‹ Étude sur les Satires d'HoraceChapitre 24 sur 48 · V. 31-35. Anecdote de Caton et du débauché anonyme. II. a · texte numérisé non relu

V. 31-35. Anecdote de Caton et du débauché anonyme. II. a

PROCÉDÉS d'exposition DANS LES SATIRES 1 H5

recueilli un de ces traits sig-nifîcatifs, qui couraient sur le vieux Caton considéré comme un professeur caustique de morale K Le récit est très réduit, la forme dramatique. C'est un exemple concret des différences d'appréciation et des exagérations des hommes.

V. 41-46. L'emploi du parfait semble indiquer que ce sont des anecdotes qui couraient ii Rome. On aurait pu mettre des noms sous chacune des mésaventures que raconte H. H. montre par des exemples concrets le danger de la carrière des moechi.

V. 5o-o7. C'est surtout la profession de foi de Marsaeus, qui intéresse H. Mais elle a été faite à propos d'une anecdote, à laquelle H, fait allusion, la donation à la mime Orig-o, histoire scandaleuse bien connue dans le monde des viveurs et de date indéterminée pour nous (quondam).

V. (34-72. L'anecdote de Villius remonte à l'époque de Sylla et paraît être restée célèbre. C'est un fait divers de la g-énération antérieure. Il est sans doute réel, mais les objurgations der<( animus », qu'H. présente du reste sous forme hypothétique, sont évidemment de son invention. Il complète donc, dans un but de démonstration. La partie réelle de l'anecdote est narrative, la partie imag-inée dramatique.

Comme l'exigeait le sujet. H., dans la S. I, 2, rappelle des histoires scandaleuses, qui défrayaient la conversation dans le demi-monde.

S. I, 3, 1 sq. H. se fait prendre en flagrant délit de sévérité envers autrui et d'indulgence pour lui-même. Mais la chose est imaginaire et présentée comme hypothétique, v. 19 : nuncaliquis dicat mihi. Au contraire, lesv, 21-23 contiennent une anecdote réelle. Rien n"indic{ue de quelle époque elle est et où H. l'a prise. Est-ce une chose qu'on se racontait? Provient-elle d'un recueil de mots plaisants? Nous l'ignorons. Elle donne un exemple concret du travers contre lequel H. s'élève dans la pièce. Elle est de forme dramatique, parce que ce sont les propos échangés qui en font l'intérêt.

La bizarrerie de Tigellius, qui refuse à Octave déchanter, malgré les prières de celui-ci, et quon ne peut plus arrêter lorsqu'il est en train, v. 4-8, ainsi que ses autres fantaisies, v. 9-10, sont des traits de caractère ; l'aveuglement de Balbinus qui trouve

1. Le Pseudo-Acr., ad h. /., raconte l'anecdote un peu différemment. II. n'en a pris que ce qui était nécessaire à sa démonstration. Il a négligé le correctif. Quand l'anecdote n'est pas chez lui racontée pour elle-même, mais dans un but spécial, il l'accommode donc h ses vues.

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du charme au polype d'Hagna, v. 40, la familiarité parlant d'un bon naturel d'H. avec Mécène, v. 68-6 i, les remontrances de Ruso à ses débiteurs inexacts, v. 86-89, sont des traits de satire, éclaircissanl une assertion par une comparaison, mais sous lesquels se cache un tond anecdotique. Ce sont des anecdotes abrégées.

La rencontre avec le philosophe stoïcien de bas étage, v. 124 sq., est imaginaire ; l'exemple d'Alfenus, v. 130-132, est une allusion à un fait réel contemporain.

Il n'y a en somme dans cette pièce qu une anecdote réelle, v. 21-23. Mais il y a beaucoup d'allusions à des anecdotes connues, qu'il, aurait pu raconter comme telles et auxquelles il emprunte simplement ce qui est nécessaire à son exposition.

S. I, 4,13-16.Grispinus se vantait sûrement d'être plus productif qu'il. Pour rendre la chose plus saillante, H. l'a transformée en une anecdote, à laquelle il a donné la forme dramatique. Y avait-il eu une ou des provocations réelles déclinées par H.? H. a-t-il simplement voulu dramatiser les bravades de son adversaire? C'est ce que nous ne saurions dire.

V. 21-22. L'anecdote de Fannius est réelle et contemporaine. H. la raconte aussi brièvement que possible et il en fait un trait de S. On a beaucoup discuté pour savoir en quoi elle consiste. Il semble qu'on doive l'expliquer par le contraste, sur lequel H. insiste, v. 22 sq. : cum mea nemo Scripta légat, uulgo recitare timentis^. On connaissait peu les vers d'H., parce qu il ne les récitait pas à tout venant, et le grand public ne pouvait les lire, parce qu'ils n'étaient pas publiés. Au contraire Fannius s empressait de déposer chez le libraire ses manuscrits dans leur boîte ornés de son portrait.

Les attaques contre Pomponius, v. 52-53, contre Sulcius et Gaprius, v. 65-67, sont des peintures de caractère et non des anecdotes. La médisance hypocrite imputée par H. à son adversaire, v. 1)3-100, alfecte la forme anecdotique; mais elle est hypothétique et imaginaire.

Toutes les leçons de morale données par le père d'H. à son fîls (v. 105-126) ont eu lieu évidemment dans des circonstances particulières, à propos do faits réels. Il y a dans tout cet enseignement un fond anecdoti([ue ; mais H. ne rapporte que le conseil moral.

I. Timcnlis, v. 2.3. paraît opposé h iilfro, v. 21. II. est craintif. Fannius li.irdi. II. liésiti' t>l se dôrobe ; Fannius va au-devant des lecteurs el paie de sa personne pour se fairt> connaître.

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