‹ Étude sur les Tests d'Intelligence, de Caractère et d'Aptitude ProfessionnelleChapitre 11 sur 19 · UTILISATION PEDAGOGIQUE ET SOCIALE DES TESTS · texte numérisé non relu

UTILISATION PEDAGOGIQUE ET SOCIALE DES TESTS

Les tests de Binet et Simon ont été créés à l’usage des instituteurs afin de reconnaître si le niveau mental des élèves permet de suivre ou non l’enseignement de la classe à laquelle leur âge les assigne. Ultérieurement, les mêmes tests servaient aussi de dépister les enfants supérieurs à la classe de leur âge réel.

Ce sont d’ailleurs toujours encore les instituteurs qui utilisent le plus souvent les tests d'intelligence et qui en sont les adeptes les plus fervents. On doit se demander si les tests peuvent un jour rendre le service considérable de désigner parmi les élèves ceux dont les aptitudes permettent de choisir une carrière intellectuelle ou libérale et ceux qui doivent se contenter d’un métier manuel. Ce serait la plus grande utilité de la psychotechnique et son cadre dépasse rait alors celui de la pédagogie pour devenir un véritable instrument de sélection sociale.

Pour l'instant, le rôle de ces méthodes est unique-

Ve EE

ment négatif. L'emploi des tests permet d'éliminer les sujets dont le niveau intellectuel est trop bas pour suivre un enseignement. Ils rendent ainsi service à la fois à l’élève à qui l’on évite ainsi le surmenage et la perte de temps et à ses condisciples les plus intelligents dont le progrès ne peut être que gêné par la présence d'élèves insuffisants.

Ce caractère négatif du service rendu par les tests est dû au fait qu'ils n’explorent que les sphères tout inférieures de l'intelligence. Les formes supérieures de celles-ci comme l'imagination, l'invention, etc., échappent complètement à la méthode. Aussi Chauffard at-il émis, en 1932, l’avis que les professions libérales échappent à la possibilité d’une orientation professionnelle à l’aide des tests. Laugier, par contre, admet que les concours constituent une forme rudimentaire de cette orientation.

Page 1