V. 13((S(j. Numquid ego illi Inprudens faciam simile ? (Vest
une question qu'H. s'adresse à lui-même en faisant son examen de conscience. (Rép. forcée s.-ent. : j'espère que nom. Elle termine l'examen de conscience et, dans le même vers, sans transition, H. passe à autre chose.
S. I, o, o9 sq. Quid faceres, cum Sic mutilus minitaris? Dans les invectives de Sarmentus à Cicirrus. (Rép. forcée s.-ent. : j'en ferais bien davantage). Il semble bien que Sarmentus n'attende pas la réponse, dont il n'a que faire.
S. I, 6, 24 sq. Quo tibi, Tilli. Sumere...? Dans une apostrophe brusque à Tillius. (Rép. forcée s.-ent. : évidemment à rien, au contraire... etc..)
V. 41 sq. Hoc tibi Paullus Et Messallauideris? Dans le dialogue entre l'homme nouveau et les électeurs : la question est ironique et la réponse tellement évidente que l'interlocuteur ne l'attend pas et continue son raisonnement. La question du v. 38 sq. ne rentre pas dans notre étude; elle est réelle et Tinterpellé essaie d y répondre v. 40 sq.
S. I, 10, 21 sq. Quine putetis Difficile etmirum...? Dans la discussion avec l'interlocuteur fictif. (Rép. forcée s.-ent. : évidemment non). La chose va tellement de soi, que l'interlocuteur fictif ne fait pas la réponse. R se juge battu sur ce point, et passe à un autre ordre d'idées. Cette interrogation contient et exprime toute l'argumentation d'H. sur la première objection.
V. 2o sq. Cum uersus facias, te ipsum percontor, an et... ?Scilicet... malis...? Deux interrogations de suite pour rendre l'argumentation plus pressante. La première ne suffit pas pour réduire au silence l'interlocuteur qui, à la rigueur, pourrait répondre : oui, même en prose, dans un plaidoyer. H. insiste alors de façon à bien montrer que sa question ne comporte pas d'autre réponse que celle qu'il attend et, sans qu'elle soit fonnulée, il entame un ordre d'idées voisin.
V. 51 sq. Age... Tu nihil... reprehendis...? Nil... mutât Lucilius... ? De même ici deux interrogations de suite. (Rép. forcée s.-ent. : si). H. continue, comme si elle était exprimée : (par conséquent) Quid uetat et nosmet...? C'est une nouvelle question. (Rép. forcée s.-ent. : rien). H. continue son argumentation, comme si la réponse était formulée.
S. I, 1, 44. Quid habet pulchri construclus aceruus ? Dans la discussion avec l'interlocuteur fictif. (Rép. forcée s.-ent. : évidemment rien ; car...i. Et H. fait la démonstration.
V. 49 sq. Yel die, quid référât...? Par les mots : uel die... IL sollicite énergiquement une réponse ; mais cette réponse ne sau-
rait être que : aucune. Aussi l'interlocuteur fictif se g-arde-t-il de la formuler. Il prend la chose à un autre point de vue. Le triomphe d'H. sur le point précédent est complet.
V, 53. Cur tua plus laudes...? Toujours dans la discussion avec l'interlocuteur fictif. (Rép. forcée s.-ent. : il n'y a pour cela aucune raison). Et, comme si la réponse était formulée^ H. en démontre la justesse par une comparaison.
V. 80 sq. At, si condoluit..., habes...? Dans la discussion avec l'avare (Rép, forcée s.-ent. : certes non, car...)
V. 86 sq. Miraris... ? An... operam perdas... ? Deux interrogations de suite pour rendre l'argumentation plus pressante. (Rép. forcée s.-ent., à la première : tu aurais tort, à la seconde : évidemment non). Ces deux interrogations terminent la polémique contre l'avare. Supposant la réponse acquise, H. entre dans la voie des conseils : Denique sit finis...
S. II, 2, 27 sq. Num uesceris...? num adest... ? Dans la discussion avec l'interlocuteur fictif. Deux interrogations de suite. (Rép. forcée s.-ent. : non). H. suppose la réponse acquise et continue son argumentation, en montrant à l'interlocuteur qu'il est absurde : il ne mange pas les plumes du paon ; celui-ci n'a plus son plumage, quand il est cuit : et pourtant c'est k cause de ce plumage qu'il préfère le paon.
V. 31 sq. Vnde datum sentis... ? pontesne inter iactatus an... ? (Rép. forcée s.-ent. : en réalité mon palais ne m'en avertit pas). H. suppose la réponse faite et continue son argumentation.
V. 48 sq. Quid? tum rhombos minus aequora alebant? (Rép. forcée s.-ent. : Si, mais...)
V. 86 sq. Tibi quidnam accedet ad istam... mollitiem? (Rép. forcée s.-ent. : rien). La question termine un argument. Un autre commence ensuite sans transition.
V. 102 sq... non est... quo insumerepossis?(Rép. forcée s.-ent.: évidemment si). Cur eget... quisquam... ? quareTempla ruunt...? Cur... non aliquid... emetiris... ? (Rép. forcée s.-ent. : il n'y a aucune raison à cela). Vterne... fidet sibi certius... ? Hic qui...? An qui... ? (Rép. forcée s.-ent. : évidemment le second). Le passage est caractéristique à cause du nombre considérable d'interrogations, qui se succèdent. Elles terminent la polémique d'H. contre l'interlocuteur fictif. Les réponses sont tellement évidentes (ju'il n'y a pas lieu de les formuler. IL, après avoir réduit son adversaire au silence, passe à un autre développement.
Y. 127 s(j. Quantum hinc inminuet?quanto aut ego parcius aut nos, 0 puori, niluislis... ? Dans le discours d'Ofellus. Après la
réponse forcée s.-ent. à la seconde question : absolument pas il faut S.-ent. une idée intermédiaire : et cela est naturel : nam propriae... etc..
S. II, 3, 4. Quidfîet? (Rép. forcée s.-ent. : rien de bon). V 6 Nil est?' (Rép. forcée s.-ent. : non). Ici le procédé est curieux, parce que la personne interpellée est présente; H. ne répond pas, parce qu'il n'a rien à répondre ; c'est bien dans cette conviction que Damasippe a donné à ses observations la forme interrogative. V.^ 11 sq. Quorsum pertinuit...? Inuidiam placare paras...? Même cas que précédemment.
V. 67 sq. Tune insanus eris... an magis excors...? Dans le discours de Stertinius à Damasippe. Damasippe ne répond pas; (Rép. s.-ent. qui s'impose : c'est dans le second cas que tu serais le plus fou; en effet...). Et Stertinius le démontre.
V. 99 sq. Quid simile isti Graecus Aristippus? Dans la discussion de Damasippe-Stertinius avec l'interlocuteur fictif. (Rép. forcée s.-ent. : rien). V. 102. Vter est insanior horum? (Rép. forcée s.-ent. : c'est évidemment le premier.) Mais ici le cas est assez curieux. Damasippe n'a posé la question que parce qu'il a cru qu'elle ne comportait qu'une réponse. A la réflexion il s'aperçoit que la réponse ne s'impose pas aussi absolument qu'il le croyait. Il l'abandonne donc, et il reprend Targumentation par un autre côté. V. 108 sq. Qui discrepat istis... ? (Rép. forcée s.-ent. : il n'y a pas de différence; pourtant...). Et Damasippe continue son argumentation.
V. 122 sq. Filius... ut ebibat... custodis? (Rép. forcée s.-ent. : évidemment non). Ne tibi desit? (Rép. forcée s.-ent. : évidemment non). H. suppose la réponse faite puisqu'il continue par enim. Quantulum enim... curtabit... si...? (Rép. forcée s.-ent.: peu de chose). Quare... periuras... ? (Rép. forcée s.-ent. : il n'y a aucune bonne raison). Tun sanus? (Rép. forcée s.-ent. : évidemment non, car...)
V. 132 sq. Incolumi capite es? (Rép. forcée s.-enl. : évidemment non) quid enim? = car que pourrais-tu dire? Ici il y a une réponse possible et H. la formule : neque tu hoc facis Argis 2... Mais il montre qu'elle est absurde : An tu reris eum... Ac non
1. Cas douteux. Nil est peut être une simple constatation. Il n'y a pas do raison absolue pour se décider entre la forme positive et la forme interrogative.
-. Il est bien possible que cette réponse doive être mise sous la forme interrogative. Le cas serait le même que dans les exemples cités p. 188 sq.
tSB ÉTUDE SLR LKS SATIRES d'hORACE
nnte inalis...? (Uép. forcée s. -ont. : évidemment, c'est la seconde explication qui est la vraie). H. suppose si bien cette réponse exprimée qu'il continue: bien plus, Quin... Nil sane fecit... Toutes ces interrogations accumulées, à réponses prévues, arrivent au moment où la discussion avec l'avare est la plus vive et où Damasippe veut en iinir définitivement avec lui.
V. 166 sq. Quid enim differt...? (Rép. forcée s.-ent. : il n'y a pas de différence). H. suppose la réponse exprimée et en démontre la justesse par les dernières recommandations d'Oppidius à ses
enfants.
V. 182 sq. In cicere atque faba... Scilicet ut...? (Rép. forcée s.-ent. : ce serait absurde). L'interro^^ation termine un développement; un autre recommence, sans que la réponse soit donnée et sans transition.
V. 201. Rectum animi seruas? L'intention du plebcius en posant cette question est qu'Agamemnon ne puisse répondre (jue : non. Mais Agamemnon esquive la difficulté en disant : Quorsum^ ? c'est-à-dire : où veux-tu en venir? et H. continue comme s'il avait obtenu la réponse désirée, évidemment non, par Insanus ([uid enim Aiax fecit... ? qui montre qu'Ajax en a fait moins qu'Agamemnon.
V. 213. Stasanimo...?(Rép. forcée s.-ent. : évidemment non). Agamemnon est réduit au silence et la discussion est reprise par un autre côté, soit que le pleheius continue, soit que ce soit Damasippe-Stertinius qui prenne la parole en son nom.
V. 219 sq. Quid, siquis..., Integer est animi? (Rép. forcée s.-ent. : évidemment non.) Ici, pour montrer que la réponse affirmative est impossible, Damasippe-Stertinius ajoute : ne dixeris. V. 241 sq. Qui sanior, ac si... ? (Rép. forcée s.-ent. : évidemment non). La question termine le petit développement sur le fils d'Aesopus. Damasippe suppose la réponse faite et passe à un autre exemple.
V. 2ii;. Quorsum abeant ? Sanin...? Ici Damasippe laisse la réponse à la volonté du lecteur ; mais l'alternative qu'il choisira ne lui paraît pas douteuse. Réponse non exprimée, puis nouveau développement.
1. Il lie nu' somblc |)as(|iiil soit nécossairo d'adopter la correction do Bol lie : rtirsum. Af^aiiuMunon, iiiii no s'allond pas à la qnoslion, osl inlorlo- {piô. Cf. S. II, 7,21 : Nondioos hodie iiuorsum haoc lam piilida tondant.... Il sorail |)()ssil)lo (pio t/tiorsum? dût ôlro mis dans la bouche du pleheius supi)osant rintoniiplion d'-V^ainomnon : lu mo douiandos où je voux on vt'iiir ?... olo...
LKS PROCÉDÉS DK STYLK DANS LES SATIRKS 187
\ . 2'')'S sq. (Kiaei'o, faciasnc...?... ponas insignia morbi...?(Uép. s.-ent. : évidemment non). Damasippe voudrait qiion répondît : oui, mais il connaît trop son adversaire pour espérer une réponse satisfaisante. (Idée intermédiaire s.-ent. après évidemment non : et pourtant tu aurais tort); puis Damasippe commence sa démonstration.
V. 2o9 sq. Amator Exclusus qui distat...? (Rép. forcée s.ent. : il n y a pas de ditYérence), et Damasippe le prouve par un exemple.
V. 272 sq. Quid, cum..., pênes te's ? Quid ? cum..., qui sanior? (Rép. forcée s.-ent. à la première et à la deuxième question : évidemment non); puis Damasippe passe à un autre cas encore plus concluant.
\\ 278 sq. Cerritus fuit? An... absolues... et...?(Rép. s.-ent. à la première question : évidemment oui.) Mais les hommes sont si insensés, que Damasippe suppose que l'interlocuteur pourra bien ne pas la trouver forcée, et alors il lui prête une idée qu'il jui^e absurde, tout en lui laissant le choix de l'alternative, celle qu'il devra prendre ne paraissant pas douteuse. Le développement est clos par ces deux interrogations à réponse non exprimée ; un nouveau commence.
V. 303 sq. Quid,... cum..., sibi tum furiosa uidetur? (Rép. forcée s.-ent. : évidemment non). Elle s'impose tellement, qu'H. ne la formule point et passe à autre chose.
V. 311 sq. Qui ridiculus minus illo ? An... te quoque uerumst... certare...? (Rép. s.-ent. à la première question : évidemment en rien). Mais Damasippe craint qu'elle ne s'impose pas, et il prête à H. une idée absurde en lui laissant la réponse à faire ; elle n'est pas douteuse et n'est pas formulée. Damasippe passe à un autre exemple.
S. II, 4, 81 sq. Vilibus in scopis...? (Rép. forcée s.-ent. : il est très petit).
S. II, 7, 41 sq. Insectere uelut melior...? (Rép. forcée s.-ent. : non. tu ne devrais pas le faire). Le couplet deMuIvius se termine sur cette question.
V. 42 sq. (^uid, si me stultior ipso... deprenderis? II. n'a rien à répondre ; la preuve, c'est qu'il se contente de prendre une attitude menaçante.
V. o(). Non es quod simulas ? (Rép. forcée s.-ent. : si). V. 58 sq. Quid refert...? (Rép. forcée s.-ent. : cela n'importe pas). V. (M sq. Estne marito...? (Rép. forcée s.-ent. : oui). V. 70 sq. Quae belua ruptis... reddit se... catenis ? (Rép. forcée s.-ent. : aucune).
-188 ÉTUDE SLR LES SATIRES d'hORACE
Toute cette série de questions pressantes constitue la démonstration de Dave, qui se termine par la dernière ; l'objection d'H. supposée par Dave : « Non sum moechus » ais... n'est pas la réponse à la question' précédente. Il passe condamnation et se place sur un avitre terrain. Le cas est exactement le même que dans les discussions avec l'interlocuteur fictif; seulement Dave a ici î» faire à un adversaire en chair et en os, qui se trouve réduit au silence.
V. 75 sq. Tune mihi dominus...? (Rép. forcée s. -ent. : évidemment non). Dave, quoiqu'elle ne soit pas formulée, la suppose si bien acquise qu'il continue par : nam... '.
V. 80. Tibi quid sum ego? (Rép. forcée s. -ent. : un conseruus ou un uicarius).
V. 88 sq. Potesne Ex his ut proprium quid noscere ? (Rép. forcée s. -ent. : non). V. 95 sq. Vel, cum... torpes..., qui peccas minus atqueego...? (Rép. forcée s. -ent. : évidemment non). Et Dave continue son argumentation. Y. 102 sq. Tibi ing'ens uirtus... responsat ? (Rép. forcée s. -ent. : non). Obsequium uentris mihi perniciosius est? (Rép. forcée s. -ent. : non). Cur? = comment, en effet, en serait-il ainsi? (Rép. forcée s. -ent. : en aucune façon). Qui tu inpunitior... captas? (Rép. forcée s. -ent. : nullement), car...
V. 109sq. An hicpeccat... ? Le choix de l'alternative est laissé à IL ; mais il ne saurait être douteux, car H. ne répond rien. L'argumentation de Dave, dans tout ce passage, consiste à accabler son maître de questions pressantes et accumulées, aux- (juelles il n'a rien à répondre, et qui donnent à l'argumentation une allure triomphante.
S. II, I, G5 sq. Num Laelius et qui... doluere...? (Rép. forcée s. -ent. : non.)
Le nombre des exemples montre combien le procédé de l'interrogation h réponse prévue est familier à H. C'est un moyen de donner à son raisonnement quelque chose de plus décisif et de plus passionné. Il traduit cet esprit agressif qui est caracléristi(|ue d'il. A l'époque des S. 11. ne discute pas de sang-froid, il s'emporte ; il ne se contente pas d'avoir raison, il veut écraser l'adversaire.
(Juel([uef()is il atténue un peu la violence du procédé et il s'y prend de deux façons : ou bien il admet une réponse, mais dont il démontre immédiatement la faiblesse, comme dans les exemples suivants : S. I, 2, G9 sq. L' « animus » demande à Vil-
l. Sur la i);ucMitlièso : (addo supor... ualoal), cf. p. 118.
lius : quicl uis tibi? numquid ego a te... deposco...? H. pourrait en rester là ; la rép. forcée s.-ent. serait : évidemment non. Au lieu de cela, il cherche bénévolement ce que Villius pourrait bien répondre : Quid responderet ? Et il se demande si ce ne serait pas ceci : iSIagno pâtre nata puellast? Mais toute l'argumentation de r (( animus » a réfuté d'avance cette réponse. H. sous-entend qu'elle est mauvaise et continue son raisonnement. De même, S. I, 1, 41 sq. : Quid iuuat... etc. ? H. pourrait s'en tenir là. (Rép. forcée s.-ent. : cela ne sert à rien). Il se demande si l'interlocuteur ne pourrait pas répondre : Quod, si conminuas, uilem redigatur ad assem? Et il démontre que cette réponse ne vaut rien. S. II, 2, 33 sq. : quo pertinet ergo Proceros odisse lupos? H. pourrait en rester là et sous-entendre : c'est absurde. Il imagine une réponse : Quia scilicet illis Maiorem natura modum dédit, his breue pondus? Mais sa condescendance est ironique, car c'est justement là que se révèle la bizarrerie du gourmet. Et H. peut s'écrier: (Ainsi, s.-ent.) leiunus raro stomachus uolgaria temnit ! Une autre façon d'atténuer le procédé est la suivante : H., après la question, se borne à indiquer comment il répondrait pour son compte (ce qui en apparence exclut qu'il soit absolument absurde de répondre autrement. Ce n'est pas tout à fait la réponse forcée). S. I, 2, 109 sq. : speras...? Nonne... plus prodest...? Num... quaeris... ? num... fastidis...? num... malis...? Non ego. S. I, 10, 74 sq. : An... malis? Non e(jo... S. I, 1, TOsq. : An uigilare metu exanimem... hoc iuuat? Horum semper ego optarim pauperrimus esse bonorum.
L'interrogation à réponse forcée n'est pas seulement chez H. un procédé de raisonnement ; c'est aussi — comme chez tous les écrivains — un procédé de rhétorique. Au lieu d'exprimer une idée sous forme positive, on l'exprime sous forme interrogative, lorsqu'il n'y a pas d'ambiguïté possible sur la réponse, et cela donne au style plus de vivacité.
S. I, 2, 17 sq. : quis non... exclamât... ?= omnes exclamant. S. I, 6, 82 : Quid multa ? = ne multa. S. I, 8, 40 : ...quid memorem... ?= non opust memorare. S. I, 9, 23 sq. : quis... possit? quis... ? = nemo possit, nemo. S. I, 10, 2 sq. : Quis tam Lucili fautor ineptest. . . ? = nemo. . . tam fautor ineptest. S. I, 1 , 7 : quid enim?= nihil est (quod contra dicas). V. 20 : quid causaest...? = nulla causa est... V. 25 : quid uetat? = nihil uetat. S. II, 2, 76 sq. : Vides... ut...? La forme interrogative est probable, mais non absolument certaine. S. II. 3, 283 : Quid tam magnum? ^ nihil tam magnum. S. II, o, 42 : Nonne
|()0 KTl Di; SLR LKS SATIIIKS l)"ll()HACE '
uides... ut... ?=certe uides ut... V. 101 sq. : Er^^o nunc Dama sodalis Nusquamst ? unde mihi tam fortem tamque fidelem ? La forme interro^ative s'explique ici iJarce que rinterlocuteur feint une très vive émotion. S. II, 0, 17 : Quid prius inlustrem...? = nil prius inlustrem. .. (s. -eut. que ce qui va suivre ; cf. p. 1)2. note 1 ,. V. 83 : quid nudta? = ne multa. S. II, 8, ;J9 sq. : Quis es.set Unis... ?= nullus esset finis... V. (il sq. : ...quis est crudelior in nos Te deus ? = nullus est crudelior... deus. S. II, 1 , 24 : Quid faciam? = nescio quid faciam. H. feint d'être embarras.sé. En réalité il veut dire : je ne saurais faire autrement, comme les exemples suivants le prouvent. V. 41 sq. : ...quemcur destrin-ere coner...?= nulla est causa cur... V. 52 sq. : unde nisi intus Monstratum ? = certe intus monstratum.
Le petit nombre de ces exemples est caractéristiqvie. L'mterrog^ation de rhétorique est un des procédés dont usent le plus les écrivains, qui veulent donner à leur style un mouvement factice. H. n'en use presque pas. Il y a dans son style très peu de rhétorique.
Il faut ajouter quelques interro<?ations indignées, qui ne sont point mises au hasard, mais lorsque le pathétique de la situation le comporte. S. 1, 10, 78 sq. : Men moucat cimex Pantilius... ? H. est outré contre ses ennemis littéraires, et il les injurie. S. II, 4,83s(j. :Ten uarios lapides...? C'est là un solécisme contre le code du savoir vivre que Gatius ne saurait supporter. S. II, 5,18 : Vtne tej^^am spurco Damaelatus? Ulysse est furieux du rôle qu'on veut lui faire jouer ; il s'apaise du reste aussitôt. S. Il, 8, 07 sq. : Tene... torquerier...? Balatro feint d'être profondément marri de ce que Nasidienus se soit donné tant de peine en pure perte.
Un autre cas, dans lequel l'interrogea tion est de pure rhétorique, c'est lorsque l'écrivain pose ainsi la question ([u'd va traiter et fait lui-même la réponse. Le procédé n'a pour but que de tlonner plus de vivacité au style. S. I. 2, 24 : Si cpiis nunc quaerat: <( quo res haec pertinet? » lUuc II. aurait pu dire simplement: haec res iUuc pertinet. S. I, 3, 128 sci. : sutor tamen est sapiens. Qui? Vt quamuis tacet Ilermog^enes... Dans le dialogue avec le stoïcien mendiant. Il semble bien (|ue ce ne soit pas une question faite par H., mais une interrogation que le stoïcien s'adresse à hii-inêmeelà latpielle il répond. S. I. 0, 17 sq. : quid oporlet...? C'est un point iniportanl, auquel une grande partie de la S. est consacrée. S. l. I, I sq. : Qui tît, Maecenas, ut...? C'est le sujet d'une partie de la pièce. V. 03 : Quid facias illi ? lubeas miserum esse... 11. répond immédiatement à la question cpi d
vient de poser. V. 73 sq. : Nescis quo ualeat nummus...? Panis ematur, olus... H. fait la demande et la réponse. V. 108 sq. Il semble bien, malgré les difficultés du passage, qu'H. ne se borne pas H répéter la question, mais qu'il formule la réponse. S. II, 2, 7 sq. : Cur hoc? Dicam, si potero. V. 18 sq. : Vnde putas aut Qui partum? Non in caro nidore uoluptas... V. 63 sq. : Quali igitur uictu sapiens utetur... ? Après avoir indiqué que la question est embarrassante, H. répond : Mundus erit... S. II, 3, 65 sq. : Integer est mentis Damasippi creditor? C'est la question que Stertinius va traiter et, pour le moment, il admet (esto) que la réponse est douteuse. V. 89 sq. : quid erg-o sensit... ? Ce n'est pas une question posée par l'interlocuteur iictif, mais par Damasippe-Stertinius lui-même qui y répond. V. 97 : Sapiensne ? Il semble que ce soit une de ces questions que se pose à lui-même l'orateur stoïcien et auxquelles il répond. Le cas est le même V. 158 sq. V. 162 : rectets igitur surgetque? Negabit... Nous aA'ons là l'écho d'une conversation. V. 200 : insanus quid enim Aiax fecit? Damasippe-Stertinius répond. V. 262 sq. : Nec nunc... Accedam? an potius méditer... ?... redeam... ?Non. si obsecret. L'amoureux est dans une grande perplexité ; il pense tout haut, il s'interroge et il se répond. V. 295 : Quone malo mentem concussa ? Timoré deorum. Il n'y a pas lieu de faire intervenir là linterlocuteur fictif. C'est Damasippe qui pose nettement la question et qui la résout. S. II, 7, 47 : Peccat uter nostrum cruce dignius ? C'est la question que Dave se met à traiter immédiatement. V. 83 sq. : Quisnam igitur liber? Sapiens... Il semble que ce soit l'interrogation caractéristique de la discussion stoïcienne.
Quoique librement employé par H. le procédé delà demande et de la réponse faites par l'auteur n'est cependant pas extrêmement fréquent. Il sert du reste à donner, non point seulement du mouvement au style (H. n'aime pas le mouvement factice), mais de la netteté à la discussion.
Les quelques cas qui appellent encore une remarque sont les suivants : S. II, 2, 94 sq. : Das aliquid famae...? L'interrogation remplace plus vivement une proposition hypothétique.
S. IL 7, 34 sq. : nemon oleum feret ocius? ecquis Audit? y. 116 : Vnde mihi lapidem ?... Vnde sagittas? Ce sont des injonctions mitigées, qui s'adressent à la cantonade. H. reproduit un procédé usuel dans la vie familière.
S. II, 5. 60 sq. : 0 rus quando ego te adspiciam... ? 0 quando faba... ? l'interrogation correspond à un souhait.
Je ne m'occupe pas ici des interrogations réelles suivies de réponses, comme on en échange dans la vie de tous les jours et comme H. est amené à en introduire un certain nombre, lorsqu'il reproduit une conversation. Dans cette catégorie les seuls cas à remarquer sont les suivants : S. 1, 9, 24 sq. : est tibi mater.,.? C'est bien une question qui appelle une réponse, mais H. ne l'attend pas (cf. p. 158, note 1). V. 43 : Maecenas quomodo tecum? De même, mais le bavard ne l'attend pas et il continue'. V. 75 : quo tu turpissime? Le plaideur n'attend pas la réponse. V. 76 : licet antestari? H. répond par son attitude : Oppono auriculam. S. 1, 1, 18 sq. : Eia! Quid statis? Le dieu n'obtient pas de réponse, parce que les intéressés n'osent pas refuser ce qu'ils viennent de demander. Ils prennent une attitude passive. V. 66 : quid rides? H. n'attend pas la réponse et il continue. S. II, 3, 317 sq. : Quantane?num tantum... Dimidio? — Num tanto^? La grenouille pose des questions à son petit; elle n'attend pas la réponse à la première, à la troisième et à la quatrième. S. II, 6, 29 : Quiduis, insane, etquas res agis ? H. ne juge pas à propos de formuler sa réponse, sans doute parce qu'il n'en fait pas dans la réalité, et du reste son interlocuteur ne l'attend pas et continue. V. 90 sq. : Quid te iuuat...? Vis tu homines... praeponere? Le rat de ville interroge bien son ami, mais il n'attend pas la réponse et lui adresse immédiatement ses exhortations. Du reste, dans sa pensée, quid te iuuat...? est une interrogation à réponse forcée; Vis tu...? remplace une proposition hypothétique. S. II, 7, 116 :
1. Tout ce couplet: Maecenas quomodo... Summosses omnes (v. 43-48), doit êli-e laissé au bavard. Paucorum hominum... etc. ne saurait constituer une réponse réelle à : Maecenas quomodo tecum? Au contraire il est assez naturel qu'H. ne soit pas pressé de répondre à cette question indiscrète et (jue le bavard — qui du reste est renseigné là-dessus — suive son idée; son but c'est de demander à être présenté. Il y vient sans attendre la "^ réponse d'H. ou peut-être même sans lui donner le temps de la formuler. \
2. C'est ainsi (jue lit Luc. Millier dans ses deux dernières éditions; la lecture est ingénieuse; elle repose pourtant uniquement sur ce fait qu'on ne veut pas faire dire au petit de la grenouille que le veau était moitié plus gros (lu'elle — maior dimidio — . Évidemment le petit aurait mal vu et resterait au-dessous de la vérité; mais faut-il chercher tant de précision dans ' une fable? Si l'on admet que Maior dimidio (correspondant à suOlans se du , V. précédent) n'est pas interrogatif et exprime le résultat des efforts de la grenouille, on arri\e également fi une invraisemblance, mais (|ui peut-être ne doit pas choquer (!ans une fable. Avec cette lecture, toutes les questions restent sans réponse.
Quorsumst opus? H. emporté par la colère ne s'attarde pas à donner à son esclave les explications qu'il réclame,
II. V apostrophe. H. ne l'emploie qu'avec modération et dans des cas déterminés.
Apostrophe à des personnes absentes : S. I, 6, 1 : Non quia, Maecenas... S. I, 1, 1 : Qui fit, Maecenas...? Elle sert à dédier à Mécène ces deux pièces qui sont de véritables épîtres. S. I, 2, 81 : Gerinthei. S. I, 6, 24 sq. : quo tibi, Tilli,...? 107 sq. : tibi, Tilli,... praeclare senator. H. interpelle ses victimes. Le trait satirique est plus vigoureux encore, S. I, 10, 90 sq. : Demetri, teque Tigelli...; ce sont des ennemis littéraires, qui ont attaqué H. et auxquels il répond directement. S. I, 3, 60 : obtulerim tibi, Maecenas... C'est par un sentiment de vive amitié, qu'ayant à parler de Mécène, H. s'adresse à lui comme s'il était là. S. I, 4, 85 : hune tu. Romane, caueto. H. veut rendre l'avertissement plus direct; il reproduit sans doute une formule. S. I, 2, 37 sq. : Audirest operae pretium, procedere recte Qui moechos non uoltis. Imitation d'Ennius ; c'est donc une apostrophe poétique un peu ditférente des cas où l'auteur interpelle un auditoire fictif- . Dans une énumération l'apostrophe est une figure de rhétorique qui sert à varier le style ; S. I, 10, 42 : Fundani... 84 sq. : te..., PoUio. te, Messalla,... Vos, Bibule et Serui, simul his te, candide Furni... S. II, 8, 84 sq. : Nasidiene, redis mutatae frontis... C'est une apostrophe épique, dont l'emphase rend le personnage plus ridicule.
Précédée de 0 l'apostrophe devient très pathétique. S. I, 9, il sq. : 0 te, Bolane, cerebri Felicem! H. ne peut contenirsa vive impatience. S. I, 1, 6 : 0 fortunati mercatores,.., apostrophe d'envie 3.
1. La conj. de Doederlein, Cerintha, est assez séduisante au premier abord ; il s'agirait d'une courtisane grecque mise en parallèle avec la matrone ; pourtant il ne semble pas impossible de conserver la leçon des mss. Cerinthe; quant à l'idée qu'on doit se faire du personnage, elle est différente suivant la leçon qu'on adopte pour le contexte.
2. S. II, 2, 1 sq. : Quae uirtus et quanta, boni,... Discite... S. II, 3,80sq.: hue propius me, Dum doceo insanire omnes, uos ordine adite. H. s'adresse à un auditoire fictif. C'est un cas différent de celui que nous |étudions, de même que les nombreuses apostrophes à l'interlocuteur fictif. L'interpellé est supposé présent.
3. C'est à l'interlocuteur fictif qu'H. en veut, S. I, 10, 21 : O seri studiorum; S. II, 2, 107 : O, magnus posthac inimicis risus, apostrophes méprisantes. Il interpelle des personnes supposées présentes, S. II, 2, 128 :