‹ Étude sur les réflexes pupillairesChapitre 36 sur 65 · SHTÉS SR ITS EE · texte numérisé non relu

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Sur les 42 sujets présentant le phénomène on remarquait que si 11 présentaient de la rigidité et 12 de la paresse pupillaire à lalumière, 17 avaientune très bonne photoréaction pupillaire, ce qui tend à démontrer que ce phénomène peut très bien coïncider avec une bonne réaction à la lumière, mais qu’on le trouve surtout, ainsi que l'avait déjà remarqué Gifford, chez les personnes présentant des troubles pupillaires.

157. Mais, néanmoins on peut, avec un peu de patience, l’observer chez un sujet sain. Pour cela, on opèrera dans une chambre peu éclairée, car autrement, le réflexe lumineux vient masquer le réflexe orhiculaire. Celui-là est, en effet, plus énergique que celui-ci. Mais, cependant le phénomène n’est pas toujours perceptible chez les sujets sains car, chez eux,les variations du diamètre pupillaire sont trop rapides.

158. D’après Gifford(97), la contraction est plus marquée quand le malade emploie la partie palpébrale du muscle. Si, au contraire, c’est la partie périphérique qui entre en jeu, on observe soit une absence du réflexe, soit une dilatation de la pupille. -

Gitford pense que ce phénomène est dû en premier lieu à un stimulus nerveux exagéré. En effet, dit-il, il paraît difficile d'admettre et de prouver que l'excitation capable de produire la contraction de la pupille vient uniquement du centre de l’orbiculaire. C’est probablement le résultat d’une excitation diffuse. En second lieu, il est dû à l’action du muscle droit supérieur, car, pendant l’occlusion des paupières les yeux se portent en haut. En effet, sitout en

entravant la fermeture des paupières on ordonne en

même temps au malade de regarder droit devant lui, on n’observe pas de contraction pupillaire.

Chez certains sujets, Gifford a pu constater une faible contraction de la pupille quand ils relèvent simplement les yeux avec vivacité pour regarder en haut.

Gifford élimine l’influence de l’accommodation et de la convergence malgré, dit-il, qu'il soit difficile d’en empêcher l’action, parceque les réflexes pupillaires à l’accommodation et à la convergence sont plus faibles que la réaction orbiculo-pupillaire. De plus, ilen à eu une autre preuve dans certains cas pathologiques où l’on ne pouvait percevoir qu’une réaction imperceptible de la pupille sous l'influence de la lumière, de l’accommodation et de la convergence, tandis que l’épreuve de l’orbiculaire produisait une contraction distincte quoique faible.

159. Piltz a démontré d’une façon inverse l’indépendance de la réaction orbiculaire des pupilles vis-à-vis de l'accommodation. En effet, ainsi que nous l'avons vu plus haut, sur les 9 tabétiques examinés par cet auteur, 2 seulement présentaient le phénomène. Or sur les 7 qui restaient, s’il y en avait 4 qui ne présentaient plus le réflexe à l’accommodation, 3 Ie possèdaient encore. Donc, la réaction pupillo-orbiculaire né paraît pas liée à l’accommodation, puisque chez 3 de ces 7 tabétiques qui ne présentaient pas le réflexe de Gifford, l’accommodation était intacte.

160. Aussi, cette réaction paraît-elle fortutile pour déterminer la paralysie du sphincter pupillaire quand la lumière, l’accommodation et la convérgence ne peuvent plus faite

contracter les pupillés. Il en est ainsi malgré que la rota-

tion du globe oculaire en haut et en dedans soit des plus aptes à la production des phénomènes de convergence.

161. On a pensé que, peut-être, cette réaction orbiculaire de la pupille amenait la contraction de cette dernière par des phénomènes vasculaires. En effet, Mœli, en s'appuyant sur les recherchés de Rouget, Scholer et Dogiel, fait remarquer qu’une excitation vaso-motrice peut amener des. changements du calibre des vaisseaux de la rétine et de la choroïde. Or, on sait que l’hypérémie de liris est liée à celle de la choroïde et que tous les livres de physiologie s’évertuent à rapporter que cette hyperémie de l'iris influe sur le diamètre de la pupille, de telle sorte que chaque afflux de sang dans l'iris est à même de provoquer une contraction pupillaire en augmentant le volume de la mémbrane deliris. Mais, dit Westphall (277), rapportant le résultat des recherches de C. Hess et de L. Heine, « ni la contraction du muscle ciliaire produite par la réfraction, ni la dilatation de la pupille produite par les variations d’un courant électrique n’a d'influence appréciable sur la hauteur de la pression intra-oculaire. De même, la contraction maxima du muscle ciliaire dans les yeux humains n'influe à aucun degré la circulation sur les réseaux sanguins ».

Westphall est moins affirmatif pour son propre compte.

Il na, en effet, jamais pu produire de variations de diamètre, soit sur des pupilles en état de rigidité réflexe, soit sur des pupilles très mobiles, en comprimant fortement l’œil et, par suite, en augmentant dans les mêmes

proportions la pression intra-oculaire.

162. Aussi, comme Gifford,attribue-t-il la plusgrande influence aux seuls phénomènes nerveux dans la production du réflexe orbiculo-pupillaire. C’est encore, d’ailleurs» l'opinion de Bernhardt, de Wilbrand et Sœnger. Et, à ce propos, il rapporte l'opinion suivante de Bernhardt : « Il y a chez l’homme une disposition spéciale telle qui fait que la même impulsion volontaire qui ferme l’œil envoie par certaines fibres du nerf facial des impulsions nerveuses à un ou plusieurs muscles de l’œil : oblique inférieur ou droit supérieur dans la plupart des cas ».

163. Au point de vuephysiologique, la réaction orbiculopupillaire paraît avoir une certaine importance. Ce phénomène confirmerait, en effet, les vues de Mendel d’après desquelles, chez le lapin, la partie postérieure du noyau lu moteur oculaire commun enverrait quelques cylindraxes au nerf facial, cylindraxes destinés au muscle orbiculaire. Il confirmerait encore les remarques de Becherew, cité par Noyer (188), qui parlede fibres unissant le noyau du moteur oculaire commun avec le facial. En outre, dit (Güfford, le fait que la réaction semble dépendre plus spécialement, sinon entièrement, de l’action de la portion palpébrale de l’orbiculaire, indique peut-être que chez l’homme, ce sont seulement les fibres nerveuses qui onnervent ces portions qui ont une origine oculo-motrice tu du moins que les cellules du noyau de ces fibres sont plus intimement unies au principal tronc du noyau du moteur oculaire commun.

Mais, Mendel et Gifford, ne savent pas si cette disposition existe réellementchez l’homme, Mendel se contente

de conclure qu’il doit en être ainsi chez l’homme, puisque

les recherches de Hitzig sur l’excitabilité de l'écorce cérébrale du chien, ainsi que la coïncidence de la contraction simultanée de l’orbiculaire des paupières et du sphincter de la pupille sous l’influence d’une vive lumière, permettent d'attribuer à l’homme les connexions nerveuses qui

se trouvent chez l’animal.

164. Déjà, en 1857, Gubler (107)rapporte que dans Les affections inflammatoires du poumon il n’a rien observé de remarquable du côté de la pupille, si ce n’est qu’elle se contractait quand l’œil se portait en haut et en dedans. « Quant à l’état de la pupille, dit-il, je n’ai rien observé de remarquable, et quand l'œil ne se portait point en haut et en dedans, la contraction ne m’a point paru sensible du côté affecté... »

Puis, en 1850, Wundt (285) parle de cette réaction comme d’un phénomène normal dans la fermeture des paupières et il croit que c’est une réaction à la convergence parce que, chez quelques sujets, le globe de lœil se tourne en haut et en dedans au moment des efforts d’occlusion des paupières.

Ensuite Galassi s’en occupa,en 1587,et donna à ce phénomène le nom de « réaction palpébrale de la pupille » etilenfit l’objet de deux communications portant les titres suivants: La première: Sopra un singolare fenomeno pupillare ; la seconde : Sulla reaztone palpebrale

de [la puptilla.

Après les travaux de Galassi parurent, en 1895, ceux

de Gifford (97) sur le même sujet.

— dû

Enfin, tout récemment, Westphall (277) s’attribuait la découverte de cette réaction. Il est bon d'ajouter que Wilbrand et Sœnger (278, t. 1, 2: partie, p. 585) ont cité les auteurs dont nous venons de parler, sauf Gubler. Mais ces auteurs n’ont pas rendu à Galassi ce qui lui était dû.

165. G. Mingazzini (483) a revendiqué la priorité de cette découverte en faveur de Galassi qui lui en avait, paraît-il, donné la primeur.

Presque au début de son travail ilne manque pas de reprocher à Wesphall de s’être attribué la priorité de la découverte et, ajoute-t-l, Galassi a complété son étude sur la réaction palpébrale de la pupille par des découvertes anatomo-pathologiques dont Westphall n’a pas eu le bonheur jusqu'ici. Mais Mingazzini laisse Gifford en repos. Il paraît n’en vouloir qu'à Westphall. En eflet le travail de celui-ciest intitulé : Sur un phénomène pupillaire inédit.

Mingazzini reconnaîttrès bien que la réaction orbiculopupillaire était connue des physiologistes, puisque déja, en 1850, Wundt en parlait. Mais c’est Galassi, dit-il, qui le premier l’a étudiée au point de vue clinique.

Qu'on nous permette de donner la traduction libre d’une partie de l’article de Mingazzini.

Galassi observa le phénomène chez une femme qui présentait un ptosis bilatéral incomplet, une impossibilité de produire la rofation des yeux en haut et en bas, de la paralysie de l’accommodation, de l’anisocorie et de Îa rigidité pupillaire en face de la lumière. Le fond de l’œil était normal. Il remarqua qu’en faisant fermer énergique-

ment puis rouvrir les yeux à cette femme, la pupille

gauche, qui était déjà en état de mydriase, se contractait fortement pendant que la droite restait immobile, puis, tout revenait à l’état normal. Mais Galassi s’objecta à luimême qu'il s'agissait peut-être là d’une inversion de la réaction pupillaire, Aussi fit-il de nouvelles expériences. Il faisait fermer l’œil droit de la malade et tenait les paupières du gauche ouvertes de façonà en empêcher la fermeture, puis ordonnant à la malade de fermer les yeux il observa, de ce côté, une contraction de la pupille gauche accompagnant cette contraction virtuelle de la pupille.

Les recherches de Galassi sur une deuxième malade firent l’objet d’une deuxième communication.

Cette malade présentait les symptômes suivants: Parésie de l'élévateur, paralysie complète du droit supérieur et inférieur et de loblique inférieur, intégrité du droit interne, abolition dela réaction à la lumière et à Paccommodation, exagération du phénomène palpéral des pupilles. A l’autopsie, Galassi observa que l’apophyse clinoïde postérieure, plus saillante à droite qu’à gauche, se continuait avec la crista petrosa et se lerminait par une pointe effilée, en sorte que le côté du bord droit de la selle saillait plus que le qauche. Il constata, au microscope, que la portion de loculo-moteur s'étendant du point de son origine apparente à sa sortie dans la duremère étaitintacte.Mais la portion extra-durale de l’oculomoteur avait de nombreuses fibres dégénérées. Galassi conclut que ce phénomène accompagne les paralysies périphériques du moteur oculaire commun et qu'il peut servir à les dépister quand tous les mouvements de la

pupille sont abolis.

Deux ans après la communication de Galassi, Fortunati observa la réaction pupillo-orbiculaire chez un tabétique atteint d’ophtalmoplégie incomplète.

Galassi expliquait le phénomène par une association fonctionnelle des muscles et il ajoutait que la rotation des yeux en haut et en bas est concomitante de la fermeture des paupières. Westphall donne également cette explication en s'appuyant sur l’opinion de Bernhardt (30) qui dit que la même impulsion volontaire qui, chez l’homme produit la fermeture des paupières par le facial, se transmet à l’oblique inférieur et quelquefois au droit supérieur. Westphall prétend que les liaisons anatomiques du facial avec les muscles de l’œil sont insuffisamment connues aujourd’hui et que, par suite, il se range à l’avis de Mendel qui attribue une origine commune au facial et à l’oculo-moteur. Dans la discussion qui eût lieu, à ce- sujet, à la Société de Lancisi, Parisotti exposa qu’à côté de la fermeture des paupières une compression ou une aug mentation de la pression intraoculaire peut expliquer la contraction pupillaire par l’hyperémie de l'iris. Mais Galassi combattit cette opinion. Pour lui, en effet, la fermeture des paupières ne produit pas une compression assez forte pour produire une hyperémie irido-choroïdienne suffisante pour contracter la pupille.

Westphall n’a pas cherché à se rendre compte pourquoi la réaction orbiculopupillaire persiste quand toutes les autres réactions de la pupille ont déjà disparu, tandis que Galassi a fait à ce sujet une hypothèse audacieuse en attribuant la perte des réflexes pupillaires sauf celui-ci,

à la névrite de l’oculo-moteur et en faisant remarquer

qu’à la période de restitution ce sont les phénomènes volontaires qui apparaissent les premiers, puis les réflexes, Galassi ajoute que dans les processus de régénération, quand la fibre nerveuse a récupéré son pouvoir de conduction de l’influx nerveux, cet influx, assez intense pour produire un mouvement volontaire, ne l’est pas pour les réflexes. On ne peut, en effet, produire les réflexes tendineux en percutant les tendons. Il en est de même pour notre cas.

Galassi a aussi cherché à établir pourquoi la réaction palpébrale des pupilles était, non seulement visible, mais encore exagérée chez ses deux malades. Il fit alors la remarque que, dans les affections des nerfs moteurs, le courant qalvanique, qui est le seul excitant pouvant parvenir aux muscles, engendre une réaction musculaire plus violente qu’à l’état normal (réaction dégénérative) et qu’il doit en être de même de l’excitation volontaire sur le sphincter pupillaire qui présente alors une réaction plus violente qu’à l’état normal.

L’exagération du phénomène est donc digne d’être considérée comme l'expression d’une réaction de dégénérescence du sphincter pupillaire. À l’appui de cette façon de voir, Galassi rapportait qu'après avoir observé le phénomène chezla première malade pendant plusieurs mois, il perdit dans la suite de son intensité, comme il advient d'ordinaire pour les réactions de dégénérescence.

Bastinelli cite Galassi dans le compte rendu des recherches qu'il fit pour observer le réflexe orbiculopupil-

laire chez les sujets sains.

Vidal 10

Aussi, étant donnés les travaux de Galässi ét de Gifford, jé propose d'appeler ce réflèxé : Réflexe de Gifford-Galassi.

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