‹ Étude sur les Satires d'HoraceChapitre 42 sur 48 · Kiossliiifï 2, ncl v · texte numérisé non relu

Kiossliiifï 2, ncl v

.T. W. GomoW, Die Realien..., II. 3, 1894, p. 83 : « Dcm Ungliick... gc-;enul)CM'... (Mitr;tllt>l (Um- sloisclic Woise seine ganze Soelonstiirkc, und so maliBl iuicli lloiaz, S. II, 2, 13i). 136... Ùbcr jeglichcs Schicksal... erhaben zu sein, isl oin sloischc' Gedanko... ». Ofelhis est nne manière de stoïcien.

ment de distinction inné chez lui, et contre les représentants latins de la doctrine, les Fabius et les Crispinus, qui Texprimaient sans doute dans un mauvais style et d'une façon assez ridicule. Il n'a jamais attaqué les fondateurs et les maîtres respectés du stoïcisme, Zenon, Chrysippe et les autres. Ici Damasippe le banqueroutier est moins maltraité que l'anonyme de la S. I, 3 : c'est du reste la forme qui a changé plutôt que le fond; au lieu d'être injurieux, H. est poli et ironique. Mais Stertinius est presque éparg^né. S'il a sa part de l'ironie exprimée envers Damasippe, il nel'a que par contre-coup, et H. a raconté simplement, sans essayer de le tourner en ridicule, le sauvetage que Stertinius opère de Damasippe. Il semble par là avoir reconnu ce qu il y avait de noble et d'utile dans l'apostolat de ces stoïciens, qui recherchaient les humbles, les petits, les désespérés, pour les consoler et les soutenir dans les rudes épreuves de la vie. Comme les grands seigneurs avaient, sous l'empire, leurs philosophes attachés à leur personne, le peuple trouvait les siens dans la rue à sa disposition et prêts à le réconforter. Ce côté honorable de leur rôle n'a pas échappé à H. Quant à son attitude vis-à-vis des idées, il est bien certain qu'il n'accepte pas le paradoxe ; pourtant nous avons vu que, dans le premier livre, l'opinion que les vicieux sont véritablement fous ne lui est pas étrangère et que les mots insanus, insanire reviennent plusieurs fois sous sa plume ; c'est là du reste une chose pressentie par le sens commun, et entre H. et Damasippe il n'y a sans doute qu'une question de mesure. Mais ce qui est surtout sensible dans la S. II, 3, c'est la connaissance approfondie dont H. fait preuve non pas seulement de la phraséologie stoïcienne — il y a longtemps qu'il était familier avec elle — , mais des procédés typiques de la discussion. Cette précision ne s'explique que par des études voulues, et par le désir de pénétrer, en même temps que les idées des diverses écoles, la forme dont elles les revêtaient. V. 27 sq., et miror morbi purgatum te illius... Einouit ueterem mire nouus... C'était l'habitude des stoïciens et en particulier de Chrysippe « morbis corporum comparare morborum animi similitudinem », Cic, Tusc.j IV, 10, 23*; v. 39, pudor... malus, Kiessl. -, ad h. /., fait

I. Kiessliiig^ ad h. l. \V. Gemoll, Die Realien bei Horaz, Ileft 3, 1894, p. o9 : « Die Lehi-e von den Affekten ist stoisch... » ; p. 64: « Aus den Affeklen entstehen, wenii sie habiluell (cf. S. I, 3, 36) werden, fôrmliche Seelenkraukeiten »; cf., v. 80, Aut alio mentis morbo calet, v. 132, morbo iactatur eodem..., v. 161, Non est cardiacus,.., v. 306 sq., quo me Aegrotare pules animi uitio...

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remarquer que c'est la traduction du terme stoïque ojjwzia (Plut. Tztpi cjTwzfaç, 2^; V. 41. Stertinius commence sa démonstration par une définition de la folie, comme c'était l'usag-e dans lécole ' ; stultitia, c'est l'iopocîJv/), inscitia ueri, l'à'Yvs'.a ; au v. 77 sq., .Vudire atque tog-am iubeo conponere etc.. est évidemment le début d'une leçon dog-ma tique devant un auditoire; si H. le reproduit, c'est qu'il en avait entendu de pareils ; il allait donc à Rome écouter lôs philosophes contemporains, s'asseoir sur les ])ancs, et peut-être avait-il entendu Stertinius lui-même ; v. DG sq., ille Clarus erit, fortis, iustus. « Sapiensne ? » etiam et rex Et quidquid uolet..., ces petites phrases coupées, interrompues par une courte interrogation suivie d'une réponse, sont un des procédés de l'exposition stoïcienne; v. 158 sq., Quisnam igitur sanus ? Qui non stultus..., c'en était un également, après avoir commencé par une définition, de résumer les résultats acquis par de brèves questions et de brèves réponses; v. 187 sq., Kiessl, -, ad h. /., pense qu'H., pour la discussion entre Ag-amemnon et l'anonyme à propos d'Ajax, a pu avoir sous les yeux une exposition semblablement aiguiséepar la rhétorique d'un ancien cynique ou stoïcien (cl". Épictète, III, 22, 30 etBion chez Telès, p. 22 H.) ; au v. 208, Qui species alias ueris..., Kiessl.-, ad h. L, remarque que c'est tout à fait la terminologie stoïcienne; v. 296 sq., Haec mihi Stertinius sa pientum octauus... Arma dédit... (cf. v. 33 sq., unde ego mira Descripsi docilis praecepta haec), Damasippe s'abrite derrière son maître. Or c'était sûrement l'usage des prédicateurs stoïciens de morale, qui ne donnaient pas leurs préceptes comme tirés de leur propre fond, mais qui, pour leur attirer plus de respect et pour attester la continuité de la doctrine, citaient les noms vénérés des maîtres, Zenon, Ghrysippe et les autres. — De ces observations de détail, il résulte qu'au moment où II. écrivit la S. II, 3 le stoïcisme s'imposait à sa curiosité attentive comme une doctrine importante, et qu'il ne pouvait laisser de côté : ce n'est pas une conversion au stoïcisme ; c'est au moins une orientation, une évolution peut-être plus sympathi(|ue au fond, qu'il, n'a voulu en convenir dans la forme.

La S. II, 4 nous offre, dans la bouche de Gatius, une allusion qui est à relever : v. 2 sq., qualia uincent Pythagoran Anytique reum doctumque Platona'\ Parmi les g^rands philo-

i. Kiesslinj;-, nd h. /., rapproche la délinitit)!! do Clu'vsippe, SloI)., ccl. phi/s., II, 7, S*", 13, £Ti ôè X^YOui'. nâvTa çaùXov aafvéaOai. àyvoiav ï/ovra aOroù zal Ttôv zaO' aCiTov, cî-sp i^rî uavia.

2. C'est la seule fois qu'H. cite IMatou dans les S. Dans la S. II, .?. Il

sophes, Catius cite Pythag-ore, et ce nom, qui fig-ure dans l'Épod. 15, V. 21, Nec te Pythagorae fallantarcana renati, revient encore dans la S. II, G, 63, 0 quando faba Pythagorae cognata... Cette triple mention n'est pas l'effet du hasard. Il y avait à Rome, à l'époque d'H., une sorte de renaissance du pythagorisme. H. s'en préoccupait, et, par suite, nous voyons avec quelle attention il se tenait au courant du mouvement philosophique contemporain. Dans l'Epod. 15 il interpelle avec dépit un de ses rivaux, et lui prédit que, quand il serait le plus riche, le plus instruit en philosophie, le plus beau des hommes, il n'en éprouverait pas moins lui aussi les infidélités de Neaera ; or, pour rendre par un trait concret le degré le plus élevé de la science philosophique, H. ne trouve rien de mieux que la connaissance des mystères de la métempsy chose. Il n'y a point là d'ironie, non plus que dans la S. II, 4 où, bien que Catius soit un personnage ridicule, l'association de Pythagore à Socrate et à Platon exclut de la part d'H. toute intention irrévérencieuse. Au contraire, dans la S. II, 6, 1 allusion, du reste diversement expliquée, à laparenté de Pythagore avec la fève est une plaisanterie. Il est possible que les mystères du pythagorisme en aient primitivement imposé à H., et qu'il s'en soit ensuite égayé; ce qui est certain, c'est qu'il y fait encore allusion C. I, 28, 9 sq. — . Au premier abord, la prétention de Catius de faire de la philosophie dans la S. II, 4 semble assez singulière ; de concert avec H . , qui l'approuve et l'appuie ironiquement V. 95, Atque haurire queam uitae praecepta beatae, Catius prétend, non pas apporter simplement des améliorations à la cuisine romaine et faire la leçon aux maîtres-queux, mais initier ses contemporains àun système de philosophie dont son inspirateur est le représentant. On ne peut guère voir là une plaisanterie ne reposant sur rien de réel. Dans la haute société romaine , bon nombre de gens, dont la vie était dirigée vers le plaisir, se rattachaient sans doute à une doctrine qu'on peut appeler l'épicurisme mondain, très éloigné de Fépicurisme primitif et véritable, et qui était plutôt une forme de l'hédonisme. Le secret de la vie heureuse était pour eux de jouir, et l'une des jouissances les plus appréciables leur paraissait être celle de la table. H. avait donc raison — non pas seulement de leur reprocher leurs excès, comme dans la S. II, 2, où il les réfute à l'aide de

je crois qu'il est question de l'auteur comique. Ici le philosophe est mentionné en compagnie de son maître Socrate; il y a dans les S. quelques traces des doctrines platoniciennes.

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