‹ Étude sur les sociétés coopératives et leur constitution légale, précédée d'un coup-d'œil surChapitre 8 sur 18 · I. Admission des membres dans la Société · texte numérisé non relu

I. Admission des membres dans la Société

Dans la Société de consommation, si Ton ne décide point que chaque associé remplira le rôle de vendeur à tour de rôle , l'entrée pourrait , ce semble , être libre, et chacun devrait pouvoir compter dans la Société, sans avoir besoin d'aucune > présentation. La considération de la personne est assez indifférente ; il serait peut-être cependant plus prudent, dans tous les cas , de demander la présentation de trois associés. Cette condition essentielle, par exemple, pour les autres Sociétés n'est pas assez lourde pour être repoussée systématiquement, comme une entrave Inutile.

Dans les Sociétés de crédit, au contraire, il est

très-important de savoir avec qui Ton se lie. La moralité de l'associé, ses habitudes antérieures, sa conduite vis-à-vis de ses échéances doivent être bien connues ; mais il me semble que la présentation de trois membres garantit suffisamment les intérêts de la Société. Il n'est pas utile d'obtenir l'avis du conseil d'administration. Quoique élu librement par rassemblée générale des associés, quoique renouvelable, il pourrait, à un moment donné, représenter des intérêts et des idées peu conformes à l'expansion de la Société. Les statuts de la Société de crédit agricole de Beblenheim sont rédigés dans ce sens.

A plus forte raison, un simple déposant pourra devenir associé quand il le voudra, mais en se soumettant aux autres conditions de présentation.

Les actions doivent-elles être cessibles et au porteur? Non, tout le monde est d'accord sur ce point; la coopération est une association de personnes et de capitaux et non pas seulement de personnes. Dans la coopération, l'unité ne peut pas être l'action, le capital versé; l'unité c'est le coopé-' rateur. Mais il est inutile, ce semble, que l'assemblée générale décide si la transmission de l'action pourra avoir lieu. L'autorisation du comité de gérance ne serait-elle pas suffisante?

Dans les Sociétés de production, la pénétration réciproque des associés est bien plus grande que partout ailleurs ; il ne suffira point d'avoir pu apprécier la moralité du futur associé, il faut encore savoir quelle est son activité et son habileté au travail. Un essai, un apprentissage sont donc essentiels. Le modèle

de statuts présenté par le journal YAssociation en fixait la durée à trois mois. Un mois, au contraire , me paraît suffisant en général. Le délai devra d'ailleurs varier suivant la nature et la complication du travail, objet de la société.

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