‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 18 sur 34 · III. — TROUBLES MOTEURS · texte numérisé non relu

III. — TROUBLES MOTEURS

Je les ai observés 36 fois sur 39 observations.

Rarement la paralysie complète de la vessie s'est montrée, au moins à l’état permanent, elle n’a jamais été que transitoire et s'est produite moins fréquemment qu’une simple parésie plus ou moins accentuée du muscle vésical (20 fois sur 39 cas).

Parfois cependant, une rétention absolue, survenue quelquefois brusquement, a nécessité le cathétérisme pendant un temps plus ou moins long.

En général, le malade remarque qu'il est obligé à un effort plus considérable qu'autrefois pour évacuer son urine, il doit « pousser plus fort». C'est le début de la miction qui est surtout difficile, et c’est d’ailleurs le moment qui, déjà à l’état physiologique. exige un petit effort. [1 faut souvent plusieurs minutes avant d'obtenir le commencement du jet, parfois même les malades sont obligés de renoncer momentanément à uriner quand ils n’y peuvent mettre le temps et l’effort nécessaires ; c'est c qui leur arrive souvent dans les urinoirs publics,

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lorsqu'ils se sentent gênés par la présence de quelqu'un qui attend son tour et s’impatiente.

M. le Professeur Fournier et M. Maurice Raynaud ont cité des cas de ce genre dans lesquels une mauvaise plaisanterie, ou un mot d’impatience, avait occasionné une véritable querelle dans un urinoir public,

Le premier jet une fois obtenu, il est quelquefois normal, souvent pourtant il est petit et sans vigueur ; d’autres fois il s’arrête pour reprendre, mais cela rentre dans les cas d’ataxie vésicale.

Beaucoup de malades ne peuvent uriner qu’en prenant une posfure spéciale qui favorise leurs efforts : les uns, et ils sont nombreux, n’urinent qu en allant à la selle (obs I, XXX); d’autres arrivent au même résultat en s’accroupissant (obs. II, XX VI); un d’entre eux, au :ontraire (obs, V), affirmait ne pouvoir nriner que couché ; le malade de l'observation XVI, se levait lorsqu'il était couché, ne pouvant uriner que debout ou à genoux sur son lit.

Certains malades ne vident pas leur vessie complètement, et ne parviennent à en expulser que le trop-plein; si on vient à presser fortement sur la région hypogastrique, on voit encore l’urine sortir en jet, même après qu'ils viennent C’uriner, c’est ce dont on peut s'assurer aussi par le cathétérisme, mais il convient d’être sobre de ces sories d’explorations, ces malades étant déjà très disposés par leur trouble urinaire à la production d’une cystite.

La parésie peut frapper aussi les sphincters, et alors on voit se produire de l’incontinence: soit que l'urine s'échappe presque goutte à goutte, soit que des mictions involontaires se produisent à intervalles très rapprochés (obs. VIII, XII, XIX..) ZE

Il peut arriver que l’incontinence se produise seulement pendant le sommeil (obs. 1, XIX, XXIV et

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c'est alors une variété de miction inconsciente qui peut se produire, soit ainsi que je l'ai indiqué dans la deuxième partie de cej travail (page 51), soit par suite de la parésie du sphincter lisse qui n’est plus aidé aussi efficacement par sou congénère strié en l’absence de toute incitation volontaire.

J'appellerai en passant, l'attention sur ce fait que le malade de l’observation I, qui a eu de l’incontinence nocturne pendant assez longtemps, avait eu de l’incontinence infantile jusqu’à l’âge de dix ans.

Les troubles de miction que je rattache à l’incoordination motrice se sont produits dix-huit fois sur les trente-neuf cas d’ataxie, dont je donne l’observation plus loin; ces phénomènes sont donc loin d’être rares.

Voici le type le plus commun, tel qu'on le trouvera relaté dans un grand nombre d’observations :

Le malade sent le besoin d'uriner, il se met en posture de le satisfaire, mais ses efforts restent sans résultat, pas une goutte d'urine ne s'écoule ; au bout d'un temps plus ou moins long passé en efforts infructueux, il finit par y renoncer, referme son vêtement; souvent il n'a pas fait deux pas qu’il sent l'urine s’écouler dans son pantalon (obs. III, XXV, XX VI), il s’ermpresse alors de se présenter de nouveau à l’urinoir, et parfois l'urine continue à s’écouler, mais il arrive souvent que Île jet d'urine s'arrête au moment où il cherche à faire effort pour repartir de nouveau quand il renonce une seconde fois. Il semble que ces efforts maladroits gênent et contrarient la miction au lieu de l'aider.

Quelquefois, la situation est presque la même, après une tentative sans résultat, le malade peut s'éloigner

"à une certaine distance; mais son besoin devient brusaueinent irrésistible, c'est à peine s’il a le temps de courir à l’urinoir dont il vient de sortir, et l’urine sort facilement et abondamment (obs. IV, XI, XXII).

Geffrier, 10

L’ataxie vésicale revêt encore d’autres formes, l’une d’elles a été bien décrite par M, le professeur Fournier : la miction a été longue à mettre en train, enfin l'urine ‘s'écoule, maïs elle s'arrête brusquement, puis reprend pour s'arrêter encore, et ne se termine qu'après plisieurs reprises qui occupent un temps souvent fort long; les malades urinent en plusieurs actes, comme disait un malade de M, Fournier. | F

Chez d'autres malades, on constate un trouble tout à fait différent sur lequel insiste beaucoup M. le professeur Fournier, et qu'il considère comme très fréquent au début de l’ataxie, lui accordant même une valeur caractéristique : Les malades remarquent de temps en temps qu'ils ont laissé échapper quelques gouttes d'urine dans leurs vêtements, soit sans qu'ils puissent invoquer aucune cause, soit à l’occasion d’un effort, d’un accès de toux, d'un mouvement brusque ; mais le plus souvent, d'après M. Fournier, ce petit filet d'urine s'échappe quand le besoin d'uriner a été quelque temps retenu, ou pendant le sommeil, ou encore le matin au réveil, quand la vessie est distendue ; le malade est impuissant à le retenir, et n'en est même averti qu’en se :sentant mouillé. | f |

Ce trouble urinaire s'est rencontré très nettement quatre fois sur quarante cas (obs. V, XX, XXXI et XX XIIL), et chez ces quatre malades, il fs’est produit dès le début, deux fois même avant tout espèce d'autre symptôme tabétique.

Dans plusieurs cas, la quantité d'urine expulsée, au heu de se borner à quelques gouttes, était beaucoup plus considérable, la vessie se vidant complètement par une contraction involontaire (obs. II, XV, XX VIF.)

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