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Ces seize malades avaient tous des troubles moteurs à un degré quelconque.
Sur huit femmes : une seule fois l'urèthre était nettement anesthésié, et dans ce cas la sensibilité vésivale était fort diminuée.
Ce qui revient à dire que l’anesthésie de l’urèthre, isolée ou non, s'est rencontrée dans la moitié des cas où le tabes dorsal avait donné lieu à des troubles de miction. (Je rappelle que ces troubles ont existé chez des ataxiques qu'il m’a été donné d’examiner, dans la proportion de neuf dixièmes.) On voit donc que l’anesthésie uréthrale à une réelle importance pour le diagnostic de l’ataxie, tout au moins chez l’homme.
Chez la femme, sa fréquence paraît beaucoup moindre (une sur huit), tandis que les troubles moteurs, et surtout ceux dûs à la parésie vésicale m'ont semblé, autant que j'ai pu en juger par le petit nombre d’observations qu'il m'a été possible de recueillir, à peu près aussi fréquents que chez l’homme, mais ils veulent être cherchés davantage.
L’anesthésie de l’urèthre a pour résultat d'empêcher de sentir le passage de l’urine dans le canal: il s’en suit plusieurs inconvénients : les malades ont, à peu près toujours en pareil cas, quelque trouble moteur de la vessie, ils sont longs à entamer la miction; or, comme ils n'ont pas la sensation du moment où commence cette miction, il leur arrive parfois de se retirer après plusieurs minutes d'efforts, convaincus qu'ils ont vidé leur vessie, alors qu’ils n’en ont pas évacué une seule goutte: la vue du jet d'urine peut les renseigner, mais ils se tromperont infailliblement s’ils sont dans l'obscurité. Il arrive à certains d’entre eux quelque chose de très remarquable : de même que certains ataxiques, gênés par J’'anesthésie plantaire et l'incoordination motrice des membres inférieurs, seraient dans l'impossibilité absolue
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de faire un seul pas dans, l'obscurité, de même il en est que l’anesthésie uréthrale, et l’incoordination de la vessie empêchent complètement d’uriner dans lobscurité, ou lorsqu'une cause quelconque les empêche de regarder leur méat. (Obs. XIII, XVII, XXIIL.)
Le plus grand nombre arrive tout de même à uriner sans y voir, mais ils usent d'un artifice pour savoir quand commence ou finit la miction : ils mettent leur doigt tout contre le méat, et la sensation tactie vient remplacer la sensation visuelle; d’autres se guid2nt sur le bruit que fait l’urine en tombant dans le vase.
Dans le court chapitre que j'ai consacré à l’anesthésie de l’urèthre considérée au point de vue général, j'ai dit un mot relativement à- l’anesthésie de la muqueuse prostatique, qui à l’état normaliest le siège de la sensation du besoin pressant d’uriner,.et le point de départ de l’acte moitié réflexe et moitié volontaire par lequel Focclusion du sphincter est assurée, Cette sensation spéciale, et l’acte qui en est la conséquence, disparaissent donc quand la muqueuse prostatique est devenue insensible. Je crois pouvoir attribuer à ce fait la production decesmicturitions involontaires (qu’on me pardonne ce néologisme), signalées par M. le professeur Fournier:
Je remarque, en effet, qu’elles se produisent constamment quand la. vessie est pleine : quand une envie, a’uriner n'a. pasété immédiatement satisfaite, ou au réveil quand. la. vessie, est fortement distendue; dit M: 'Fournier. Dans. ces. conditions, le sphineter membraz neux, non averti, par la muqueuse prostatique n’a pas pu se mettre en état d’occlusion parfaite, et laisse passer le petit filet d'urine qui; à l’état normal, serait refoulé dans la vessie. (Voir physiologiede la miction, page 5.)
Sije considère à présent les trois cas dans lesquels j’ai observé l'expulsion involontaire d'une petite quantité d'urine, je remarque que le malade de l'observation V
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avait de l’anesthésie de la vessie et de l’urèthre, par conséquent de la région prostatique également.
Le malade de l’observation XX ne sentait que très 1mparfaitement passer l'urine dans son canal, et de plus
avait des symptômes d’ataxié vésicale.
Quant à celui de l'observation XX XI, le symptôme se produisit chez lui avant l'apparition des douleurs fulgurantes.
Je diraïienfin pour terminer ce qui a rapport à l’anesthésie vésico-uréthrale, qu’elle est presque toujours accompagnée de l’anesthésie de lasurface cutanée : tantôt
c'estune anesthésie plus ou moins complète des membres inférieurs avec participation du tégument des organes génitaux, y compris la muqueuse du gland; plus souvent ce sont des plaques d’anesthésie disposées tantôt irrégulièrement, tantôt presque symétriquement ; paTfois, enfin, il n'y a qu'un affaiblissement général de la sensibilité des parties imférieures du corps, avec retard des perceptions sensitives.
CRISES VÉSICALES ET URÈTHRALES.
Quandon parle de troubles urinaires chez des ataxiques, c'est presque toujours les crises vésicales qu'on a en vue, les mettanten parallèles avec les autres crises viscérales : gastriques laryngées, etc. Elles sont pourtant ‘bien moins fréquentes que les troubles urinaires que j'ai passés en revue précédemment, puisque je ne les ai rencontrées que quatre fois sur quarante et une observations.
Les crises vésicales sont indiquées par M. Fournier comme pouvant éclater brusquement à la période præataxique du tabes ; le plus souvent cependant, elles surviennent au moment où la maladie :est pleinement
confirmée.
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Ces crises sont rarement permanentes, ainsi que le nom l'indique, elles surviennent à intervalles plus ou moins régulières sous forme d’accès qui durent ordinairement de un à plusieurs jours.
Lorsque la crise survient, le malade sent une douleur lancinante au-dessus du pubis, avec irradiation vers la verge, puis un ténèsme horrible qui oblige le patient à expulser à chaque minute les quelques gouttes d'urine contenues dans la vessie ; ces efforts de miction, presque involontaires, sont accompagnés de contraction spasmodique du col vésical extrêmement pénibles. Chaque, miction exagère la souffrance, et le passage de l'urine détermine souvent une sensation de brûlure . atroce.
Il se produit souvent en même temps du ténesme rectal. Parfois les crises sont moins violentes, et tout se borne à des besoins fréquents d’uriner avec douleur plus ou moins durable à la fin de la miction, sans que l’urine renferme une goutte de pus permettant d'admettre une cystite. |
On a cependant noté parfois de l’hématurie au moment des crises (obs. XX VII).
La crise vésicale peut s'accompagner d’uréthralgie, cette dernière peut même exister seule et constitue une véritable crise uréthrale. Chez le malade de l’observation XXVIII, la douleur commence à la racine de la verge, elle s’irradie vers le gland qui est le siège d’élancements douloureux que le malade compare à ceux d’un panaris, Au bout de quelque temps, la douleur se porte vers le rectum, puis il se produit un grand besoin d’uriner.
Chez ce malade, les crises durent de un à deux jours, et se reproduisent plusieurs fois par semaine, une crise de douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs suivant presque toujours chaque crise uréthrale,
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En outre de troubles de miction d'ordre moteur, il éprouve à chaque miction une sensation douloureuse de brûlure tout le long du canal; il est inutile d'ajouter qu’on ne lui trouve pas trace d'uréthrite.
Quand les symptômes classiques du tabes manquent encore ou lorsqu'ils passent inaperçus, ces crises vésicouréthrales ont pu donner le change, et faire croire à une lésion locale. M. le protesseur Fournier rapporte l’observation d’un malade vu par un de ses anciens internes, le D' Curtis (de Boston); ce dernier établit le véritable diagnostic, alors que deux de ses confrères croyaient à l'existence d’un calcul vésical.
Je me rappelle avoir vu en 1879, dans le service de M. le professeur Guyon, un malade qui avait été opéré de la taille périnéale par M. Verneuil, disait-il, non pas qu’on ait cru à l'existence d’un calcul, mais dans l’espoir de faire cesser un spasme douloureux du col qui ‘rendait l'existence insupportable à ce malade encore très jeune, tous les autres moyens ayant échoué.
Cette opération n’amena aucun soulagement, et le malade continua à avoir des besoins fréquents et impérieux d'uriner, avec miction douloureuse terminée par une contractionspasmodique extrêmement pénible du col dela vessie. Il était par moments cbligé d’uriner tous les quarts d'heure. J’aile regret de n avoir pas prisalors l’observation détaillée de ce malade et je n’ai pas tardé à leperdrede vue, mais jesuis actuellement certain qu'ils’agis sait danscecas détroubles vésicaux préataxiques du tabes.