PROCÉDÉS D EXPOSITION DANS LES SATIRES I
En résumé, nous n'avons dans cette pièce qu'une anecdote réelle (v. 21-22), mais un certain nombre d'anecdotes imaginaires ou abi'égées.
S. I, 6, 24 sq. Les efforts de Tillius pour arriver aux honneurs sont une histoire réelle et contemporaine, sur laquelle H. ne nous donne pas de détails.
V. 30-33. La comparaison avec Barrus est un trait satirique de caractère et non une anecdote, bien qu'il courût certainement des anecdotes sur le compte de Barrus.
V. 38-44. L'anecdote du candidat et des électeurs n'est pas réelle. Elle est imaginée par H. pour rendre plus concrète une situation qui était fréquente à Rome et pour substituer un instantané à un état de choses. H. lui donne la forme dramatique en matérialisant les sentiments par des propos et en mettant face à face les adversaires.
V. 107-109. La ^Deinture de l'aspect piteux de l'escorte du préteur Tillius, lorsqu'il va à la campagne par la voie Tiburtine, paraît reposer .sur une anecdote; mais H. donne à la chose une couleur générale.
Nous n'avons pas à nous occuper de l'anecdote de la présentation à Mécène (v. 56-61), de la peinture anecdotique de l'existence d'H. à Rome (v. 111-128). Ce sont des choses qui sont réelles et qu'H. raconte pour elles-mêmes.
S. I. 10, 31-35. H. raconte que, lorsqu'il écrivait en grec, Quirinus, lui apparaissant dans un songe, le lui a défendu. Il rapporte en style direct les paroles de Quirinus. C'est une anecdote imaginaire remplaçant ici d'une façon concrète l'exposé d'une théorie littéraire, à savoir qu'on ne doit écrire que dans sa langue maternelle. Ce qui est intéressant, c'est l'emploi de l'anecdote remplaçant un raisonnement.
V. 61-64. Anecdote de Cassius l'étrusque, écrivain inconnu. Elle est racontée brièvement, comme un exemple typique de fécondité littéraire. H. ne s'en porte pas garant, v. 63 : famast, et le mot paraît s'appliquer à un événement antérieur d'assez longtemps à cette S. Le sens est sans doute que Cassius a tellement produit qu'on a pu, sinon brûler entièrement son cadavre, au moins opérer une partie de la crémation (v. 64: ambustum) avec ses mss. et leurs boîtes. Si on a employé ses ouvrages à cet usage, c est qu'ils n'avaient pas de valeur et qu'ils n'étaient bons qu'à brûler. Le fait lui-même est probablement une invention de la malignité.
V. 76-77. L'anecdote d'Arbuscula est réelle. Elle réside dans
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une simple boutade de cette actrict', un jour (juelle était sifllée par le peuple et sans qu'H. rappelle autrement les circonstances. Elle sert 'à H. à justifier sa propre manière de voir.
S. I, 1, 45-1!). Anecdote, sous forme hypothétique, du dieu qui intervient pour apaiser le mécontentement des hommes. Elle provient, soit d'un apol(jg-ue, soit plutôt d'un mime (ce qui expliquerait la forme dramatique). En tout cas, c'est un souvenir littéraire. H. l'emploie pour rendre sensible et concret le phénomène psychologique qu'il signale.
V. ()i-()7. Anecdote de l'avare athénien, qui se console des huées du public en contemplant ses écus. La partie narrative est strictement réduite au nécessaire pour préparer le discours direct. C'était un de ces exemples typiques, qui se transmettaient dans l'école et dont la réalité était j^roblématique (v. 64, memoratur). Il est d'origine étrangère (v. 04, Athenis). Il sert à H. de point de comparaison pour mieux définir le type d'avare contre lequel il s'indigne.
V. 08-()D. Anecdote mythologique. H. se met à raconter l'histoire de Tantale et s'interrompt brusquement. Il veut faire réfléchir l'avare, en lui montrant ([ue le cas de Tantale est identicpie au sien. Tantale est empêché ])ar une force extérieure, l'avare par une force intime mais non moins impérieuse de toucher à ce dont il a besoin. C'est un exemple d'école, tellement connu qu'il suffit d'y faire une très brève allusion.
V. 90-91. Comparaison reposant sur une anecdote hypothétique et imaginaire.
V. 9i-1(IO. Il s'agit sans doute d'un fait divers peu antérieure l'époque où la S. a été écinte ; quidam paraît indiquer qu'Ummidius n'était j)as très connu. L'anecdote pouvait n'être pas familière au lecteur. Elle est narrative : ce qui importe, c'est ce qui est arrivé à Ummidius. 11 n'y a pas lieu de lui donner la parole. L'exemple est destiné à effrayer l'avare et à lui servir de le(,'on.
L'usage de l'anecdote est ici assez fréquent. Elle provient de sources diverses.
Les S. du deuxième livre affectent une forme anecdotique. Leçon de sobriété professée par H., S. II, 2; visite de Damasippe à IL, S. II, '{; rencontre fortuite d'il, et de Catius. S. II, 4; consultation de Tirésias par Ulysse, S. II, TJ; visite de Dave à son maître, S. 11, 7; rencontre fortuite d'il, et de Fundanius, S. II, 8; consullation de Trebatius par H., S. II, 1. Tout cela est — ou ahsolunuMil imaginaire — ou tout au moins très arrangé •pour (louiuM- à l'exposition de raclualilr l'I du picpuml. J