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EXAMEN MICROSCOPIQUE

Au microscope, on remarque que le parasite est constitué par des chapelets de grosses spores (9 x) à double contour, qui infil-

trent le poil mais surtout en occupent la périphérie où elles forment une sorte d’étui,

Comme pour les autres Trichophyton d'origine équine, le microscope ne peut nous faire reconnaitre l'espèce particulière de Trichophyton, il nous donne simplement la faculté d'affirmer l'origine animale dû parasite.

Les cultures du Trichophyton depilans sont très lentes à pousser.

CULTURES. — Sur gélose ou moût de bière, il se produit une acumination centrale. Autour on voit naître une aréole poudreuse qui, au bout d’un mois environ, donne naissance par sa périphérie à des rayons superficiels, comparables à des feuilles de Fougère. — La culture est jaune brun. Sur gélose peptonisée-maltosée (milieu d’épreuve), la culture est caractéristique. C’est d’elle que le Trichophyton depilans a mérité le nom de Trichophyton à cultures jaunes, craquelées, vermiculaires. Au bout d’une quinzaine de jours environ, elle forme une sorte de gâteau croûteux. Mais ce gâteau est craquelé, parcouru par des scissures et présente des irrégularités qui rappellent assez bien, dit Bodin, l’apparence extérieure des circonvolutions cérébrales. Autour se trouve une aréole poudreuse avec des rayons périphériques. La culture est jaune.

Sur pomme de terre, le Champignon donne une culture à fond brunâtre, recouverte d’une fine poudre blanche.

INOCULATIONS EXPÉRIMENTALES. — D’après Bodin, « l’inoculation au Cobaye... détermine chez cet animal une trichophytie sècheet dépilante, qui donne la preuve de son rôle pathogène ».

MycoLoGiEe. — Outre les caractères morphologiques des autres Trichophyton, le T. depilans présente ceci de particulier : sur le trajet de certains filaments, on voit se former des renflements, sorte de nodosités à forme irrégulière et à double contour. A Pintérieur, d’après Sabouraud, on distinguerait deux, trois où quatre spores, qui sont plus volumineuses que les conidies du type Botrytis. Ce serait donc une ébauche de périthèce.

Tels sont les caractères de ce Champignon qui, seul jusqu’à présent, est connu comme causant la teigne à dermite superficielle humide. De toutes les trichophyties de la barbe, c’est la seule qui ne soit due qu’à un Champignon. Les teignes sèches, comme le sycosis circiné, reconnaissent comme cause plusieurs parasites, ainsi que nous allons le voir.

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Trichophyties sèches de la barbe.

Les observations nouvelles de Bodin ont remanié complètement le chapitre des trichophyties sèches de la barbe. Jusqu'en 1900, en effet, on ne connaissait qu’une seule forme de teigne sèche» celle décrite par Sabouraud, ressemblant à de l'ichthyose pilaire et due au Trichophyton Megnini d’origine aviaire. Depuis, Bodin a signalé une autre forme, qu’on peut appeler forme sèche ordinaire, et il en a publié plusieurs cas dans les Annales de dermatologie et de syphiligraphie (1900, p. 1205).

Sabouraud lui-même, dans son article sur les trichophyties, paru dans la Pratique dermatologique, annonce qu'il a rencontré plusieurs cas de teigne sèche de la barbe, dont la description clinique est identique à celle de la teigne signalée par Bodin, mais dont les parasites diffèrent. Nous devons regretter que Sabouraud n'ait pas donné plus de. détails sur ces cas très intéressants, et nous ne pouvons que reproduire cette partie de son article, n’ayant pas rencontré ce genre de trichophyties chez les malades que nous . avons examinés.

Apres la description clinique des deux formes de sycosis que nous venons de signaler, nous étudierons les parasites susceptibles de les produire l'une ou l’autre.

Trichophytie sèche de la barbe à forme d’ichtyose pilaire.

Sabouraud à étudié d'une fagon remarquable la trichophytie sèche de la barbe à forme d'ichthyose pilaire et a, le premier, démontré d’une manière irréfutable l’origine du parasite qui la cause. Nous ne pouvons mieux faire que de suivre son étude.

Étude clinique. — Au début de l'affection, les malades se plaignent d'un léger prurit, siégeant sur les joues, et constatent que, depuis quelque temps, ils s’écorchent avec une facilité remarquable lorsqu'ils se rasent.

À l'inspection, on remarque la présence de petits cônes très marqués, occupant la région prurigineuse. Ces petits cônes forment Qun granité de la peau excessivement prononcé » (fig. 2).

Le sommet de chacun d'eux est occupé, d’une facon générale, par un poil qui est cassé à 3 ou 4 millimètres de la peau. Il est quelquefois difficile de l’apercevoir, le rasoir l'ayant enlevé.

A la pince à épiler, le poil se tire facilement et l’on voit que sa racine est entourée d'une gaine blanchâtre, formant une sorte d’'étui. Cette gaine est due au Champignon qui, comme tous les parasites animaux, est ectothrir.

Quant au poil lui-même, il est augmenté de volume, il a perdu

lig. 2.

son brillant, est devenu grisätre dans sa partie extra-dermique, blanchâtre dans sa partie intra-dermique.

En général, il est facile de trouver ceux qui sont parasités, souvent ils sont réunis en petits placards, quelquefois seulement on les trouve isolés parmi les poils sains.

Telles sont les lésions que cause d'ordinaire le Trichophyton Megnini. Nous avons vu cependant que ce Champignon peut devenir pyogène et déterminer une teigne ressemblant au sycosis cir”

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ciné. Nous verrons plus loin que l’épiderme peut être atteint par le parasite et donner alors la forme sèche ordinaire signalée par Bodin.

L'évolution de la teigne de la barbe à forme d’ichthyose pilaire est très lente si aucun traitement ne vient l'interrompre. Il faut compter plus d’une année.

L'étiologie en est simple. Sabouraud a démontré que la maladie était causée par un Champignon d’origine aviaire. Il l'a rencontré sur la tête d’une Poule trichophytique, qui lui fut envoyée par Mégnin.

Le traitement de cette trichophytie se résume en applications de pommade soufrée à 5 °/. et badigeonnages de teinture d'iode. Il n'offre rien de particulier.

OBSERVATION [. — A..., homme de 35 ans, examiné le 20 juillet 1903. Présente sur la région latérale de la joue droite une lésion dont les dimensions égalent celles d'une pièce de cinq francs. Elle forme une plaque arrondie, présentant quelques squames grisatres absolument sèches el offrant une saillie de poils très prononcée.

Ici, le granité de la peau est bien net. — Type d’ichthyose pilaire classique. Au microscope, Champignon endo-ectothrix dans le poil. Cultures. — Trichophyton Megnini.

OBSERVATION. IL. — C..., 30 ans, cuisinier, s’occupant des poules, examiné le 29 octobre 1903.

Depuis dix jours environ présente une lésion sur la joue gauche. Cette lésion arrondie, à bords bien nets, est sèche, un peu rosée et squameuse. Elle est remarquable par la saillie des poils offrant l'aspect des petits cônes, signalés dans la forme d’ichthyose pilaire. Au centre de chaque cône se trouve un poil cassé. Examen microscopique : Trichophyton endo-ectothrir.

Cultures : Trichophyton Megnini.

Trichophytie sèche ordinaire de la barbe (1).

Etude clinique. — Dans la trichophytie sèche ordinaire de la

(1) Cette forme a été décrite par BobiN dans son travail des Annales de Derma tologie, mais il'fait remarquer, à ce sujet, que la description clinique de ce type spécial de trichophytie de la barbe a été donnée bien antérieurement par E. Besnier et A. Doyon dans leurs annotations de l'ouvrage de Kaposi et par L. Bnoco fans son ouvrage : Traitement des maladies de la peau, 1892, p. 0.

barbe, l’épiderme est atteint, autant sinon plus que le poil, de telle sorte que l’on se trouve en présence de lésions que les malades eux-mêmes appellent dartre farineuse. C'est une petite lésion arrondie ou ovalaire, squameuse et formée de deux zones bien distinctes.

La zone centrale ne semble pas atteinte, tout au plus y voit-on quelques squames grisâtres, peu abondantes, ne s’accompagnant d'aucune réaction de la peau, laquelle ne présente pas par conséquent de changement de coloration ou de consistance.

Autour de cette zone centrale, existe une petite bordure plus marquée, qui forme la zone périphérique. Également squameuse, mais en plus légèrement surélevée, cette bordure est d’une colo ration rose pâle. L'épiderme semble plus profondément atteint que dans la partie centrale, mais, ici encore, il n’y a ni induration, ni vésicules, en un mot aucun phénomène de réaction très vive. Parfois même, la bordure périphérique n'existe pas. On se trouve alors en présence d’un placard arrondi ou ovalaire, d’une coloration légèrement rosée, et sur lequel on n’aperçoit que quelques squames grisâtres où blanchâtres (fig. 3). Le tout s'accompagne d’un léger prurit.

Nous sommes donc bien ici en présence d’une lésion toute superficielle,sans aucune trace d’un processus inflammatoire quelconque : c'est une trichophytie exclusivement épidermique. Et nous ferons remarquer qu'un parasite d'origine animale, le Trichophyton Megnini, peut causer cette maladie, ce qui prouve que l’inoculation des Trichophyton animaux n'est pas toujours suivie d’une vive réaction inflammatoire.

Abandonnée à elle-même,la dartre s'agrandit; il s’en développe d’autres dans le voisinage, et bientôt toutes atteignent des dimensions assez considérables, environ celles d’une pièce de un franc. Le nombre de ces lésions secondaires peut aller jusqu'à 5 ou 6 et même davantage. Parfois elles prennent la forme de placards considérables. Nous les avons vues atteindre toute une joue, le menton et le cou d’un individu (Voir observation personnelle), et Sabouraud dit que ce sont ces trichophyties qui causent les lésions les plus abondantes : « on peut voir. dit il, la moitié des poils de la barbe contaminés. »

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Que deviennent les poils à la surface de ces lésions ? Leur aspect varie suivant le Champignon qui est en cause. Dans la trichophytie sèche, due au Trichophyton Megnini, le poil peut présenter les caractères qu'il a dans la teigne à forme d’ichthyose pilaire. D'autres fois, il ne s’accompagne pas, comme dans cette dernière maladie, de la présence des petits cônes caractéristiques : il est simplement cassé très près de l’orifice folliculaire. A part cette différence, à la

loupe, au microscope, l'aspect des poils est le même dans les deux maladies.

Si la trichophytie est due au frichophyton décrit par Bodin, nous rencontrons dans le poil les mêmes lésions que dans la tondante de l'enfant, et cela devait être, puisque nous sommes en présence de deux maladies causées par le même Champignon. Les poils sont donc cassés très court, à un millimètre de Fépiderme, quelquelois au niveau de l’orifice folliculaire, de telle sorte qu'ils

ne sont plus représentés que par un point noir, légèrement saillant. Réussit-on à en arracher un au moyen de la pince à épiler, tout de suite l’on constate que sa racine n’est pas engainée par un étui blanchâtre, que le parasite en cause n’est par conséquent pas ectothrir. Enfin, le poil est un peu augmenté de volume, augmentation surtout accusée à cause du peu de longueur de cet organe malade.

Au contraire, avons-nous affaire aux teignes causées par les Trichophyton Sabouraudi et violaceum, aspect du poil parasité n’est plus le même. «Les poils trichophytiques, dit Sabouraud, sont pliés et incurvés dans l’épiderme, sous la lame cornée qui les recouvre Comme une couche de collodion : chaque poil malade apparait ainsi Comme une racine contournée, comme la boucle d’un point d'interrogation ». Le poil, lorsqu'on peut l’épiler, apparait nu, ce qui prouve que nous n’avons pas affaire à un Champignon d'origine animale : telles sont les lésions pilaires occasionnées par les différents Trichophyton que nous avons signalés plus haut. Que deviendraient-elles abandonnées à elles-mêmes ?

Nous ne pouvons faire ici que des hypothèses. Cependant il paraît rationnel d'admettre que, dans la teigne sèche ordinaire, due au Trichophyton Meynini, les lésions évolueraient de la même façon que dans le sycosis à forme d'ichthyose pilaire, dû au même Champignon.

Une hypothèse plus intéressante à considérer est celle qu’émet Bodin en parlant de la teigne sèche, causée par le Trichophyton tonsurans, et nous pouvons l’étendre à celle que donnent les Trichophyton Megnini et violaceum.

Ces teignes, non traitées, continueraient-elles à évoluer ou finiraient-elles par disparaître d’elles-mêmes ? Nous savons en effet que, chez les enfants, les tondantes du cuir chevelu, causées par les mêmes Champignons, cessent lorsque le malade atteint l’âge de puberté. Il y a là un point intéressant à fixer. Malheureusement, ni Bodin ni Sabouraud ne nous renseignent à ce sujet, ayant soumis leurs malades à un traitement immédiat.

Le pronostic de ces sycosis à dermite superticielle est bénin, par rapport à celui des sycosis à dermite profonde. [ci, il n'y a pas à craindre pour l'avenir la formation de cicatrices indélébiles,

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définitivement alopéciques. Les lésions étant toutes superficielles, ne s’accompagnent pas d’une réaction très vive du folicule

Quant au diagnostic, il est simple. Lorsque les lésions n'ont subi aucun traitement, l'aspect si particulier de la dartre farineuse, la présence des poils cassés, suffiront pour l’aflirmer. Quant à savoir quel est le parasite en cause, il faut faire l'étude mycologique du Champignon incriminé.

Observation personnelle de trichophytie sèche de la barbe. due au Trichophyton Megnini.

P..., 35 ans, examiné le 12 septembre 1903. Pris, il y a six mois, d'une lésion de la barbe qui. depuis, a progressé et envahi presque toute une joue, le menton, le cou et une partie de l’autre joue. La lésion est à contours circinés, à surface rosée et simplement squameuse. Le centre est moins malade que la bordure. On n'y voit pas de poils cassés.

On ne trouve pas de contagion par un animal, le malade invoque le rasoir.

Culture des squames : Trichophyton Megnini.

Son fils, âgé de quatre ans, présente, depuis quinze jours, trois lésions du front et de la joue droite, grandes comme une pièce de un franc, absolument semblables à celle du père et type classique de la trichophytie accessoire des teigneux. Rien au cuir chevelu. Culture des squames : Trichophyton Megnini.

Observations de Bodin sur la trichophytie sèche de la barbe, due au Zrichophyton tonsurans.

OBSERVATION 1. — X..., avoué, 35 ans, observé le 14 octobre 1897, est porteur, depuis deux mois, de lésions de la barbe dont il ne peut expliquer l'origine. Dans les commémoratifs, on ne trouve aucun indice de contagion.

Au moment où on l'examine, on trouve, irrégulièrement disséminés dans la barbe, # à 5 petits placards, atteignant chacun la dimension d'une pièce de un franc environ. Ces placards sont arrondis ou ovalaires et ont une apparence généralement squameuse. Examinée avec soin, on voit que chaque plaque arrondie comporte deux parties : un centre simplement et légèrement squameux et une petite bordure, également squameuse, mais offrant une teinte rosée et paraissant très légèrement soulevée au-dessus de la peau.

Sur ces placards, on trouve des poils malades en assez grand nombre.

ÉTUDE SUR LES TRICHOPHYTIES DE LA BARBE ol

Ce sont des poils cassés, extrêmement courts, de telle sorte qu'ils semblent de simples points noirs, saillants au-dessus de la peau. On note que beaucoup de ces poils cassés siègent au niveau d'une petite élevure conique, analogue à celles que l'on observe dans l'ichthyose pilaire.

Toutes les lésions sont sèches, elles ne présentent en aucun point de vésicules ou de pustules et au palper on ne trouve aucune induration On prescrit des applications de teinture d'iode. Le malade n'a pas été revu.

Examen microscopique des poils cassés : Trichophyton endothrix.

Culture : Trichophyton tonsurans.

OBSERVATION Il. — H..., employé, 40 ans, observé le {1 février 1898.

Le malade s'est apercu de lésions dans la barbe depuis peu ; il incrimine le coiffeur, mais ne donne aucun renseignement précis à ce sujet.

Etat actuel. — La barbe présente de nombreuses lésions à contour arrondi ou ovalaire, d'apparence {très superticielle, n'offrant ni vésicules, ni pustules, ni croûtes ; on ne note pas autre chose que d'assez nombreuses petites squames grisàtres sur toute l'étendue de ces plaques A la palpation, il n'y a pas d'induration ni d'infiltration de la peau.

Les poils de la barbe sont altérés, en nombre assez grand sur les placards squameux. Ils sont cassés à une faible distance de l'orifice folliculaire, { millim. à { millim. 1/2 environ, et ressemblent aux poils cassés d'une tondante trichophytique de l'enfant. A la pince d’épileur, on enlève aisément ces poils qui se rompent en laissant la racine dans le follicule.

On prescrit des applications de teinture d'iode. Le malade n'a pas été revu.

Examen microscopique des poils cassés : Trichophyton endo'hrix.

Culture : Trichophyton à cultures cratériformes.

OBsERvATION III. — B..., 20 ans, cultivateur, observé le 1e mars 1900.

Le début des lésions remonte à 3 mois ; le malade note alors de petites plaques squameuses dans la barbe ; ces petites plaques se sont étendues, sans empiéter sur les parties glabres. Toutefois, il s'est produit un cercle rosé et squameux sur la poitrine, cercle qui a disparu après plusieurs applications d'une pommade donnée par un pharmacien. Dans les commémoratifs, on ne trouve rien qui puisse éclairer la question de l'origine de l'affection.

Actuellement, toute la barbe est atteinte et présente de nombreuses plaques, espacées de quelques millimètres, plaques arrondies, atteignant la dimension d'une pièce de un franc environ, et d'apparence absolument sèche. Sur ces plaques, qui ne sont ni indurées, ni surélevées au-dessus de la peau, on trouve seulement une légère rougeur et d'assez nombreuses petites squames blanchâtres.

Sur la plupart de ces placards on trouve, après examen attentif, des poils cassés, mais en petit nombre. Ce sont des poils cassés presque au

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sortir du follicule, de sorte qu'ils apparaissent comme de simples points noirs un peu saillants sur la peau.

On prescrit des applications de teinture d'iode, deux fois par semaine et, dans l'intervalle, l'usage d'une pommade soufrée. Le malade n'a pas été revu. ;

Examen microscopique des poils cassés : Trichophyton endothrur.

Cultures : Trichophyton à cultures cratériformes.

OBsERVATION IV. — D..., 22 ans, cultivateur, observé le 3 mars 1900.

Ce jeune homme ne donne aucun renseignement précis sur l'origine de la dermatose qu'il présente. On ne trouve dans les commémoratifs aucun indice de contagion humaine ou animale.

L'affection a débuté il y a 15 jours, par un petit cercle squameux et prurigineux, situé à droite, à l'angle de la mâchoire inférieure, puis, dans les jours suivants, des lésions analogues se sont développées dans les autres régions de la barbe, qui est envahie en totalité au moment de l'examen.

Les lésions sont confluentes et ne présentent plus de contours circinés que sur les limites des régions pilaires. Sur toute l'étendue de la barbe, on note une rougeur légère et de petites squames grisâtres, qui sont trop peu abondantes pour former un revêtement continu.

I n'y a ni vésicules, ni suintement, ni induration en aucun point. Les poils de barbe semblent aussi nombreux que normalement et ils paraissent pour la plupart sains ; mais, en examinant avec soin, on découvre, entre ces poils qui n'ont pas été coupés depuis 15 jours, des poils cassés, assez nombreux et qui sont si courts qu'ils ne forment que des points noirs à la surface de la peau ; le diamètre de ces poils cassés semble plus considérable que celui des poils sains.

On prescrit des applications de teinture d'iode tous les trois jours et, dans l'intervalle, une pommade soufrée à 5 °”. è

20 mars. — Le malade est amélioré, il n'y a plus de lésions squameuses, mais on trouve encore un certain nombre de poils cassés.

Examen microscopique des poils cassés : Trichophytlon endothrix.

Culture : Trichophyton à cultures cratériformes.

OBSERVATION V. — C.., couvreur, 33 ans. Observé le 2 octobre 1900.

Le début de la maladie remonte à 3 mois A ce moment. le malade constate sur ses joues deux ou trois petites lésions arrondies, un peu rouges et squameuses. Il ne peut fournir aucun renseignement sur l'origine de ces lésions et ne nous signale aucun contact suspect avec des personnes où des animaux atteints d'affections cutanées. Mais il indique très nettement que, trois semaines après le début des lésions, chez lui, sa femme et un de ses enfants furent atteints de petites dartres roses et squameuses des joues.

A ce moment, le malade fit usage de divers topiques irritants, pres-

crits par un pharmacien : sous l'influence de ces topiques, les lésions, qui s'étaient étendues, se sont enflammées, sont devenues suintantes et croûteuses, et, l'usage des topiques étant continué, cette inflammation a persisté en augmentant progressivement.

État actuel. — Sur toute l'étendue du menton et sur la plus grande partie des régions pilaires des joues, on constate des lésions croûteuses et suintantes, avec rougeur vive et surélévation de la peau. Toutefois on ne trouve pas de limitation bien nette des lésions, comme dans la folliculite agminée trichophytique de la barbe. Sur les bords de ces lésions et entre les croûtes, on peut voir, entre les poils de la barbe restés sains, un certain nombre d'autres poils, cassés à 1 ou 2 millimètres de l'orifice folliculaire, un peu plus gros que les poils sains, mais non engainés à leur base.

On prescrit des applications humides avec de l'eau boriquée.

10 octobre. — Les lésions inflammatoires ont cédé, il ne persiste plus que de la rougeur de la peau, mais sans suintement. On voit alors, entre les poils sains, un grand nombre de poils cassés, ayant les caractères indiqués ci-dessus. On prescrit une pommade au soufre. Le malade quitte l'hôpital.

Examen microscopique des poils cassés : Trichophyton endothrix.

Cultures : Trichophyton à cultures cratériformes.

Etupe MycoLoGique. — Le Trichophyton Megnini, se rencontrant dans les deux formes de trichophytie sèche de la barbe, nous l’étudierons tout d'abord ; nous passerons ensuite en revue le Trichophyton tonsurans, enfin nous ajouterons à notre description les quelques détails que Sabouraud a donnés sur les Trichophyton Sabouraudi et violaceum.

Trichophyton Megnini R. Blanchard, 1895.

Synonymie. — Trichophyton roseum Bodin, 1902. |

EXAMEN MICROSCOPIQUE. — Le Poil. — Lorsque le Trichophyton Megnini envahit le poil, il se traduit au microscope par la présence de filaments formés de grosses spores rondes, présentant un diamètre d'environ 9 v, et à double contour. Les filaments se désagrègent facilement, lorsque le poil est dissocié par la potasse. Dans la gaine, les filaments mycéliens ne sont pas complètement sporulés, principalement à leurs extrémités supérieures (filaments jeunes), aussi sont-ils beaucoup plus résistants. Là aussi, au lieu de se diriger suivant le grand axe du poil, comme Îles filaments

= | co

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parasitaires qui occupent ce dernier, les filaments de la gaine prennent une direction oblique, parfois même transversale à l’axe du poil. Tels sont les renseignements que nous donne le microscope, ils sont certainement insuffisants pour déterminer l’espèce à laquelle appartient le parasite. 11 faut s’adresser aux cultures.

Cuzrures. — Les cultures du Trichophyton Megnini ne sont pas très vivaces, elles poussent lentement.

Gélose au moût de bière. — Au début, on obtient une toufle de duvet blanc, émettant par sa périphérie, au bout d'un mois environ, des séries de plis rayonnés. Elle prend alors une teinte rose pâle, sur sa face supérieure, tandis qu’à la face dorsale, le centre de la culture est marqué par une tache noire permanente.

Gélose peptonisée-maltosée (formule du milieu d'épreuve). — On obtient un gâteau de duvet blanc avec des scissures en rayons. A mesure que la culture vieillit, elle prend une couleur rose fleur de Pêcher.

Pomme de terre. — On observe des colonies isolées, acuminées, violettes et peu développées.

Quant aux inoculations expérimentales, il n’en est fait mention dans aucun des auteurs qui se sont occupés de la question.

MyYcoLoGie. — La fructification conidienne se fait suivant le type Botrytis, et voici, d’après Sabouraud, les caractéristiques de cette espèce.

19 «La disposition des spores pédiculées une à une, sur de très grandes longueurs des tubes mycéliens adultes ;

2° Des couronnes de spores disposées régulièrement autour des cellules mycéliennes ou des septa mycéliens ;

3 Enfin les extrémités mycéliennes du pourtour de la colonie ont une forme tout à fait spéciale et se terminent par des arborescences ressemblant à une branche dépouillée de feuilles. Ce sont des mycéliums stériles ».

Trichophyton tonsurans Malmsten, 1845, sensu stricto

Synonymie. — Trichophyton crateriforme Bodin, 1902.

Ce Champignon est très fréquent ; il cause plus de la moitié des

tondantes trichophytiques de l'enfance, aussi n’y a-t-il rien d'étonnant à ce que Bodin l'ait trouvé dans plusieurs cas de sycosis de la barbe.

Dans le poil malade, ce parasite, qui est endothrix, est constitué par des séries de spores carrées, de 4 à 5 de diamètre, à double contour, et formant de longs filaments rubanés. Ces filaments sont résistants et sont faciles à voir, même au centre du poil. C’est d’ailleurs le principal caractère morphologique sur lequel on peut s'appuyer pour reconnaitre le Trichophyton tonsurans dans ses lésions. Mais le procédé le plus simple est encore de le cultiver,

CULTURES. — Gélose au: moût de bière. — La culture adulte se présente comme un soleil de poudre jaune, d’après l'expression de

Fig. 4.

Sabouraud. « Sa couleur est exactement celle que l’on connaît sous le nom de jaune de Naples ». Le centre est formé d’une élevure régulière, demi sphérique, autour de laquelle se trouve une aréole de poudre jaune, d’un centimètre environ. De la périphérie de cette aréole partent une série de rayons poudreux et de couleur

jaunatre.

Gélose peptonisée maltosée. — La culture du Champignon est

caractéristique ; c'est d’ailleurs de celte culture qu’il tire son nom : Trichophyton tonsurans.

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Le centre, en efïet, est formé par une cupule à bords élevés et à fond plat, véritable cratère, entouré d’une aréole poudreuse, d’où partent des rayons allant à la périphérie du milieu. La culture est d’un blanc crème, en veillissant elle prend une teinte rousse. Il suflira de jeter les veux sur la photographie de la culture d’un des champignons isolés par Bodin, d’une teigne sèche de la barbe, pour se convaincre que c’est bien le Trichophyton tonsurans qui est en cause (fig. 4).

Pomme de terre. — On se trouve en présence d’une multitude de petites étoiles poudreuses, confluentes le long de la strie d’ensemencement et de couleur jaune brun.

MycoLoGiE. — Chez le Trichophyton tonsurans, la fructification en grappe est abondante et bien nette. L'hyphe fertile est rectiligne ou légèrement flexueuse, peu ramitiée. Les conidies naissent indifféremment d’un côté et de l’autre de l’hyphe, sur une longueur parfois considérable. La plupart du temps elles sont arrondies ou ovalaires et plus sessiles que dans les espèces animales.

Trichophyton Sabouraudi R. Blanchard, 1895.

Synonymie. — Trichophyton acuminatum Bodin, 1902.

On observe aussi tardivement quelques grosses conidies fuselées, mais en nombre restreint.

Ce Champignon se rencontre un peu moins souvent que le précédent, mais il cause cependant une grande partie des tondantes trichophytiques de l’enfance. Sabouraud l'a rencontré dans les teignes de la barbe. Il ne donne aucun renseignement sur ces teignes, se bornant à dire qu'elles ressemblent exactement aux tondantes causées par le même Champignon chez l’enfant.

Le poil parasité doit alors être occupé par des spores arrondies, de 5 à 6 x de diamètre, situées à l’intérieur de l’organe, et formant des chapelets très fragiles, se dissociant avee une facilité remarquable, ce qui le distingue du Trichophyton tonsurans.

CULTURES. — Gélose au moût de bière. — Le centre de la culture est occupé par un monticule saillant, de couleur gris foncé. Ce monticule est divisé en plusieurs secteurs par des scissures qui sont en nombre variable, de cinq à dix généralement.

Autour du monticule, se trouve une aréole poudreuse, dont la périphérie est finement rayonnée.

Gélose peptonisée-maltasée. — Aspect semblable à la culture précédente. Ici, le Champignon se développe avec plus de rapidité, il prend une teinte blanc crème, avec des cercles gris ou ocreux.

Pomme de terre. — On se trouve en présence d’une traînée poudreuse, de couleur brune au centre et à teinte plus claire sur les bords.

MyYcoLoGiE. — Les caractères morphologiques du Trichophyton acuminatum sont identiques à ceux du Trichophyton cratériforme.

Trichophyton violaceum Bodin, 1902.

Ce Champignon a été trouvé par Sabouraud, dans quelques cas de trichophytie sèthe de la barbe. Il cause quelques cas de tondante trichophytique, assez rares en France, très fréquents en Italie, où il a été trouvé par Mibelli, Ducrey et Reale. Ce Champignon est imparfaitement connu. Etant endothrir, dans le poil, on peut le considérer comme étant un parasite d’origine humaine, d'autant plus que, jusqu'ici, on ne l’a jamais trouvé chez un animal.

Cuzrures. — Gélose glycérinée ou glycosée à 3 °/,. — « Le Trichophyton violaceum donne une culture en forme de disque, avec acumination centrale, d'aspect lisse et humide, de couleur brun pâle ou gomme gutte. Il se produit rapidement de petits sillons radiés, qui partagent la culture en secteurs. Au bout de trois semaines environ, la culture devient violet aubergine, soit en totalité, soit seulement au niveau de l'un des secteurs ou de l’acumination centrale (1). »

MorPHoLoGiE. — Le seul renseignement que donne Sabouraut sur ce parasite, c'est qu’il ne produit que très rarement des hyphes fertiles, du type Botrytis, dans les cultures en gouttes suspendues.

(1) E. Boux, Champignons parasites de l'Homme, 1902.

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