Duiil/..'!-. hril. u. ErkL, i'-^'" Theil, p
du calme et des livres qu'il emporte avec lui. C'est à la peinture dune situation nouvelle due k Mécène, d'un état d'esprit tout récent que la S. 11, (j est consacrée. La S. Il, 8 se rattache plus intimement à un genre largement représenté dans le 1°'' 1. (S. I, o, 8, 9), l'illustration d'un petit événement qui s'est passé dans le cercle de Mécène ; Mécène a été invité par Nasidienus à un repas succulent et fort bien ordonné; mais ce repas a été rendu insupportable, moins par un accident fruit du hasard, que par l'insistance de l'amphitryon à vanter chaque mets, à en expliquer la préparation savante et l'excellence. Gela est rebutant pour des gens d'esprit.
La S. II, 8 a ceci de particulier quelle est une S. culinaire. Or il y en a deux autres dans ce cas, les S. Il, 2 et 4. La S. II, 2 contient une leçon professorale sur les avantages de la frugalité, sur les inconvénients et l'absurdité du luxe exagéré de la table. Dans la S. II, 4 H. se fait réciter par Catius et écoute avec un enthousiasme feint des fragments d'un traité de cuisine. L'abondance des S. culinaires a de quoi surprendre; elle mérite une explication. Sans doute on n'épargnait rien pour faire bonne chère dans le demi-monde, où H. avait jadis courtisé Inachia ; les jeunes viveurs jetaient l'argent par les fenêtres et les scurrae leur apprenaient à bien manger. Pourtant la qualité des mets n'était qu'un ragoût pour d'autres plaisirs. 11 en était autrement dans la société plus relevée, où H. fut admis à la suite de Mécène. Là, la cuisine était un art, qui ne paraît, du reste, avoir eu qu'un rapport lointain avec celui des gourmets modernes; on ne se proposait pas uniquement de flatter le goût par des raffinements habiles ; on se complaisait dans des inventions bizarres et coûteuses; on obéissait à des modes, qu'on ne discutait pas ; on recherchait non point l'exquis, mais le déraisonnable. Mécène avait lui-même une table recherchée i, mais nous ne savons si, dès avant Actium, c'était lui qui donnait le ton; à coup sûr, ni lui ni ses convives ne s'absorbaient dans la dégustation béate des plats et la conversation était autrement vive et spirituelle que chez Nasidienus ; ce n'est pas sur le train de Mécène que paraissent tomber les critiques d'H. Il n'en est pas moins vrai qu'il fait preuve dans le 2'" 1. des S. d'une expérience gastronomique qu'il n'avait sûrement pas à l'époque du l'"'". Sa frugalité même paraît avoir été mise à l'épreuve. Tout en restant chez lui fidèle à la sobriété, il se laissait aller à apprécier plus
i. Fraïutsen, Op. cit., p. 114 sq.