‹ Étude sur les ruines de Mitla et l'architectureChapitre 4 sur 5 · PANORAMA OF CHICHEN--1TZA · texte numérisé non relu

PANORAMA OF CHICHEN--1TZA

de V architecture et delà civilisation des Zapotèques.» Pour ma part, continuant mon étude, je trouve un témoignage qui vient corroborer l’opinion antérieure. L'étude faite par Mr. Thomas, architecte attaché à l’expédition française en Mésopotamie, sur le palais de Korsabad, lors de la continuation des fouilles entreprises par M. Victor Place, et les travaux publiés par ce dernier, sous le titre de «Ninive et l’Assyrie,» donnent une idée du style de cette architecture.

Construits sur des collines artificielles qui les élevaient au-dessus de la plaine circonvoisine, les palais assyriens qui étaient les principaux édifices du pays, comme l’étaient les temples en Egypte, et qui se trouvaient dans toutes les villes principales dans lesquelles les rois résidaient alternativement, les palais assyriens, dissons-nous, formaient une seconde colline faite par la main de Y homme s’élevant sur la première, sur les côtés de laquelle se trouvaient les salles de l’étage inférieur qui avait été creusées, procédé rendu nécessaire autant par le genre des matériaux employés, que par le besoin d’avoir un local frais dans un pays si chaud. » *

Peut-on imaginer une ressemblance plus grande avec les ruines de Mitla, de Palenque et du Yucatan? Nous la trouvons cependant dans les lignes suivantes: «Comme eux (les Babyloniens) avaient construit, les Assyriens construisirent à leur tour, malgré la différence du sol. Cependant ils préférèrent à la brique cuite ou deséchée au soleil, * * une sorte de terre battue dont ils avaient la spécialité et formée de briques encore fraîches qui adhéraient naturellement les unes aux autres, sans aucun ciment et formaient une masse compacte. C’ est là le seul élément propre de tous les édifices assyriens découverts jusqu’à ce jour. La pierre n’y est employée que comme revêtement. Elle est disposée en forme de grandes plaques sculptées de peu d’épaisseur, le long des murs des salles ornés avec le plus grand luxe, ou en forme de parements des façades extérieures des remblais. » Ne semble-t-il pas que nous répétons la description faite plus haut des ruines de Mitla, ou plutôt des édifices de Chiapas et du Yucatan?

«Dans tous les temps et dans tous les pays, la nature des matériaux employés a exercé une influence impérieuse et même décisive sur les travaux d’architecture. Les Assyriens à cause de leur système exclusif de construction, se

* "Annales de l'Association des ingénieurs civils et des Architectes" Mexico 1871. Lecture faite par le sociétaire Ansorena sur l'architecture assyrienne.

* * Au Mexique, on appelle adobe la brique non cuite.

sont vus obligés à donner une épaisseur énorme à leurs murs et à ne construire que des salles très étroites et basses relativement à leur longeur . » De

là le caractère spécial et l’aspect général de leur architecture qui a relativement à son élévation, un développement de la base beaucoup plus grand que celui de l’architecture égyptienne. * On voit ici, non plus la ressemblance, mais une identité absolute entre les édifices mexicains et les Assyriens, comme on va le constater. » Le plan des palais assyriens est toujours le même. C’est une succession de cours immenses, carrées et plus ou moins nombreuses, selon la grandeur de l’édifice, autour desquelles des salles sont disposées en groupes, sans aucune porte ou ouverture.

D’autres cours eu d’autres esplanades sont placées entre l’édifice même et la muraille, en forme de terrasses qui entourent le monticule sur lequel il est construit. Ces longues galeries qui servaient de salles de cérémonie * * constituent une des particularités les plus remarquables de l’architecture assyrienne. »

«Les différents bâtiments du palais de Khorsabad étaient élevés sur deux plateformes de différentes hauteurs, disposées en forme de T.> C’est là la disposition du groupe des Colonnes à Mitla.

Quant aux parements des murs, nous ajouterons ce qui suit:

«Les murs intérieurs des grandes salles étaient pourvus de revêtements de pierre sculptée jusqu'à une certaine hauteur. Il avait au-dessus une frise en brique émaillée couverte de peintures semblables à celles qui sont sur les basreliefs.

En ce qui concerne les toits, les inscriptions nous disent qu’ils étaient en bois lambrissé: sapin, cèdre, ébène et santal. Mais il n’en est resté aucune trace, car tout fut dévasté à l’époque de la ruine de l’empire assyrien.

«Les toits des édifices assyriens étaient plans en forme déterrasses. Ils étaient entourés de tous côtés d’un feston de créneaux en gradins dont la composition a été conservée par l’architecte arabe du moyen-âge pour le couronnement des murs extérieurs des édifices, comme on peut le voir dans les belles mosquées du Caire. »

Les anciens toits méxicains étaient plans, et, en ce qui concerne les créneaux, s’il n’en reste aucune trace à Mitla ni au Yucatan, on les retrouve dans

* A Mitla, la façade de la salle des colonnes à une longueur de quarante mètres sur 4 mètres 20 de haut, c’est-à-dire que sa hauteur égale le dixième de la longueur de la façade.

* * Autre ressemblance avec les édifices de Mitla.

les édifices toltèques de la vallée de Mexico et on les voit dans les peintures zapotèques.

«Les salles étaient éclairées au moyen d’ouvertures faites dans le toit, comme on en voit encore dans les constructions de l’Amérique, car on n’a trouvé aucune marque de fenêtres. * En outre, les palais contiennent fréquemment des salles concentriques, ou renfermées dans d’autres salles: elles ne pouvaient recevoir la lumière que par en haut. Mais l’ardeur du soleil pendant l’été et la violence des pluies pendant l’hiver ne permettaient pas de laisser ces lucarnes ouvertes en plein air. Je crois avoir découvert dans les inscriptions la manière de les couvrir. On employait dans ce but des peaux de cétacés préparés comme du parchemin et ayant acquis ainsi une sorte de transparence qui les rendait semblables à des verres dépolis. C’est ainsi que ies Danois de Groenland emploient aujourd’hui les peaux de nerval comme verre à vitres pour leurs fe-

nôtres. »

Les salles longues, étroites et basses de Mitla, couvertes au moyen de toites plans ou terrasses, et ayant une seule porte (les plus longues en avaient trois), ne recevaient pas d’autre lumière que celle qui entrait par ces portes, ou, comme dans les édifices assyriens, il y avait des lucarnes couvertes en parchemin semblables à celles qu’emploient les habitants du Groenland* * avec lesquels il est prouvé que les Indiens du Yucatan furent en relation? C’est là une question à laquelle on ne saurait répondre en s’appuyant sur ce que les toits qui ont complètement disparu et n’ont laissé dans les murs que les trous destinés à supporter les bouts des dites poutres.

Donc, les raines mexicaines appartiennent à l’architecture primitive assyrienne qui devait se développer plus tard et qui, ayant connu la voûte depuis le dixième siècle avant Jésus-Christ, exerça son influence sur d’autres pays, comme sur les iles de la Méditerranée, sur l’Asie mineure et les tribus helléniques, au point d’avoir donné lieu à ce qu’on ait supposé que les monuments assyriens aient servi d’origine à l’ordre ionique, ainsi qu’au chapiteau corinthien,

* Il est impossible de constater une ressemblance plus parfaite avec les ruines de Mitla.

* * Histoire de la civilisation, Carlos Mendoza. «Barcelone.» Il parait très naturel d’admettre que la première population fut assyrienne, comme il parait également naturel de croire que des individus ou des tribus venant de l’Afrique, de la Malaisie ou d’ailleurs, allèrent s’y fixer d’une manière fortuite. J’oserai même dire que quelque navigateur phénicien put aussi s’y être établi. Quant aux Groenlandais, on sait qu’ils ne sont autres que les Irlandais d'Eric lr Rouye. En somme la race américaine n’existe, pas comme race, car elle n’est qu'un mélange d’hommes jaunes, de blancs et de nègres, modifiés par le climat et par d’autres agents extérieurs, fait analogue à celui qu'on constate chez les Japonais, race également mixte.

et qu'on doit rechercher leur origine sur les hords du Tigre. Les édifices construits par les Mexicains, de même que ceux que construisirent les Assyriens, sont caractérisés par l’emploi général et exclusif de la ligne droit qui détermine leur esthétique architecturale, quoique, dans l’ornement, ils aient employé librement la ligne courbe et même la figure humaine. L’ architecture grecque, également rectiligne, également primitive, excluait la ligne courbe, et quoique ayant connaissance de la voûte, ne l’employait point dans ses monuments. Les Egyptiens procédèrent de la même manière. Ainsi, suivant la méthode de classement si savante et si rationnelle, établie par le regretté Monsieur César Daly, architecte français, nous conclurons que l’architecture des édifices de Mitla appartient au type du style primitif du premier degré, en raison de son toit plan; et évolutif, parce qu’elle s’appuie sur la base géométrique de la ligne droite, autant dans la construction que dans l’esthétique.

Elle se raproche aussi du type assyrien également primitif, parce que la dimension horizontale qui est très grande y prédomine, tandis que la verticale y est relativement petite. L’esthétiqne de ces styles leur est exclusivement propre, car elle appartient au système de construction suivi et à la conception du beau qui régnait à l’époque. L’architecture, considérée comme le résultat de l’état social dans lequel elle se développe correspond aux besoins de l’époque et aux idées régnantes et représentent un style primitif et evotutif, correspondant au polythéisme et à un pouvoir unique, dans lequel la liberté est nulle pour le premier degré, tandis que dans le second degré le grec, la liberté est grande et le pouvoir nul.

Ainsi donc, dans le cours du progrès des sociétés, l’architecture devait se développer et se perfectionner, en suivant une évolution marquée avec la ligne constructive et esthétique. C’est ainsi que nous voyons naître les styles secondaires avec l'emploi de l’arc de cercle et ses composés comme base géométrique constructive et esthétique, et dans les élévations, les surfaces planes et cylindriques, puis les coupoles.

Le style byzantin en Orient et le style roman en Occident appartiennent au premier degré, tandis qu’en Orient et en Occident le style ogival correspond, en ce qui concerne les idées sociales, au monothéisme religieux, et, au point de vue politique, a l’ordre défendu par l’autorité. Mais on doit considérer comme mixtes ou de transition les styles romain et moderne, depuis la Renaissance jusqu’à nos jours, époque où l’architecture a dû se plier aux circonstances

Estatua de Tlaxcala que està en el Museo Nacional de México

ESTATUA DEL JARDÎN DE LA CASA DE BARRON, EN TaCUBAYA. — MÉXICO, DlSTRITO FEDERAL.

Tomada de la obra (“Mexico â Través de los Siglos.”)

cr

iDOLOS ENCONTRADOS EN EL VALLE DE MÉXICO Y EN EL ESTADO

fl

os

co

TJ

TJ

ai

•ci

TJ

iO

CO

jo

TJ

TJ

ai

SU

oo

hc

TJ

TJ

TJ

et

K Si

TJ

TJ

fl • <

TJ

'fl

cr

ci •

ai

TJ

et

TJ

TJ

fl

CB

'Ci

•rH

TJ

Fernando Sologuren, arqueologo residente en Oaxaca.

Eelieve del Indio on ol Paiacio de las Monjas, en Uxmal

Ë^FXNGii Y PIRAM1DK

Page 1