‹ Étude sur les troubles de la miction dans les maladies du système nerveuxChapitre 19 sur 34 · IV. — TROUBLES SENSITIFS · texte numérisé non relu

IV. — TROUBLES SENSITIFS

ls ont une importance de premier ordre, en effet, quelle que soit leur nature, lorsqu'on les constate en l'absence de toute lésion organique de la vessie et de l’urèthre, il y a de grandes chances pour qu’on ait affaire

à un ataxique.

Les troubles sensitifs sont de deux ordres tout à fait différents : on observe tantôt l’anesthésie des muqueuses de la vessie ou de l’urèthre; tantôt des douleurs très vives constituant les crises vésicales de l’ataxie.

L'anesthésie de la muqueuse vésicale, que je ne traiterai ici qu’au point de vue clinique, ayant déjà suffisamment. étudié la question à un autre endroit (1), peut exister isolément, ou conjointement avec l’anesthésie de l’urèthre.

Dans le premier cas, qui doit ètre rare, car je n'en possède pas une seule observation, l’urine est sentie à son passage dans le canal urèthral, mais le besoin d’uriner n’est pas perçu, où ne l'est que confusément ; peut être pourrait-on ranger dans cette catégorie le malade de M. Fournier, cité par lui page 105 de son livre sur V’ataxie locomotrice, et où il n'est pas mentionné que l'écoulement de l’urine ne soit pas: senti par le malade: Un de mes clients, écrit M. Fournier, restait quelque fois une journée entière sans uriner, et sans s'apercevoir, distrait qu’il était par le souci d'intérêts. considérables, qu’il n'avait pas vidé sa vessie depuis le matin. « J'ai perdu, me disait-il, le besoin d’uriner ; je n’urine plus que par raison, à heures fixes, où je m'impose J'obligation de songer à moi, sans quoi je ne viderai jamais ma vessie, je crois. »

(4) Voir 2° partie. Troubles de la sensibilité. Anesthésie de la vessie, p. 59.

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Chez ce malade intelligent, et qui s’observait, au moins à ses heures, la sensation de besoin était absolument nulle ; il en était de même chez le malade de l’observation XVIII, mais il n’en est pas toujours ainsi.

Tous ceux que j’ai-observés avaient en même temps l’anesthésie de la vessie et de l’urèthre ; chez deux d’entre eux (obs. V et XIT), la sensation normale de besoin était remplacée par une sensation de plénitude, de tension abdominale, de tuméfaction hypogastrique, qui les avertissait que la vessie était distendue et qu'elle avait besoin d’une évacuation, Cette sensation se renouvelait généralement deux fois par vingt-quatre heures.

Chez un malade (obs. XIT), l’anesthésie vésicale ne semblait pas permanente, car il se plaignait seulement de ne pas toujours sentir de besoin.

Le-nommé Teiss.. (obs. XII), dont la vessie était anesthésiée, voyait souvent ses urines s’écouler involontairement, sans avoir eu la sensation de besoin; chez lui l'arc réflexe vésico-spinal était encore intact, tandis que l'arc vésico-cerébral était interrompu au niveau des conducteurs centripètes. (Voir page 116.)

Enfin, le malade de l’observation XVIII, qui avait de l’anesthésie vésicale et urèthrele, voyait se produire des mictions inconscientes toutes les fois que survenaient ses crises gastriques. |

L'anesthésie de l’urèthre accompagne ordinairement,

ainsi que je viens de le dire, l’anesthésie de la muqueuse vésicale; mais elle peut aussi se rencontrer isolément d'une façon relativement fréquente. Voici quelques chiffres tirés de l’ensemble de mes observations d’ataxiques :

Sur trente-trois hommes ayant présenté un trouble quelconque de miction ; j'ai vu : cinq fois l’anesthésie uréthrale jointe à l’anesthésie vésicale, onze fois l’anesthésie uréthrale seule.

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