CHAPITRE VIII
Réfiexe de Piltz.
166.Le réflexe de Piltz est un réflexe pupillaire analogue à celui de Giflord-Galassi, mais il n’est pas tout à fait le même. Voici en quoiil consiste: Après la fermeture énergique des deux yeux, les pupilles, qui étaient primitivement dilatées, sont Contractées au moment de la réouverture des yeux. Celui de Gifford est, au contraire, obtenu en apportant une entrave à [a fermeture des yeux.
167. Piltz (204) fut amené à faire sa découverte par le professeur Bleuler. Ce dernier lui présenta, en effet, un paralytique de 39 ans, nommé Robert St., présentant la réaction paradoxale de la pupille à la lumière et qui, en férmantet ouvrant les yeux présentait une forte contraction dés pupilles qui revenaient ensuite graduellement à leur largeur habituelle.
Piltz exarnina alors ce malade et put constater par luimême cêtte réaction. Mais, ayant voulu se rendre compte si la réaction consensuelle se produisait par ce procédé en faisant fermer et ouvrir au malade un seul œil, il ne
put observer dé contraction pupillaire dans l’œil resté
ouvert.
Mais cette réaction, d’après les expériences de Piltz, paraît plus faible que celle de Gifford.
En instillant une solution d’homatropine dans les culsde-sac conjonctivaux du patient dont la réaction directe et consensuelle à la lumière était nulle mais qi, cependant, avait encore conservé les réactions à l’accommodation et à la convergence, Piltz constata que, 1/2 heure après, les pupilles, fortement dilatées, ne réagissaient plus à l’accommodation mais se contractaient sous l'influence de la fermeture des yeux. Deux heures 1/2 après l’instillation, les pupilles fortement dilatées ne réagissent plus à laccommodation et à la convergence, mais réagissent encore à la fermeture des yeux en se contractant. Quelques heures après, toutes les réactions pupillaires avaient disparu. Quarante-huit heures après, l’instillation d’une solution d’ésérine amenait une contraction pupillaire que la fermeture des yeux renforçait. Mais, deux heures après, les pupilles étaient si contractées que Piltz ne put observer sa réaction.
Ce malade, examiné par le D: Bauer, présenta une acuité visuelle normale et une intégrité complète de l'œil.
168.Pour rechercher ce phénomène on opérera dans une chambre noire faiblement éclairée, le patient assis en face de l'observateur qui l’examine dans les deux yeux et la lampe placée de côté entre les deux personnages.
169. Piltz a appliqué ce procédé sur des aveugles,des paralytiques, des katatoniques, des épileptiques, des tabétiques et des sujets sains. Il est arrivé aux résultats sui-
vants :
Nombre Résultat des cas Maladies Se ; a positifs Pourcentage 7 A VERS TC SAR Eee A 3 fois 43 0/0 22 Paralysésils Ga mue ! 10 » 40 »
25 Katatoniques. . . . . RS 28 »
8 Épileptiques . . . . . CR 25 »
: HADÉDAUES . < .. ., 2-» 2e »
23 SMTOS ISA NE", Y > 4 »
94 OAI TE 25 fois
Les 25 sujets présentant la réaction de Piltz présen-
taient, en outre, les phénomènes pupillaires suivants :
Absence du réflexe à la lumière. . . 9 Paresse du réflexe à la lumière . . . 10
Bonne réaction réflexe à la lumière. , 5
Nota 21
Piltz a pu observer encore son réflexe chez un épileptique qu’il a examiné avec le D° Ulrich et dont un œil était absolument insensible à la lumière (directe et consensuelle), à laccommodation et à la convergence.
De tous ces faits, Piltz tire la conclusion que son réflexe se trouve surtout dans les cas de rigidité pupillaire à la lumière, mais qu’on peut encore le rencontrer chez les sujets ayant conservé la photo-réaction.
170. Jusque là, Piltz n'avait pu observer la réaction consensuelle dans l’œil droit par fermeture de l’œil qauche.Le 18 janvier 1899 cette satisfaction lui fut accordée. Avec le D‘ Bertschinger, il put l’observer chez un tabétique aveugle par atrophie du nerf optique et privé de la réac-
tion photo-pupillaire.
Chez ce malade, un simple clignement des yeux suffisait pour faire contracter vivement les deux pupilles, et, de plus, la pupille d'un œil se contractait, par simple clignotement de l’autre œil, sans.que le premier œil abandonnât sa position horizontale. Ce malade présentait donc une réaction consensuelle orbiculaire de la pupille.
171.Piltz attribue sa réaction,soit àauneirritation du centre oculo-moteur du sphincter pupillaire, soit à des compressions ondulatoires qui, dans la fermeture énergique des yeux, produiraient de l’hyperémie irido-choroïdienne et, par suite, la contraction de la pupille. Mais il paraît pencher du côté de la deuxième hypothèse parce que ditil, il a observé le phénomène après une instillation d’homatropine ayant pour résultat de paralyser l’oculo-moteur. Mais néanmoins, il se demande si l’homatropine ne peut pas influencer les vaso-moteurs et, en les altérant, amener la vaso-dilatation avec la -paralysie de l’oculo-moteur.
IT résolut le problèmé en examinant une femme atteinte de paralysie de l’oculo-moteur gauche et dont les réflexes à la lumière, à l’accommodation et à la convergence étaient nuls. L’œil était immobile et, néanmoins, la pupille se contractait aussi bien par un simple clignement que par locclusion des deux yeux.
On peut expliquer ce phénomène par les mêmes processus qui causent le réflexe de Gifford. De plus, le cas observé par Piltz sur ce tabétique qui, par un simple clignement des paupières pouvait contracter sa pupille, semble donner quelque créance, que dis-je, il appuie for-
tement l’opinion de Galassi qui en fait une réaction dégé-
nérative.
En associant les idées de Mendel à celles de Galassi, on comprend très bien le mécanisme de ce phénomène, Le phénomène de Piltz est d’ailleurs proche parent de celui de Gifford dont il parait ne différer que par le degré. Dans les deux cas, en effet, la contraction pupillaire est liée à une contraction de l’orbiculaire plus énergique dans le cas de Gifford que dans celui de Piltz.
Aussi, ce phénomène, encore plus délicat que celui de Gifford, pourra-t-il être recherché dans les mêmes cas
cliniques et donner lieu aux mêmes conclusions,
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