encéphale, à commencer par la paralysie générale, retenussent sur les réflexes de la pupille. Nous avons, croyonsnous, suffisamment étudié la question dans les chapitres précédents pour qu'il ne soit pas utile d'y revenir.
O. Haab estime que dans {es maladies qui atteignent les centres corticaux, il est de la plus grande utilité de rechercher son réflexe à l’attention et d’en faire alors une analyse exacte.
Si le réflexe fait défaut, on devra se rendre compte si l'impossibilité dans laquelle le sujet se trouve de fixer son attention n’en est point cause, ou bien si c’est dû à une
lésion des voies centrifuges ou centripètes ou bien des
— 136 = centres eux-mêmes (cerveau et cervelet). De plus, il peut être très utile de faire l’examen plusieurs fois, à différents intervalles, mais sans jamais fatiguer le malade. Quand le malade est fatiqué il ne peut, en effet, fixer son attention, et les mouvements de la pupille sont irréguliers et désordonnés.
Dans les maladies qui présentent de la rigidité pupillaire absolue, telles que le tabes et les diverses paralysies d’origine centrale, on n’observe pas le réflexe. Mais, tant que la pupille conserve sa mobilité, tant que le moteur oculaire commun ou le nerf optique ne sont pas lésés, on peut observer le réflexe à l’attention. O. Haab a pu, en effet, observer son réflexe chez des neurasthéniques et des hystériques malgré les troubles oculaires dont ils étaient affligés. Il en a constaté l’existence dans des cas de paralysie générale commençante et dans deux cas de paralysie de l’accommodation. Mais, en revanche il manquait dans un cas de paralysie des muscles de l’œil d’origine nucléaire malgré l'intégrité des mouvements pupillaires et de l’accommodation.
La recherche de ce réflexe parait fort utile pour établir le diagnostic chez les gens présentant les symptômes
d’une maladie du cervelet.
152. Heddœus a appliqué les procédés de O. Haab sur des gens atteints d’hémianopsie pour se rendre compte si
dans le symptôme de Wernicke on a affaire au réflexe à
l’attention,
« On exclut, dit Oswalt (189) résumant Heddœus, la mise en jeu du réflexe de Haab dans l'exploration du symptôme de Wernicke en faisant concentrer l'attention du sujet examiné sur l’objet fixé, en présentant, par exemple, une lettre de l’échelle à 1 ou 2 mètres de distance et en le priant de se procurer toujours une image de cette lettre. A droite et à gauche de cette lettre, et à une certaine distance d’elle, il doit y avoir une lumière
fixe et d'intensité égale, On cachera alternativement l’une ou l’autre lumière à l’aide d’un écran, et on observera la
pupille pendant ce temps-là. Si, dans ces conditions, la pupille se contracte seulement au moment où la source lumineuse qui impressionne la moitié hémiopique de la rétine est découverte, tandis qu’elle sedilate lorsque l’autre lumière est mise à découvert, on a, en réalité, affaire au
symptôme de Wernicke et non au réflexe de Haab ».
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